Le projet de loi sur le suicide assisté, actuellement débattu au Royaume-Uni, suscite une forte opposition de la part des dirigeants religieux, qui mettent en garde contre les dangers d’une telle législation pour les personnes vulnérables. En réponse à ce projet de loi, le cardinal Vincent Nichols, archevêque de Westminster et président de la Conférence des évêques catholiques d’Angleterre et du Pays de Galles, a signé une lettre ouverte avec d’autres responsables religieux pour alerter les parlementaires sur les risques du projet de loi Terminally Ill Adults,End of Life Bill ( projet de loi sur les adultes en phase terminale (fin de vie).) .
Ce projet de loi, qui sera soumis à un vote lors de la deuxième lecture ce vendredi 29 novembre, permettrait aux patients en phase terminale de mettre fin à leurs jours à l’aide de médicaments létaux prescrits par leurs médecins.
La lettre, signée par des figures religieuses de diverses confessions, exprime des préoccupations profondes quant à l’impact de ce projet de loi sur les plus vulnérables, avertissant de la possibilité de pressions et d’abus. « C’est une inquiétude que nous savons partagée par de nombreuses personnes, croyantes ou non », indique la lettre, qui a également reçu la signature de Sarah Mullally, ancienne directrice des soins infirmiers en chef, de l’évêque de Londres pour l’Église d’Angleterre et du rabbin en chef Ephraim Mirvis.
Les signataires de la lettre rappellent que, selon les statistiques, environ 2,7 millions de personnes âgées au Royaume-Uni ont été victimes d’abus, et beaucoup d’entre elles pourraient être vulnérables à des pressions pour mettre fin à leurs vies prématurément.
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De plus, les défenseurs des droits des personnes handicapées et ceux qui travaillent avec des femmes en situation de violence conjugale ont également souligné les dangers de conséquences non intentionnelles si la loi venait à être modifiée. L’expérience des pays ayant déjà introduit une législation similaire, comme l’Oregon ou le Canada, montre à quel point ces conséquences peuvent être tragiques.
Dans Catholic Herald, les dirigeants religieux insistent sur le fait que la meilleure réponse à la fin de la vie réside dans l’amélioration des soins palliatifs : « Bien qu’il existe de nombreux exemples d’excellents soins palliatifs dans ce pays, ceux-ci restent malheureusement sous-financés », ajoutent-ils, soulignant que l’investissement dans ces soins est essentiel pour assurer à chaque personne, y compris les plus vulnérables, les soins qu’elle mérite en fin de vie.
Les évêques d’Angleterre et du Pays de Galles ont également exprimé leur opposition claire à ce projet de loi, appelant les catholiques à exercer une pression sur leurs députés pour qu’ils votent contre. Ils ont publié une déclaration conjointe avec les évêques écossais intitulée Be Compassionate, dans laquelle ils préviennent des dangers évidents de la législation.
Le cardinal Nichols, l’archevêque Mark O’Toole de Cardiff et Menevia, ainsi que plusieurs autres évêques, dont Mark Davies de Shrewsbury et Patrick McKinney de Nottingham, ont écrit des lettres pastorales appelant les catholiques à l’action dans leurs diocèses respectifs.
L’évêque Philip Egan de Portsmouth, dans sa lettre, a comparé l’idéologie derrière le suicide assisté au nazisme, affirmant que l’inaction des catholiques face à cette législation serait une « capitulation » face à l’idéologie contre laquelle la Grande-Bretagne a lutté pendant la Seconde Guerre mondiale. « Si nous cédons à cela et permettons le meurtre, nous franchirons une ligne à partir de laquelle il n’y a pas de retour », a-t-il averti. Selon lui, cette évolution pourrait mener à l’euthanasie, ce qu’il qualifie de « droit de faire mourir une autre personne ».
Cette position est partagée par plusieurs autres responsables religieux, et les vidéos d’appel à l’action de l’évêque Egan, du cardinal Nichols et de l’archevêque John Wilson de Southwark demandent aux citoyens de prendre part activement à ce débat pour préserver la dignité humaine face à cette législation. L’opposition à cette loi sur le suicide assisté souligne une question essentielle : celle du caractère sacrée de la vie humaine, du soin des plus vulnérables et du soutien véritable aux personnes en fin de vie.