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[ Vidéo ] PROFANATION et BLASPHÈME en BELGIQUE : une profanation financée par l’argent public

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À Anvers, en pleine Semaine Sainte, une institution culturelle subventionnée a mis en scène une vision sexualisée et provocatrice de la vie religieuse, dans un pays où l’Église est déjà profondément fragilisée par une crise doctrinale, morale et pastorale

Il est des scandales qui, à force de se répéter, finissent par révéler une crise plus profonde. Celui qui s’est déroulé ces derniers jours à Anvers en est une illustration éclatante, et douloureuse. Durant la Semaine Sainte, la compagnie Opera Ballet Vlaanderen, institution subventionnée par l’État flamand, a présenté un spectacle intitulé Sancta. Derrière ce titre qui évoque la sainteté, le fidèle découvre en réalité une entreprise de subversion méthodique des symboles catholiques.

La production elle-même ne cache rien de son intention. Elle se revendique comme une « célébration » où seraient rejetées toutes les conventions, y compris celles de la liturgie, et où la religion catholique est relue à travers le prisme de la « libération sexuelle ». Sur scène, des religieuses, figures consacrées à Dieu, sont représentées dans une mise en scène mêlant nudité, sexualisation et dérision, allant jusqu’à les montrer chantant sur rollers. Dans certaines versions du spectacle, la provocation atteint un degré supplémentaire avec des scènes explicitement sexuelles. Ce qui est présenté comme une démarche artistique apparaît surtout comme une relecture militante de la foi, réduite à une construction oppressive dont il faudrait se libérer. Le langage de la transgression est ici revendiqué comme une vertu, et la profanation comme un geste créatif.

Face à cette situation, l’évêque d’Anvers, Monseigneur Johan Bonny, s’est déclaré profondément offensé. Cette réaction peut sembler naturelle au regard de la gravité de la mise en scène. Pourtant, elle ne manque pas de surprendre au vu de ses prises de position répétées ces dernières années. Car Monseigneur Johan Bonny s’est lui-même inscrit, de manière constante, dans une ligne de tension avec la doctrine de l’Église. En 2022, il faisait partie des évêques flamands ayant proposé un rituel de bénédiction pour les couples de même sexe, en contradiction directe avec les directives du Saint-Siège. Dès 2014, il appelait déjà à une reconnaissance des relations homosexuelles dans l’Église, plaidant pour une évolution de la doctrine morale. Plus récemment encore, il a annoncé vouloir « tout mettre en œuvre » pour ordonner des hommes mariés d’ici à 2028.

Dans ce contexte, l’indignation exprimée face à une profanation culturelle ne peut qu’interroger. Car lorsque l’on contribue, même indirectement, à brouiller les repères doctrinaux et à affaiblir la clarté de l’enseignement, on ouvre aussi la voie à des dérives où le sacré finit par être perçu comme une simple matière à transgression.

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Le scandale du spectacle Sancta ne surgit donc pas dans un vide. Il s’inscrit dans un climat général de fragilisation de l’Église en Belgique. Depuis plusieurs décennies, la pratique religieuse s’effondre, les vocations se raréfient, et la société s’éloigne toujours davantage des principes de la loi naturelle. L’avortement est largement banalisé, l’euthanasie en constante progression, et la voix de l’Église apparaît de plus en plus marginalisée. En ce lundi de Pâques, alors que l’Église célèbre la Résurrection du Christ, ce contraste n’en apparaît que plus saisissant. D’un côté, la victoire de la vie sur la mort est proclamée. De l’autre, les signes d’un affaiblissement spirituel profond continuent de se manifester dans la société et jusque dans certains discours ecclésiaux.

Le parallèle avec d’autres pays occidentaux, comme le Canada, s’impose de plus en plus. Là aussi, la sécularisation rapide et les compromis doctrinaux ont conduit à une marginalisation accélérée du christianisme dans l’espace public. À Anvers, ces derniers jours, le contraste était déjà frappant. D’un côté, les fidèles entraient dans le mystère de la Passion. De l’autre, une institution publique mettait en scène une parodie de la vie religieuse sous couvert de modernité. Plus qu’un simple spectacle, c’est une question de cohérence qui est posée. Peut-on dénoncer la profanation tout en accompagnant, par certaines prises de position, un mouvement plus large de dilution du sens du sacré.

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