Au Nigeria, même la célébration de la messe dominicale n’offre plus de refuge. Le dimanche 2 août, vers 8 h 30, alors que les fidèles étaient réunis pour l’Eucharistie dans l’église Saint-Joseph d’Inoyi, à Affa, dans le district d’Udi, dans l’État d’Enugu, au sud-est du pays, au moins sept hommes lourdement armés ont fait irruption dans l’édifice, semant la panique au cœur de la célébration.
Selon l’Agence Fides, les assaillants ont interrompu la messe avant de prendre en otage trois personnes : un séminariste, un catéchiste et un fidèle. Profitant de la confusion, ils se sont ensuite enfuis vers une forêt voisine. L’attaque s’est produite alors qu’une forte averse s’abattait sur la localité. Les fidèles, pris de panique, ont fui l’église à la recherche d’un refuge. Quelques paroissiens ont tenté de poursuivre les ravisseurs, mais ont dû renoncer face à leur armement et afin de ne pas mettre davantage en danger la vie des otages.
Une opération de recherche a été immédiatement lancée par les forces de sécurité. Selon la police, le catéchiste est parvenu à s’échapper et à regagner son domicile. En revanche, le séminariste, identifié comme Lawrence Chidera Igbo, ainsi qu’un fidèle prénommé Emmanuel, demeurent entre les mains de leurs ravisseurs. Cette nouvelle attaque confirme une réalité dramatique que l’Église dénonce depuis des années. Les enlèvements de prêtres, de séminaristes, de religieux, de catéchistes et de simples fidèles se succèdent, tandis que les églises sont régulièrement la cible d’hommes armés. Dans de nombreuses régions du pays, assister à la messe ou participer à une activité paroissiale est devenu un acte qui peut coûter la liberté, voire la vie.
Lire aussi : https://tribunechretienne.com/apres-la-crise-migratoire-ceuta-se-tourne-vers-sa-sainte-patronne-notre-dame-dafrique/
Les dernières semaines en apportent une nouvelle illustration. Le 29 juillet, les évêques du Nigeria interpellaient le président Bola Ahmed Tinubu, lui demandant de restaurer la sécurité et de rassurer les communautés chrétiennes, tout en garantissant des élections transparentes en 2027. Le 20 juillet, Caritas Nigeria réclamait déjà la proclamation de l’état d’urgence dans le nord-ouest afin de répondre à la catastrophe humanitaire provoquée par les violences.
Le mois de juillet a également été marqué par la mort du catéchiste Victor Paul, enlevé en février et décédé en captivité des suites de privations et de mauvais traitements, selon l’archidiocèse de Kaduna. Le même jour où était annoncée l’attaque contre l’église Saint-Joseph d’Inoyi, l’Agence Fides rapportait également le meurtre d’un prêtre tombé dans une embuscade sur une route nigériane.
Si l’État d’Enugu est traditionnellement considéré comme plus calme que certaines régions du nord du Nigeria, cette attaque démontre que l’insécurité s’étend désormais bien au-delà des foyers habituels de violence. Les enlèvements contre rançon et les attaques visant les communautés chrétiennes gagnent progressivement de nouvelles régions du pays.
L’Église locale appelle aujourd’hui à prier pour la libération rapide de Lawrence Chidera Igbo et d’Emmanuel, tout en demandant une nouvelle fois aux autorités nigérianes de garantir enfin la sécurité des lieux de culte. Car, au Nigeria, la persécution des chrétiens n’appartient malheureusement pas au passé : elle continue, dimanche après dimanche, jusque dans les églises où les fidèles viennent simplement célébrer la messe.


