Depuis 2000 ans

Rosny-sous-Bois : une église attaquée à la voiture bélier en plein Jeudi Saint

Façade de l'église Saint-Laurent à Rosny sous Bois - photo wikipedia
Façade de l'église Saint-Laurent à Rosny sous Bois - photo wikipedia
En plein Triduum pascal, l’église Saint-Laurent de Rosny-sous-Bois a été violemment prise pour cible. Portes défoncées, sacristie attaquée à la hache : face à cette brutalité, peut-on encore parler de simples « malveillances » ?

Le choc est à la mesure de la violence des faits. Jeudi 2 avril 2026, à Rosny-sous-Bois, l’église Saint-Laurent a été la cible d’une intrusion d’une brutalité rare. Le portail a été enfoncé à la voiture bélier, les lourdes portes fracassées, les lampes arrachées, et jusqu’à la porte de la sacristie attaquée à la hache. Ce n’est pas un simple acte de dégradation. C’est une irruption, une violence dirigée contre un lieu sacré, et cela au moment le plus saint de l’année liturgique, le Jeudi Saint, à quelques heures de la célébration de la Cène du Seigneur.

Le père Marcel Martinko, curé de la paroisse, a découvert les dégâts en se rendant à l’église pour préparer la messe du soir. La consternation est totale. L’émotion, profonde. L’incompréhension, immense.

Ce drame n’est pas isolé. Moins de trois semaines plus tôt, une autre église du diocèse, Sainte-Thérèse des Joncherolles à Pierrefitte-sur-Seine, avait déjà été visée par une intrusion. Deux attaques en moins d’un mois, dans le même territoire. Faut-il vraiment y voir une simple coïncidence ?

Dans son communiqué, Mgr Étienne Guillet évoque des « malveillances ». Le mot est posé, prudent, mesuré. Mais peut-il encore suffire à décrire ce qui s’apparente, de plus en plus, à une profanation méthodique des églises ? Enfoncer les portes d’une église à la voiture bélier, s’acharner à la hache sur les accès à la sacristie, ce n’est pas seulement dégrader. C’est s’attaquer. C’est violenter. C’est envoyer un message. À force de ne pas voir, à force de refuser de comprendre, à force de minimiser, ne finit-on pas par nier la réalité elle-même ? Il ne s’agit pas ici de désigner hâtivement des coupables ni d’alimenter des peurs, mais de regarder les faits pour ce qu’ils sont. Et les faits sont graves.

Lire aussi

Le vocabulaire employé, lorsqu’il édulcore la violence, finit par anesthésier les consciences. Une société qui refuse de nommer les attaques contre ses églises s’expose à les voir se répéter, dans une indifférence croissante.

Que cette attaque ait eu lieu le Jeudi Saint ne peut être passé sous silence. Ce jour marque l’institution de l’Eucharistie, le don du sacerdoce, le début de la Passion. Toucher une église à ce moment précis, c’est atteindre non seulement des pierres, mais ce que ces pierres abritent : la présence, la prière, la mémoire vivante du Christ. Aucun objet n’a été volé. Ce détail, loin de rassurer, inquiète davantage encore. Car si rien n’a été pris, tout a été brisé. Une plainte a été déposée. L’enquête dira ce qu’il en est des auteurs. Mais au-delà des responsabilités pénales, une question demeure : combien de temps encore les catholiques devront-ils assister à ces attaques sans que leur gravité soit pleinement reconnue ?

Recevez chaque jour notre newsletter !