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[Mouvements dans les lycées] « Écouter n’est pas tout accepter ; condamner la violence n’est pas refuser d’entendre », rappellent les parents de l’enseignement catholique

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Alors que l’Institut catholique de Paris est bloqué ce jeudi 8 octobre par plusieurs dizaines d’étudiants mobilisés, l’Apel condamne les violences et rappelle la responsabilité éducative des parents face aux mouvements de contestation

Les mobilisations lycéennes et étudiantes se poursuivent dans plusieurs villes françaises, entraînant des perturbations dans les établissements scolaires et universitaires. À Paris, le mouvement a également atteint l’Institut catholique de Paris, dans le VIe arrondissement, où plusieurs dizaines d’étudiants ont bloqué les accès dès le début de la matinée. Cette situation intervient moins de deux semaines après la visite de Léon XIV dans cette institution universitaire catholique, le 26 septembre dernier.

Dans ce contexte de tensions, l’Association des parents d’élèves de l’enseignement libre (Apel), qui représente les familles de l’enseignement catholique, a pris publiquement position. Mardi 6 octobre, Virginie Durin, présidente nationale, et Séverine Bonneville, vice-présidente nationale, ont signé un communiqué intitulé « Mobilisations lycéennes : écouter, protéger, maintenir le dialogue ». Leur message repose sur une distinction essentielle : « Écouter n’est pas tout accepter ; condamner la violence n’est pas refuser d’entendre. »

La liberté de manifester ne saurait effacer le droit d’étudier

L’Apel ne conteste pas aux jeunes le droit d’exprimer leurs préoccupations et leurs désaccords. Elle reconnaît au contraire la nécessité de les entendre et de maintenir un dialogue avec eux. Mais cette écoute ne saurait conduire à justifier des comportements qui compromettent la sécurité des personnes ou le fonctionnement des établissements. « Aucune revendication ne peut justifier les violences, les agressions ou les dégradations », rappellent les responsables de l’association.Cette mise au point prend une résonance particulière lorsque des blocages empêchent des élèves et des étudiants d’accéder librement à leurs cours. Car la liberté de manifester ne saurait se transformer en pouvoir de contrainte exercé sur ceux qui ne souhaitent pas participer à un mouvement. L’établissement scolaire demeure d’abord un lieu de transmission des connaissances, de formation du jugement et d’apprentissage de la responsabilité.

Les difficultés rencontrées par certains lycéens, notamment les absences de professeurs, les conditions matérielles d’enseignement ou les inquiétudes concernant leur avenir, peuvent légitimement nourrir des revendications. Elles ne sauraient pour autant autoriser une minorité mobilisée à imposer ses choix à l’ensemble d’une communauté éducative.

L’Institut catholique de Paris, symbole d’une contradiction

Le blocage de l’Institut catholique de Paris illustre cette tension entre liberté d’expression et liberté d’étudier. Fondé en 1875, l’établissement porte une tradition intellectuelle dans laquelle la recherche de la vérité, la liberté de conscience et la formation intégrale de la personne occupent une place centrale. Samedi 26 septembre, Léon XIV s’y était rendu dans le cadre de son voyage apostolique en France, rencontrant notamment la communauté universitaire et des catéchumènes. Douze jours plus tard, les accès à cette même institution se retrouvent entravés par une mobilisation étudiante.

Le contraste mérite d’être relevé. Une université catholique ne saurait être réduite à un simple espace de confrontation militante. Sa vocation est de permettre la confrontation des idées, l’approfondissement des connaissances et l’exercice d’une liberté intellectuelle véritable. Or cette liberté suppose précisément que chacun puisse étudier, enseigner et débattre sans subir la pression d’un groupe.

Des mobilisations qui interrogent la formation des consciences

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Au-delà des blocages, le mouvement actuel soulève une question plus profonde : celle de l’influence des organisations politiques et syndicales sur une jeunesse encore en formation. Plusieurs syndicats de l’Éducation nationale ont appelé à rejoindre la mobilisation du 8 octobre, tandis que des organisations étudiantes revendiquent explicitement le blocage des établissements comme moyen d’action. L’engagement des jeunes dans les affaires de la cité n’a rien de condamnable en soi. Il peut même constituer un apprentissage précieux de la responsabilité civique. Mais encore faut-il qu’il procède d’un jugement personnel et non de la répétition de mots d’ordre imposés par des groupes militants. La facilité avec laquelle certains mouvements transforment des inquiétudes scolaires légitimes en affrontement politique mérite d’être interrogée, particulièrement lorsque des adolescents sont invités à adopter des méthodes de confrontation dont ils ne mesurent pas toujours les conséquences.

Il serait excessif de considérer tous les lycéens mobilisés comme des jeunes manipulés. Il serait tout aussi imprudent de nier les risques d’instrumentalisation idéologique d’une génération à laquelle l’école devrait précisément apprendre à exercer son discernement. La formation d’une conscience libre exige davantage que l’adhésion à une cause présentée comme évidente ou la soumission à la pression collective

Précisons également que l’Apel insiste sur la nécessité pour les parents de comprendre les inquiétudes de leurs enfants, de les accompagner dans leur réflexion et de les sensibiliser aux dangers auxquels certaines situations peuvent les exposer. Elle encourage également le dialogue avec les équipes éducatives afin de prévenir les tensions et de rechercher des réponses adaptées. Cette responsabilité rejoint directement la conception chrétienne de l’éducation. Les parents demeurent les premiers éducateurs de leurs enfants, et l’école catholique a pour mission de les accompagner dans la formation de l’intelligence, de la volonté et de la conscience morale. L’autorité éducative ne consiste pas à étouffer toute contestation, mais à apprendre aux jeunes à distinguer une revendication légitime d’une méthode injuste, une conviction personnelle d’un conformisme collectif.

L’Apel invite enfin les adultes à ne pas limiter leur attention aux seules mobilisations du moment, mais à entendre les interrogations plus profondes des jeunes sur leur avenir et sur la société dans laquelle ils grandissent. Elle appelle à leur ouvrir des perspectives et à leur donner confiance dans leur capacité à construire leur vie.

intégralité du communiqué

Écouter n’est pas tout accepter ; condamner la violence n’est pas refuser d’entendre.

« Aucune revendication ne peut justifier les violences, les agressions ou les dégradations. La liberté d’expression et de mobilisation doit pouvoir s’exercer dans le respect de chacun et de la sécurité des élèves, des personnels et des établissements.

Dans ces moments de tension, le rôle des parents est essentiel : dialoguer avec les jeunes, comprendre ce qu’ils vivent, les accompagner dans leur réflexion et les sensibiliser aux risques auxquels certaines situations peuvent les exposer.

Lorsque cela est nécessaire, le dialogue avec les équipes éducatives doit également permettre de prévenir les tensions et de rechercher des réponses adaptées.

Pour accompagner la jeunesse, il faut entendre ce qu’elle nous dit aujourd’hui. Mais nous devons aussi prendre toute notre responsabilité d’adultes et de parents : ouvrir aux jeunes des perspectives, leur donner des raisons de regarder l’avenir avec confiance.

Virginie Durin, présidente nationale
Séverine Bonneville, vice présidente nationale »

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