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Notre-Dame de Paris : envers et contre tout , les vitraux de la discorde seront installés dès l’automne

capture écran d'un des nouveaux vitraux  de Claire Tabouret
capture écran d'un des nouveaux vitraux de Claire Tabouret
Malgré une contestation qui ne faiblit pas depuis plus de deux ans, le chantier des nouveaux vitraux contemporains de Notre-Dame de Paris entre dans sa dernière ligne droite. L’établissement public Rebâtir Notre-Dame de Paris a confirmé que les œuvres de Claire Tabouret seront installées entre octobre et novembre 2026, avant un dévoilement officiel en décembre. Une annonce qui relance un débat patrimonial, artistique et spirituel loin d’être refermé

Le calendrier est désormais fixé. Lors d’une visite de l’atelier Simon-Marq à Reims, où sont actuellement réalisés les six nouveaux vitraux destinés à la cathédrale Notre-Dame de Paris, Philippe Jost, président de l’établissement public Rebâtir Notre-Dame de Paris, a annoncé que les verrières seraient achevées en septembre, puis installées « en octobre-novembre pour que tout soit prêt pour un dévoilement en décembre ». Le responsable du chantier s’est voulu rassurant sur l’avancement des travaux, affirmant que leur fabrication ne souffrait d’« aucun retard ». Selon Anne-Catherine Perreau, responsable de l’atelier Simon-Marq, le chantier est aujourd’hui réalisé à environ 70 %. Trois des six baies sont déjà terminées, une quatrième doit être achevée dans les prochains jours, tandis que les deux dernières sont « bien entamées ».

Ces nouvelles verrières, conçues par l’artiste Claire Tabouret, illustrent chacune un passage biblique consacré à la Pentecôte et à la descente de l’Esprit Saint, thème retenu par l’archevêché de Paris. Elles remplaceront six des sept vitraux du bas-côté sud de la nef réalisés en 1864 par Eugène Viollet-le-Duc, pourtant épargnés par l’incendie du 15 avril 2019.

C’est précisément ce remplacement d’œuvres historiques intactes qui continue d’alimenter la polémique. Depuis l’annonce du projet voulu par le président Emmanuel Macron et soutenu par Monseigneur Laurent Ulrich, archevêque de Paris, historiens de l’art, architectes, associations patrimoniales et de nombreux donateurs dénoncent une intervention qu’ils jugent contraire aux principes de la restauration des monuments historiques. Plusieurs recours contentieux ont d’ailleurs été engagés, même si la justice administrative a refusé jusqu’à présent de suspendre le projet.

Face aux critiques, Philippe Jost assume pleinement cette orientation. Selon lui, le projet « s’inscrit vraiment dans l’histoire de la cathédrale », rappelant que Notre-Dame, « tout au long des siècles et depuis plus de 860 ans, a toujours connu des apports des différentes époques ».

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La ministre de la Culture, Catherine Pégard, également présente à Reims, s’est montrée tout aussi déterminée. Elle a qualifié cette installation de « très grand moment » pour la cathédrale rouverte au culte en décembre 2024 et s’est dite convaincue que « quand on verra ces six verrières là où elles doivent être, je pense que ça emportera tous les avis négatifs ». Une fois déposés, les six vitraux de Viollet-le-Duc ne disparaîtront pas. L’établissement public précise qu’ils seront restaurés puis présentés au public : quatre rejoindront le château de Pierrefonds, dans l’Oise, tandis que deux autres seront exposés à la Cité de l’architecture et du patrimoine à Paris.

L’annonce de ce calendrier marque donc une nouvelle étape dans un dossier devenu emblématique des tensions entre création contemporaine et conservation du patrimoine. Car si les responsables du chantier assurent agir « au service de la cathédrale », les opposants continuent de rappeler qu’il ne s’agit pas ici de restaurer des vitraux détruits, mais bien de remplacer des œuvres du XIXe siècle demeurées intactes, ce qui explique qu’à quelques mois de leur installation, les futurs vitraux de Notre-Dame demeurent, plus que jamais, les vitraux de la discorde.

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