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Pourquoi les universités anglaises cherchent-elles à effacer l’héritage chrétien de l’Angleterre ?

Université de Nottingham - photo wikipedia
Université de Nottingham - photo wikipedia
Les célèbres Contes de Canterbury sont désignés comme une "œuvre troublante", uniquement à cause des valeurs et des "symboles chrétiens".

C’est dans la continuité de la tendance woke qui s’infiltre et s’installe en Europe, que l’Angleterre témoigne à travers ses universités de sa volonté d’effacer tout héritage chrétien de son histoire.

Ainsi l’Université de Nottingham a eu l’audace de mettre en garde ses étudiants contre les œuvres d’écrivains médiévaux tels que Geoffrey Chaucer*, John Gower et Thomas Hoccleve, en les évitant des dangers de la violence, de la maladie mentale et des « expressions de foi chrétienne » que l’on trouve dans leurs textes.

Le Daily Mail du dimanche 13 octobre a rapporté les détails de cet avertissement envoyé aux étudiants suivant le module d’études médiévales intitulé « Chaucer et ses contemporains ». Ainsi les célèbres Contes de Canterbury de Chaucer sont désignés comme une « œuvre troublante« , uniquement à cause des valeurs et des « symboles chrétiens » qu’ils véhiculent. Écrits entre 1387 et 1400, ces contes relatent les péripéties de personnages en pèlerinage de Londres à la tombe de Saint Thomas Becket dans la cathédrale de Cantorbéry.

Dans l’œuvre de Chaucer, les thèmes sont variés et parfois sombres : la quête de la mort dans Le Conte du Pardonneur aboutit à un meurtre, tandis que Le Conte du Moine évoque le cannibalisme, l’empoisonnement, les pendaisons et même des enfants mourant de faim. La femme de Bath, quant à elle, raconte une histoire tragique de viol dans le cadre de la cour du Roi Arthur. Étonnamment, les étudiants sont mis en garde uniquement contre les « expressions du christianisme », alors que des sujets tels que le viol, l’abus sur mineurs, et la violence sont soigneusement évités dans ces avertissements.

En désignant le christianisme comme le principal problème, l’Université de Nottingham transmet un message alarmant aux étudiants : « les œuvres de Chaucer appartiennent à un passé « non éclairé », le produit d’une époque où les valeurs de diversité, d’équité et d’inclusion n’existaient pas, et qui s’inscrivent dans une culture religieuse jugée dangereuse et à renier ».

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L’horreur des universitaires « woke » réside dans le fait que ces contes mettent en avant des femmes fortes, toutes blanches, et sont profondément ancrées dans une culture chrétienne, sans représentation de musulmans, de personnes noires ou de personnes transgenres.

Cette décision honteuse a provoqué des réactions parmi les dirigeants chrétiens anglais. Andrea Williams, directrice générale de « Christian Concern », a souligné que « la Bible est fondamentale pour comprendre l’histoire de la littérature anglaise ». Elle a averti que sans une compréhension de la foi chrétienne, les étudiants ne pourraient pas accéder aux œuvres de Chaucer ni appréhender l’héritage culturel de l’Angleterre médiévale.

Par ailleurs, des voix dissidentes au sein du monde académique, comme celle du Dr Adrian Hilton, chercheur à l’Université de Buckingham, ont déclaré qu’il est « difficile d’éliminer les thèmes chrétiens de la littérature ; les notions de miséricorde, de péché et de pardon sont omniprésentes dans notre héritage littéraire.« 

Bien que l’Université de Nottingham se défende en affirmant qu’elle ne cherche pas à interdire l’accès aux textes, mais qu’elle soutient la diversité de son corps étudiant, son avertissement soulève de sérieuses inquiétudes. Les étudiants sont ainsi prévenus qu’ils pourraient trouver des « aspects étrangers et étranges » dans la vision du monde médiéval, un rappel troublant que les valeurs chrétiennes restent perçues comme dépassées et indésirables dans l’éducation contemporaine.

Reprenant les propos de l’historien Français Dimitri Casali,l’on se demande si cette “criminalisation” du passé, à laquelle nous assistons également en France, ne mène pas directement à une perte totale des repères historiques dans les programmes scolaires. Ainsi vidée de son contenu original, l’histoire d’une nation peut être réécrite en fonction de l’idéologie du moment.

*Geoffrey Chaucer est un écrivain et poète anglais né à Londres dans les années 1340 et mort en 1400.

Avec NBussola

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