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Sainte Colette de Corbie

Sainte Colette de Corbie - DR
Sainte Colette de Corbie - DR
« Je vous recommande toujours la sainte Règle, que vous preniez bien garde que tout soit bien fait et bien gardé

Réformatrice des Clarisses (+ 1447)

Le 6 mars, l’Église catholique fait mémoire de Sainte Colette de Corbie, réformatrice des Clarisses, morte en 1447. Figure spirituelle du XVe siècle, elle apparaît comme l’une des grandes restauratrices de l’idéal franciscain, dans un contexte historique profondément troublé par la guerre de Cent Ans et le Grand Schisme d’Occident.Née à Corbie, en Picardie, elle reçoit au baptême le nom de Nicole. Ses parents, longtemps privés d’enfants, avaient prié saint Nicolas d’obtenir cette grâce. En signe de reconnaissance, ils donnent à leur fille le nom du saint, qui deviendra familièrement « Colette ». Très tôt attirée par la vie religieuse, elle perd ses parents à l’âge de dix-huit ans.

Cherchant la forme de vie qui correspondrait le mieux à son aspiration à la pauvreté évangélique, la jeune femme entre d’abord chez les béguines d’Amiens. Elle n’y demeure cependant qu’une année, estimant leur vie trop aisée. Elle tente ensuite l’expérience chez les bénédictines puis chez les clarisses, mais demeure insatisfaite de ce qu’elle juge être un relâchement de l’idéal primitif.Guidée par un père spirituel franciscain, elle entre finalement dans le Tiers-Ordre de saint François et mène durant trois ans une existence très austère de recluse, dans une petite cellule attenante à l’église de Corbie. Cette période de prière et de pénitence nourrit en elle une conviction : l’appel à restaurer la stricte observance de la règle de sainte Claire parmi les clarisses.

Pour mener à bien cette réforme, Colette obtient de rencontrer le pape Benoît XIII, alors établi à Avignon durant le Grand Schisme. Bien que contesté comme antipape dans le conflit qui divisait l’Église, celui-ci reconnaît la profondeur spirituelle de la jeune religieuse. Il reçoit sa profession selon la règle de sainte Claire et lui confie la mission de réformer les monastères qu’elle serait amenée à fonder ou à restaurer. Cette décision sera par la suite confirmée par Alexandre V, reconnu à Rome.Commence alors pour Colette une longue œuvre de réforme. Elle intervient d’abord en Franche-Comté, notamment au monastère de Besançon, avant d’étendre son action à de nombreuses communautés en Savoie, en Artois, en Allemagne et en Belgique. Partout, elle cherche à rétablir la vie franciscaine dans sa simplicité originelle, en insistant particulièrement sur la pauvreté, la pénitence et la fidélité à la règle.

En 1432, elle fonde notamment au Puy-en-Velay le monastère de l’Ave Maria, où quatorze religieuses s’engagent avec elle dans cette voie exigeante. Elle y demeure deux ans avant de poursuivre sa mission ailleurs.Voyageuse infatigable, mystique profondément enracinée dans la prière, Colette est parfois appelée la « petite ancelle de Notre Seigneur ». Dans un temps marqué par les crises politiques et ecclésiales, son influence s’étend aussi bien auprès des princes que des religieux et des simples fidèles.

Elle meurt à Gand, en Flandre. Son corps sera ensuite transféré à Poligny, dans le Jura, où sa mémoire demeure particulièrement vénérée.Peu avant sa mort, elle exhortait encore ses sœurs à rester fidèles à l’esprit de leur vocation : « Je vous recommande toujours la sainte Règle, que vous preniez bien garde que tout soit bien fait et bien gardé, afin que, de la charge qui vous est commise, vous puissiez rendre bon compte à Dieu. Le labeur est bref mais le repos est long. »

Ces paroles, adressées le 18 juillet 1446, résument l’esprit de celle qui consacra sa vie à restaurer, au cœur de l’Ordre des clarisses, l’idéal franciscain de pauvreté et de fidélité évangélique.

Avec nominis

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