Depuis 2000 ans

Sainte Monique : la mère qui pria toute une vie pour la conversion de saint Augustin

Vitrail de sainte Monique et saint Augustin, cathédrale Saint-Augustin de Tucson (Arizona) - Depositphotos
Vitrail de sainte Monique et saint Augustin, cathédrale Saint-Augustin de Tucson (Arizona) - Depositphotos
L’Église fête ce jeudi 27 août sainte Monique, mère de saint Augustin. Derrière l’un des plus grands Pères de l’Église se trouve en effet une femme dont la persévérance dans la prière accompagna pendant des années un fils qui s’était profondément éloigné de la foi chrétienne

Sainte Monique occupe une place singulière dans l’histoire de l’Église. Elle n’a fondé aucun ordre religieux, n’a laissé aucun traité théologique et n’a exercé aucune fonction particulière. Son nom est pourtant indissociable de celui de son fils, saint Augustin, dont l’Église célèbre la mémoire le lendemain, 28 août.

Née vers 331 à Thagaste, dans l’actuelle Algérie, Monique grandit dans une famille chrétienne. Elle épouse Patricius, un notable païen au caractère difficile et infidèle. Le couple aura trois enfants, parmi lesquels Augustin. Par sa patience et sa foi, Monique accompagnera également son mari jusqu’à sa conversion au christianisme. Devenue veuve, elle concentre une grande partie de son attention sur Augustin. Le jeune homme est alors bien loin du futur évêque d’Hippone que connaîtra l’histoire. Brillant intellectuellement, professeur de rhétorique, il mène pendant des années une vie éloignée de la morale chrétienne. Il vit avec une femme dont il a un fils, Adéodat, et adhère surtout au manichéisme, doctrine que sa mère considère comme incompatible avec la foi reçue dans son enfance.

C’est probablement cet aspect de la vie de Monique qui explique la permanence de sa popularité auprès des catholiques. Elle ne parvient pas à ramener immédiatement son fils à la foi. Elle prie, attend, souffre de ses choix et continue pourtant de l’accompagner.

Augustin quitte finalement l’Afrique du Nord pour l’Italie. Sa mère le rejoint. À Milan, un homme va jouer un rôle décisif : saint Ambroise, alors évêque de la ville. Monique fréquente son enseignement tandis qu’Augustin se rapproche progressivement du christianisme. En 387 survient ce qu’elle espérait depuis tant d’années. Augustin reçoit le baptême des mains de saint Ambroise. Il a alors 32 ans. Pour Monique, c’est l’aboutissement d’une longue attente. Elle ne connaîtra cependant pas la destinée extraordinaire de son fils, futur évêque, théologien et docteur de l’Église.

Après le baptême, mère et fils envisagent de retourner en Afrique. En attendant leur bateau à Ostie, le port de Rome, ils vivent ensemble un épisode spirituel qu’Augustin racontera plus tard dans les Confessions. Tous deux s’entretiennent de la vie éternelle et de ce que peut être la communion avec Dieu. Cet épisode restera dans la tradition chrétienne sous le nom de « vision d’Ostie ». Quelques jours plus tard, Monique tombe malade. Elle meurt à Ostie en 387, alors qu’elle est âgée d’environ 56 ans.Augustin conservera profondément le souvenir de sa mère. Dans les Confessions, écrites plusieurs années après sa mort, il lui consacrera certaines de ses pages les plus personnelles, évoquant sa foi mais aussi son souci de réconcilier ceux qui étaient divisés.

La mémoire liturgique de sainte Monique est aujourd’hui célébrée le 27 août, précisément à la veille de celle de saint Augustin. Ce rapprochement dans le calendrier résume assez bien leurs deux histoires : celle d’une mère qui, pendant des années, pria pour la conversion de son fils, et celle d’un fils devenu finalement l’une des figures majeures de la pensée chrétienne.

Recevez chaque jour notre newsletter !