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[REPORTAGE VIDÉO] « Renaissance…!  » : le nouveau séminaire Saint-Sulpice ouvre ses portes à Issy-les-Moulineaux

Père Emmanuel Goulard , recteur du séminaire d'Issy Les Moulineaux - @tribunechretienne
Père Emmanuel Goulard , recteur du séminaire d'Issy Les Moulineaux - @tribunechretienne
« Renaissance » : le mot employé par le pape Léon XIV au lendemain de son voyage en France trouve aussi un écho à Issy-les-Moulineaux. Depuis la rentrée 2026, la Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice et l’Institut catholique de Paris (ICP) forment désormais ensemble les futurs prêtres

Le 1er octobre, le Séminaire universitaire Saint-Sulpice a ouvert ses portes pour présenter sa nouvelle formule. Depuis la rentrée 2026, la Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice et l’Institut catholique de Paris (ICP) forment ensemble les futurs prêtres. La matinée fut l’occasion de visiter les lieux, de présenter les fondamentaux de la formation et d’échanger avec les recteurs et les séminaristes. La rencontre s’est prolongée, pour ceux qui le souhaitaient, par la messe dans la chapelle du séminaire.

Un partenariat inédit

Depuis septembre 2026, la Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice et l’Institut catholique de Paris se sont associés pour former les séminaristes. La particularité du projet tient à cette articulation : la vie communautaire et spirituelle se déroule à Issy-les-Moulineaux, site historique de formation des prêtres aux portes de Paris, tandis que la formation intellectuelle se déroule à l’ICP, à 4,9 km de là. « S’appuyer sur une faculté de théologie est déjà vécu dans bon nombre de séminaires, à Lyon, à Toulouse ou à Rome. C’est une autre organisation, mais elle apporte beaucoup de bénéfices », déclare le père Emmanuel Goulard, recteur du séminaire.

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Le père Emmanuel Petit, recteur de l’ICP, y voit « une aventure pour nos deux institutions, partenaires dans ce projet », dont il se dit très heureux de la mise en œuvre. Ce nouveau rythme n’enlève rien au cadre d’Issy, selon le père Goulard : les immenses bâtiments et le parc de huit hectares favorisent le travail personnel, la vie communautaire et la vie spirituelle. C’est là que les séminaristes vivent en maisonnées de huit à dix, avec leurs formateurs.

Le père Petit souligne également la dimension universitaire marquée du séminaire. Les séminaristes suivent leurs cours avec environ onze mille autres étudiants et peuvent préparer des diplômes aussi bien civils que canoniques. Il rappelle que le monde universitaire est appelé à s’adapter en permanence, que ce soit face aux questions de société ou aux questions techniques comme l’intelligence artificielle : « C’est un monde en évolution constante, et il faut aussi que l’enseignement de la théologie soit ancré dans le monde qui est le nôtre. »

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Quatre dimensions pour former un prêtre

Un séminariste de 4ᵉ année, interviewé pour la première fois, décrit une formation intégrale selon quatre dimensions : « La formation humaine, d’abord, puisqu’on forme des hommes à devenir prêtres. La formation spirituelle, ensuite : c’est dans la prière que le désir du sacerdoce continue de se déployer. La formation intellectuelle, assurée à l’ICP, nourrit les autres dimensions et ouvre à la richesse de la théologie. »

Tout cela est tourné vers la dimension pastorale, vécue en paroisse, puisque les séminaristes sont appelés à y exercer leur ministère. Le cursus s’étend sur six années, avant l’année diaconale.

Ces dimensions s’appuient sur des textes de référence : l’exhortation apostolique Pastores dabo vobis de saint Jean-Paul II (1992), la Ratio Fundamentalis Institutionis Sacerdotalis, publiée par le Saint-Siège et révisée en 2016, et la Ratio nationalis des évêques de France, « Former des prêtres et des pasteurs missionnaires » (2022). Leur objectif commun est de former des pasteurs configurés au Christ, capables d’annoncer l’Évangile et de servir le peuple de Dieu avec maturité, discernement et sens de la mission. Ces textes font écho à l’héritage sulpicien qui remonte à 1642, lorsque Jean-Jacques Olier fonde le Séminaire Saint-Sulpice. Son intuition : la réforme de l’Église passe par la formation de prêtres capables d’unifier vie intérieure, intelligence de la foi, vie fraternelle, discernement, service des pauvres et mission.

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Un cursus sous le signe de l’universalité

Un séminariste de 5ᵉ année, au style de biker avec un tee-shirt du héros de manga One Piece, passe cette année son baccalauréat canonique. Il a ainsi connu tous les rythmes possibles entre le séminaire et la vie en paroisse. Avec ce nouveau séminaire, il reconnaît un quotidien bousculé, de l’heure des offices aux événements hebdomadaires, en passant par la vie communautaire. Toutefois, il se réjouit : « Cela fait plaisir car on est plus de séminaristes, donc la fraternité est plus grande. Cette rentrée est plutôt bonne, on a commencé à rentrer dans le projet. » Les doutes de la fin d’année dernière, ajoute-t-il, ne se retrouvent pas aujourd’hui dans la vie de la maison.

Sourire aux lèvres, il avoue : « J’ai 26 ans et j’ai l’impression de retourner sur les bancs de l’école, entouré de jeunes de 18 ans, de religieuses et de préretraités de 60 ans ! » Ce qui unit la communauté, selon lui, c’est le Christ « au centre de notre vie », malgré les différences : « Avec mes voisins de chambre, on ne se ressemble pas, mais on vit ensemble et on prie ensemble, ce qui nous fait rentrer en communion. »

La communauté compte 35 séminaristes et diacres, dont douze nouveaux candidats accueillis cette année, détaille le recteur du lieu. Ils viennent des diocèses de Versailles, Nanterre ou Pontoise, mais aussi d’Angoulême, de Cambrai, de Besançon, de Colombie ou de Centrafrique, énumère le plus jeune séminariste.

Le père Goulard se réjouit de l’universalité de l’Église manifestée par l’origine diverse des séminaristes envoyés par des diocèses étrangers, qu’il s’agit aussi d’aider à s’inculturer dans la société française. « Ils pourront ainsi annoncer la parole de Dieu dans cette société précise, en connaissant tout le patrimoine humain et spirituel de notre pays », conclut-il. Un séminaire qui n’est pas près de s’arrêter de féconder, avec ce nouveau partenariat mais également avec un projet ambitieux de rénovation du site patrimonial, destiné à améliorer les conditions de formation des séminaristes et d’accueil au monde.

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