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Qui est Monseigneur Timothy Broglio, figure de l’aile conservatrice de l’Église américaine reçue par Léon XIV ?

Monseigneur Timothy Broglio - DR
Monseigneur Timothy Broglio - DR
Ce lundi 12 octobre, Léon XIV a reçu Mgr Timothy Broglio, ancien président de la Conférence épiscopale américaine et défenseur de la doctrine traditionnelle de l’Église. Une audience qui retient l’attention, une semaine après une prise de position particulièrement ferme du prélat contre l’avortement

Lundi 12 octobre, parmi les personnalités reçues en audience par Léon XIV figurait Monseigneur Timothy Broglio, archevêque aux Armées des États-Unis et ancien président de la Conférence des évêques catholiques américains (USCCB). Le Saint-Siège n’a fourni aucune indication sur leur entretien. Mais cette rencontre mérite d’être examinée à la lumière du parcours du prélat et des équilibres qui traversent le catholicisme américain.

À 74 ans, Mgr Broglio appartient à cette génération d’évêques formés dans le sillage de Jean-Paul II et de Benoît XVI, attachés à la continuité doctrinale et à une conception exigeante de la mission épiscopale. Son audience avec le premier pape américain de l’histoire intervient alors que les relations entre Rome et les différentes sensibilités de l’épiscopat des États-Unis constituent un enjeu important du pontificat. Le parcours de Mgr Broglio est celui d’un prélat familier des institutions romaines. Ordonné prêtre en 1977, formé à l’Académie pontificale ecclésiastique, il entre dans la diplomatie du Saint-Siège avant de rejoindre, en 1990, la Secrétairerie d’État.

Pendant onze ans, il travaille auprès du cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’État de Jean-Paul II. En 2001, le pape polonais le nomme nonce apostolique en République dominicaine et délégué apostolique à Porto Rico. Benoît XVI lui confie, en 2007, l’archidiocèse aux Armées des États-Unis, qu’il dirige toujours. Élu président de la Conférence épiscopale américaine en novembre 2022, il exerce cette responsabilité jusqu’en 2025, durant une période marquée par les débats sur l’avortement, l’immigration et les relations avec les autorités politiques.

Le calendrier de cette audience présente une particularité. Le 5 octobre, une semaine auparavant, Mgr Broglio avait publiquement soutenu les évêques de Virginie, Mgr Michael Burbidge et Mgr Barry Knestout, concernant plusieurs projets d’amendements constitutionnels.

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Dans une lettre adressée aux catholiques relevant de son ordinariat militaire et votant en Virginie, il s’opposait à l’inscription d’un droit constitutionnel à l’avortement et à une modification de la définition du mariage. Il rappelait l’enseignement catholique sur la protection de l’enfant à naître et l’union matrimoniale entre un homme et une femme. Cette intervention illustre sa place dans l’épiscopat américain. Pour Mgr Broglio, les questions anthropologiques ne constituent pas des sujets secondaires susceptibles d’être relativisés au gré des évolutions culturelles. La défense de la vie et du mariage relève directement de la fidélité à l’enseignement de l’Église. Il serait pourtant réducteur de présenter Mgr Broglio comme un simple représentant religieux du conservatisme politique américain.

En janvier 2025, alors qu’il présidait encore la Conférence épiscopale, il avait critiqué plusieurs décisions de Donald Trump concernant les migrants, les réfugiés et la peine de mort, tout en accueillant favorablement certaines orientations relatives à la distinction entre homme et femme.

Il rappelait que l’Église catholique n’était alignée sur aucun parti politique. Son conservatisme doctrinal entend ainsi juger les décisions publiques à partir de l’ensemble de l’enseignement catholique, et non d’une fidélité partisane.

Quel signal Léon XIV adresse-t-il à l’épiscopat américain ?

Depuis son élection, Léon XIV doit composer avec une Église américaine traversée par des sensibilités différentes, notamment sur la liturgie, la synodalité, l’autorité épiscopale et les questions morales. En recevant un prélat identifié à la défense de l’enseignement traditionnel, le pape manifeste au minimum sa disponibilité au dialogue avec cette composante importante de l’épiscopat. Il serait toutefois excessif d’y voir une approbation de toutes ses positions : les évêques sont régulièrement reçus à Rome dans le cadre de leurs responsabilités pastorales.

La rencontre possède également une dimension institutionnelle. Archevêque aux Armées, Mgr Broglio est responsable de l’accompagnement spirituel des militaires américains et de leurs familles. Les questions relatives à la guerre, à la paix et à la conscience des soldats peuvent naturellement relever de ses échanges avec le Saint-Siège. Reste une interrogation : Léon XIV entend-il accorder une place plus visible aux évêques américains qui insistent sur la continuité doctrinale ? Aucun élément public ne permet de l’affirmer. Mais cette audience rappelle que l’avenir de l’Église américaine dépend aussi de la manière dont Rome saura maintenir l’unité de son épiscopat sans éluder les questions doctrinales qui le traversent.

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