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« Rien n’a changé !  » Pourquoi les évêques de France tardent-ils à répondre à l’appel des fidèles « tradis » ?

Eglise Saint Sulpice lors de la Messe d'envoi du 43eme pèlerinage de Chartres @tribunechretienne
Eglise Saint Sulpice lors de la Messe d'envoi du 43eme pèlerinage de Chartres @tribunechretienne
Les évêques de France ne pourront durablement éviter cette question. Dans une Église qui affirme vouloir écouter les périphéries et accueillir toutes les sensibilités, pourquoi les fidèles attachés au rite ancien doivent-ils encore multiplier pétitions, lettres et appels pour obtenir une place qui devrait naturellement être la leur ?

Cinq ans après la publication de Traditionis Custodes, la blessure liturgique est loin d’être refermée. Le 18 juillet dernier, l’Union Lex Orandi a lancé un appel solennel aux évêques de France afin qu’ils apportent enfin des « solutions concrètes » aux fidèles attachés à la liturgie traditionnelle. La date choisie n’est évidemment pas anodine. Sans établir de comparaison historique, cet « appel du 18 juillet » porte en lui un discret parfum de résistance. Une résistance non pas dirigée contre l’Église, mais menée en son sein par des catholiques qui demandent à pouvoir continuer à prier, à recevoir les sacrements et à transmettre la foi selon une forme liturgique qui a nourri des générations de fidèles.

Le texte paraît cinq ans jour pour jour après le motu proprio Traditionis Custodes, publié le 16 juillet 2021 et entré en vigueur immédiatement. Ce document avait considérablement restreint la célébration de la messe selon le Missel romain de 1962, mettant fin à la liberté plus large accordée par Benoît XVI avec Summorum Pontificum. Depuis lors, de nombreuses communautés ont perdu leur lieu de culte, vu leurs horaires réduits ou se sont retrouvées privées de certains sacrements selon le rite ancien. Pour l’Union Lex Orandi, cette situation a nourri un profond sentiment d’injustice et d’abandon chez des fidèles pourtant désireux de demeurer pleinement dans la communion de l’Église.

L’appel intervient également dans un contexte particulièrement tendu, après les consécrations épiscopales réalisées à Écône par la Fraternité Saint-Pie X et les sanctions canoniques qui ont suivi. Pour les auteurs du texte, cette nouvelle crise devrait précisément conduire les évêques à ne pas laisser les fidèles attachés au Vetus Ordo dans une situation d’incertitude ou de marginalisation.

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L’Union Lex Orandi rappelle surtout les orientations transmises aux évêques français au nom de Léon XIV. Dans une lettre datée du 18 mars 2026, le cardinal Pietro Parolin les invitait à proposer des « solutions concrètes » afin d’accueillir généreusement les fidèles attachés à l’ancienne liturgie et de prévenir de nouvelles divisions.

Quatre mois plus tard, les signataires estiment que les réponses tardent à venir. Ils formulent donc cinq demandes précises : garantir un accès régulier aux sacrements selon le rite tridentin, permettre la célébration des mariages et des obsèques dans cette forme liturgique, proposer un catéchisme adapté, maintenir dans les diocèses des prêtres capables de célébrer selon le Missel de 1962 et soutenir les écoles indépendantes fréquentées par de nombreuses familles concernées.Ces demandes ne portent pas seulement sur la messe dominicale. Elles concernent toute une vie chrétienne : le baptême des enfants, leur formation religieuse, les mariages, l’accompagnement des mourants et les funérailles. Autrement dit, la possibilité de vivre et de transmettre la foi dans une continuité liturgique et spirituelle.

Les évêques de France ne pourront durablement éviter cette question. Dans une Église qui affirme vouloir écouter les périphéries et accueillir toutes les sensibilités, pourquoi les fidèles attachés au rite ancien doivent-ils encore multiplier pétitions, lettres et appels pour obtenir une place qui devrait naturellement être la leur ?

Le paradoxe devient difficile à ignorer : en 2026, des catholiques en pleine communion avec Rome se voient contraints de lancer un appel national pour demander simplement que leur attachement liturgique soit respecté. Léon XIV a demandé des solutions concrètes. Il appartient désormais aux évêques de France de montrer qu’ils ont entendu cet appel et qu’ils sont prêts, non plus seulement à écouter, mais à agir.

Appel du 18 juillet 2026 aux évêques de France

Appel du 18 juillet 2026 aux évêques de France

« Le 18 juillet 2021, le pape François publiait le motu proprio Traditionis Custodes. Cinq ans plus tard, de nombreuses voix se font entendre pour demander la révision ou la suppression de ce texte, ou plaident pour le rétablissement du motu proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI. L’urgence d’une telle mesure ne fait plus de doute, à l’heure où la Fraternité Saint Pie X se voit frappée de sanctions par l’Eglise pour avoir procédé à la consécration de quatre évêques sans mandat pontifical. En France, pourtant, les évêques abordent cette question avec une grande prudence. L’Union Lex Orandi leur demande aujourd’hui d’abroger Traditionis Custodes dans ses effets par des actes concrets.

