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[Pillages du 17 octobre] VIDEO « Ils haïssent le christianisme » : Donald Trump dénonce une attaque contre la civilisation occidentale

Donald Trump lors de son discours au Kansas le 19 octobre 2026 - capture écran
Donald Trump lors de son discours au Kansas le 19 octobre 2026 - capture écran
Après les saccages du week-end dernier, Donald Trump a dénoncé ceux qu'il accuse de "haïr le christianisme" et la civilisation occidentale. Une déclaration qui donne à la crise française une dimension religieuse et civilisationnelle

Le chaos constaté dans plusieurs villes françaises trouve désormais un écho jusqu’à la Maison-Blanche. Lundi 19 octobre, lors d’un meeting électoral dans le Kansas, Donald Trump a consacré une partie de son intervention à la situation française, décrivant un pays « pris d’assaut, pillé et incendié par des migrants, des djihadistes et des communistes ». Mais c’est surtout sa référence explicite au christianisme qui mérite l’attention. Le président américain a accusé les personnes qu’il désigne comme responsables de ces violences de « haïr le christianisme », ajoutant qu’elles détesteraient également « la civilisation occidentale elle-même ». Une formulation qui dépasse la seule question de l’ordre public pour inscrire les événements français dans une confrontation culturelle et religieuse plus large.

Cette lecture des événements est celle du président américain. Elle ne constitue pas, à elle seule, une démonstration des motivations des auteurs des violences, dont la plupart sont des voyous à la recherche d’un profit immédiat, pillant commerces et boutiques pour revendre leur butin sur Vinted ou toute autre plateforme de vente en ligne.

Le commentaire du président américain révèle néanmoins la place qu’occupe désormais la question de la religion dans le discours politique d’une partie de la droite américaine, particulièrement lorsqu’il est question de l’avenir de l’Europe. La portée de ces propos apparaît plus nettement encore à la lecture du message publié le même jour sur le réseau Truth Social. Donald Trump y évoque non seulement les destructions, mais aussi les « clochers en flammes », l’architecture, la culture et le patrimoine français. Il affirme que les Américains défendront « notre culture », « notre civilisation », « notre religion », « nos valeurs » et « notre héritage ».

Il y a quelque chose de profondément humiliant à voir la France, fille aînée de l’Église, désignée par le président des États-Unis comme l’exemple de ce qu’une nation doit éviter de devenir. Le pays de saint Louis, de sainte Jeanne d’Arc et des grandes cathédrales gothiques, qui a porté l’Évangile aux quatre coins du monde, se retrouve désormais associé, dans le discours politique américain, aux pillages, aux incendies et à l’impuissance de l’autorité publique. Ce renversement devrait provoquer autre chose que des protestations diplomatiques : un véritable examen de conscience national.

Car le problème ne se limite pas aux violences du 17 octobre. Ces scènes révèlent une crise plus profonde de l’autorité, du respect de la propriété, de la responsabilité individuelle et du sens du bien commun.

Lorsque des individus profitent du désordre pour dévaliser des commerces, détruire le travail d’autrui et terroriser des habitants, il ne s’agit pas d’une forme de contestation sociale. Il s’agit d’actes de délinquance qui appellent une réponse judiciaire ferme. Aucune difficulté économique, aucune revendication politique, aucune frustration personnelle ne confère le droit de piller ou de saccager.

Les appels au dialogue des évêques de France sont empreints de sagesse et témoignent d’une volonté profondément chrétienne de réconciliation. Mais une question demeure, aussi dérangeante soit-elle : peut-on dialoguer avec des sourds qui n’entendent et ne comprennent que le rapport de force, la violence, la rupture et la haine ?

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Le dialogue suppose au moins la volonté d’écouter, de reconnaître l’autre et de renoncer à la brutalité. Face à ceux qui rejettent ces conditions élémentaires, la recherche de la paix ne saurait se substituer à l’exercice de la justice. La miséricorde chrétienne n’exige ni l’impunité des coupables ni l’abandon des victimes.

Il faut également refuser une confusion devenue trop commode : comprendre les causes sociales de la violence ne signifie pas excuser ceux qui la commettent. La pauvreté n’autorise pas le vol, pas plus que l’exclusion ne justifie l’incendie d’un commerce. Réduire systématiquement les coupables à des victimes de la société revient à nier leur responsabilité personnelle et à mépriser ceux qui, confrontés aux mêmes difficultés, continuent de vivre honnêtement.

La crise française possède aussi une dimension spirituelle. Pendant des décennies, les valeurs chrétiennes ont progressivement reculé dans la vie publique et dans la transmission culturelle : sur quels principes communs une société entend-elle désormais fonder l’autorité, le devoir, le sacrifice et le respect d’autrui ? La France ne peut prétendre défendre indéfiniment une civilisation dont elle hésiterait à reconnaître les racines. Le christianisme n’est pas un simple élément décoratif de son histoire. Il a contribué à façonner sa conception de la personne humaine, ses œuvres de charité, son enseignement, ses institutions hospitalières et une part essentielle de sa culture. Le réduire à un patrimoine touristique, tout en évacuant sa dimension morale et spirituelle, revient à conserver les pierres en oubliant ce qui leur a donné un sens.

C’est ici que résonne avec une force particulière l’interpellation de saint Jean-Paul II, au Bourget, le 1er juin 1980 : « France, fille aînée de l’Église, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? »

Cette question n’a rien perdu de sa pertinence. Elle ne demande pas à la France de transformer la foi en programme partisan, mais de regarder lucidement ce qu’elle a reçu et ce qu’elle transmet. Une civilisation ne se maintient pas par la seule invocation de sa grandeur passée. Elle exige des convictions, des devoirs, une éducation et la volonté de faire respecter les règles indispensables à la vie commune.

Rappelons que Donald Trump utilise les événements français dans un contexte électoral américain. Ses accusations de « haine du christianisme » ne sauraient être appliquées indistinctement à tous les auteurs des violences, dont les motivations sont pour la plupart simplement crapuleuses. Mais cette utilisation politique ne doit pas servir de prétexte pour éluder le problème français. Le véritable scandale n’est pas qu’un président américain présente la France comme un contre-modèle. Il est que les scènes de pillage et de destruction lui fournissent la matière d’un tel discours.

La fille aînée de l’Église n’a pas seulement un patrimoine à préserver : elle a une responsabilité historique et spirituelle à retrouver. Et cette responsabilité commence par une exigence élémentaire : ne jamais confondre la charité avec la faiblesse, la miséricorde avec l’impunité, ni la paix civile avec la résignation devant la violence.

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