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Sainte Charlotte et les Carmélites de Compiègne : le martyre de seize religieuses fidèles jusqu’à la guillotine

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Condamnées à mort en pleine Terreur révolutionnaire, elles offrirent leur vie dans une paix et une foi qui marquèrent profondément leurs contemporains.

Le 17 juillet, l’Église honore sainte Charlotte de la Résurrection et les quinze Carmélites de Compiègne, exécutées à Paris le 17 juillet 1794, quelques jours seulement avant la chute de Robespierre et la fin de la Terreur. Leur martyre demeure l’un des épisodes les plus emblématiques des persécutions religieuses de la Révolution française. La communauté du Carmel de Compiègne comptait seize religieuses, âgées de 29 à 79 ans. Parmi elles figurait sœur Charlotte de la Résurrection, née Anne-Marie-Madeleine Thouret en 1715 à Mouy, dans l’Oise. Entrée au Carmel en 1740, elle exerça notamment la charge de sacristine et fut reconnue pour son humilité, sa fidélité à la vie contemplative et son esprit de service.

Lorsque la Révolution française supprima les ordres religieux en 1790, les carmélites furent contraintes de quitter leur monastère. Réparties dans plusieurs maisons de Compiègne, elles poursuivirent discrètement leur vie de prière tout en restant unies à leur vocation. Cette fidélité attira rapidement la méfiance des autorités révolutionnaires.En juin 1794, les seize religieuses furent arrêtées, accusées de fanatisme et de complot contre la République. Leur véritable « crime » était d’avoir continué à vivre selon leur règle religieuse et d’avoir conservé leur attachement à l’Église catholique. Transférées à Paris, elles comparurent devant le Tribunal révolutionnaire, dont le verdict était joué d’avance.

Le 17 juillet 1794, elles furent conduites place du Trône-Renversé, aujourd’hui place de la Nation. Selon les témoignages de l’époque, elles montèrent une à une les marches de l’échafaud dans un profond climat de recueillement. Elles renouvelèrent leurs vœux religieux devant leur prieure, mère Thérèse de Saint-Augustin, puis entonnèrent le Veni Creator Spiritus, le Salve Regina et le psaume Laudate Dominum. Les chants se firent de plus en plus faibles au fur et à mesure que tombait la lame de la guillotine.

Les témoins rapportèrent que leur sérénité impressionna jusqu’aux spectateurs habitués aux exécutions quotidiennes. Dix jours plus tard, le 27 juillet 1794 (9 Thermidor), Robespierre était renversé, mettant fin à la Terreur. Beaucoup y virent un signe providentiel, les religieuses ayant offert leur vie pour demander à Dieu la paix pour l’Église et pour la France. Le pape saint Pie X les béatifia le 27 mai 1906. Leur culte connut un nouvel essor grâce à l’œuvre littéraire de Gertrud von Le Fort, La Dernière à l’échafaud, puis à la pièce de Georges Bernanos, Dialogues des Carmélites, qui inspira l’opéra éponyme de Francis Poulenc.

Leur canonisation par le pape Léon XIV, par la procédure de canonisation équipollente, a inscrit définitivement leur témoignage parmi les grandes figures de sainteté de l’Église universelle. À travers leur fidélité jusqu’au sacrifice suprême, sainte Charlotte et ses compagnes rappellent que la liberté religieuse et la fidélité à sa conscience peuvent parfois exiger le don total de soi. Leur mémoire demeure un appel à l’espérance, au courage et à la confiance en Dieu, même au cœur des épreuves les plus sombres.

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