Réagissant aux sanctions du Saint Siège suite aux sacres d’Écône par un communiqué du 3 juillet 2026, le président de la Conférence des Evêques de France et ses deux vice-présidents disent vouloir manifester leur sollicitude paternelle à ceux des fidèles de la Fraternité Saint Pie X « qui cultivent aussi, avec une ferveur et un zèle apostolique réels, un sincère amour de l’Église et un profond désir de participer à sa mission, en communion avec le Pape et dans la fidélité à la grande Tradition de l’Église et du Magistère ». Pour ces fidèles, la Conférence des Evêques de France espère que « les mesures annoncées par le Saint-Siège les aideront à comprendre la gravité des décisions prises par les responsables de la Fraternité Saint-Pie-X » et les encourage à « revenir dans la pleine communion avec le Pape, avec les évêques et avec toute l’Église ». Enfin, la CEF invite les catholiques de France à prier à cette intention et « à déployer la charité nécessaire pour accueillir ceux qui feront le choix courageux de l’unité et de la fidélité au Saint-Père ».

Alors que la CEF n’a mis qu’une journée pour prendre acte des décisions romaines faisant suite aux consécrations épiscopales de la Fraternité Saint Pie X, elle n’a toujours pas réagi officiellement à un autre document romain qui, celui-là, lui était directement adressé. Le 18 mars 2026, le Saint Père, par la voix du Cardinal Parolin, interpelait les évêques de France réunis en assemblée plénière en ces termes : « Vous avez enfin, chers frères, l’intention de traiter du délicat thème de la Liturgie, auquel le Saint-Père est particulièrement attentif, dans le contexte de la croissance des communautés liées au Vetus Ordo. Il est préoccupant que continue de s’ouvrir dans l’Église une douloureuse blessure concernant la célébration de la Messe, le sacrement même de l’unité. Pour la guérir, un regard nouveau de chacun porté sur l’autre, dans une plus grande compréhension de sa sensibilité, est certainement nécessaire ; un regard pouvant permettre à des frères riches de leur diversité de s’accueillir mutuellement, dans la charité et l’unité de la foi. Veuille l’Esprit Saint vous suggérer des solutions concrètes permettant d’inclure généreusement les personnes sincèrement attachées au Vetus Ordo, dans le respect des orientations voulues par le Concile Vatican II en matière de Liturgie. »

Le pape indiquait dès le 18 mars aux évêques les solutions pour guérir une « douloureuse blessure » dont la gravité se mesure depuis le 1er juillet : un « regard nouveau », une « plus grande compréhension » devant permettre, selon Léon XIV, de « s’accueillir mutuellement » dans la richesse de nos diversités, dans la charité et l’unité de la foi. Et le pape appelait à « des solutions concrètes » pour « inclure généreusement les personnes sincèrement attachées au Vetus Ordo ».

Force est de constater que rien n’a été engagé par la CEF pour répondre aux vœux du pape formulés dans cette lettre. Alors, puisque les catholiques de France sont invités par la CEF « à déployer la charité nécessaire pour accueillir ceux qui feront le choix courageux de l’unité et de la fidélité au Saint-Père », l’Union Lex Orandi lance une initiative qui veut répondre à cet objectif.

En ce cinquième anniversaire du motu proprio Traditionis Custodes, tous les catholiques de France conscients de l’injustice faite aux fidèles sincèrement attachés au Vetus Ordo sont invités à écrire à leur évêque pour lui demander d’adopter les solutions concrètes suivantes afin de les inclure généreusement, dans le respect de leur diversité :

  • garantir l’accès des fidèles attachés au Vetus Ordo à tous les sacrements de l’initiation chrétienne (baptême, confirmation, eucharistie) selon le rite tridentin par lequel ils veulent pouvoir se sanctifier ;
  • offrir aux familles attachées au Vetus Ordo le bénéfice de la célébration du mariage et des obsèques selon le rite traditionnel dans tous les diocèses ;
  • garantir aux fidèles de pouvoir disposer d’un enseignement du catéchisme catholique dans une forme respectueuse de leur attachement au Vetus Ordo ;
  • assurer aux fidèles de bénéficier de l’apostolat de prêtres dont le droit propre à célébrer selon le Vetus Ordo ne sera pas remis en cause, contrairement à des cas récents dans plusieurs diocèses qui ont causé ces profondes blessures que déplore le pape ;
  • offrir un accueil bienveillant des autorités diocésaines aux initiatives de fidèles laïcs attachés au Vetus Ordo pour créer des écoles indépendantes, en leur octroyant sans discrimination l’accès à l’instruction religieuse inscrite dans leurs programmes, et à la vie sacramentelle à l’école selon le rite tridentin pour les élèves et le corps enseignant.

Ces solutions concrètes constituent une base solide pour manifester la volonté des évêques de répondre à l’appel du Saint Père. Elles sont parfois en œuvre dans certains très rares diocèses. La crédibilité de la CEF, quand elle affirme dans son communiqué du 3 juillet 2026 : « à ces fidèles qui souffrent aujourd’hui de cette situation, nous voulons manifester notre sollicitude paternelle », exige que les actes se joignent aux paroles.

Chacun est donc invité à écrire à son évêque en reprenant les cinq demandes ci-dessus, afin que les « catholiques de France » ne soient pas les seuls à « déployer la charité nécessaire pour accueillir ceux qui feront le choix courageux de l’unité et de la fidélité au Saint-Père ».

L’Union Lex Orandi vous remercie de lui adresser une copie de votre courrier à l’adresse contact@lex-orandi.org. »

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