Nous avons reçu ce texte d’un bénévole du SECOURS CATHOLIQUE en réponse au témoignage paru dans VOTRE TRIBUNE : “un SECOURS CATHOLIQUE plus très catholique..”.

Nous vous livrons cette lettre telle que nous l’avons reçue , vous pouvez réagir ou nous envoyer vos témoignages à contact [@] tribunechretienne.com

“Bonjour,

Suite à la tribune paru sous l’adresse suivante : 

https://tribunechretienne.fr/un-secours-plus-tres-catholique/

Je vous propose une contribution complémentaire.

Je suis membre du Secours Catholique – Caritas France (SCCF) depuis 1983 à Aix et Arles et j’ai exercé des responsabilités diocésaines ou locales et je ne reconnais absolument pas la description qui en est faite dans la tribune intitulée « Un secours plus très catholique ». Un paroissien me l’a fait passer ce dimanche.

Les signes manifestes de notre ancrage Secours Catholique en Église sont présents dans la plupart des locaux et effectivement, nous avons à en être explicite : musulmans, gens de la rue, enfants en échec scolaire, parents isolés, personnes en précarité,… apprécient assez souvent de savoir qu’il y a des croyants (catholiques) au SCCF même si c’est l’association en tant que service d’Église qui est catholique et s’annonce comme telle. Ainsi je me rappelle que lors de la fin des opérations d’aide à l’Ex-Yougoslavie, il nous restait plusieurs centaines de colis offerts par les provençaux mais plus assez pour affréter un nouveau semi-remorque. Nous avons donc du défaire les colis pour récupérer les contenus et les utiliser localement. Or nous avions invité les donateurs à joindre dans ce colis une carte avec un message de solidarité. Et bien environ le tiers de ces colis contenait une carte signée d’un nom à connotation maghrébine dont nous savons que la plupart sont musulmans. Faisant part de mon étonnement au responsable de l’association musulmane, celui-ci me répondit avec un grand sourire : « les musulmans savent qu’au Secours Catholique ce sont aussi des croyants en Dieu, même si nous ne le prions pas pareil ».

Etre catholique n’est pas une condition sine qua non pour être membre du Secours Catholique. Il suffit d’être en accord avec le projet de l’association dans lequel est explicitement inscrit : « Fondée sur l’Évangile, la mission du Secours Catholique – Caritas France est une mission d’amour et d’éveil à la solidarité, en France et dans le monde ». Sa mission dans son article 1 (défini par l’ACAF, équivalent de la cef en 1946 est toujours « le rayonnement de la Charité chrétienne »). Alors oui, il est possible que dans tel ou tel endroit il faille en interne le rappeler et l’animer. C’est un travail permanent et qui participe à l’Évangélisation vu comme « chaque fois que tu feras l’expérience d’être aimé, tu fait une expérience de Dieu même si tu ne peux encore le nommer ».

Par exemple, lors d’une pause café à l’accueil, il y a quinze jours et sur son initiative, j’ai eu un échange de plus d’une heure avec Michel, en libération anticipée, sur Dieu, la spiritualité aujourd’hui dans la société,… Ce n’était pas un cours de KT mais un échange fraternel. Je n’ai pas cherché à le convaincre mais lui ai témoigné de ce qui compte pour moi et en le considérant comme un frère en humanité et en Jésus-Christ, j’ai écouté son propre cheminement qui me permet de questionner et d’enrichir le mien. Je fais confiance à l’Esprit Saint pour l’aider à poursuivre.

On ne craint pas la joie de vivre au SCCF et son inventivité en animation est forte à travers de nombreuses sensibilités, surtout que les talents de chacun sont fortement invités, que l’on soit bénévole, aidé, ou les deux. Donc, parfois cela peut être assez éloigné de sa propre sensibilité mais comme dans l’Église, c’est Jésus-Christ et sa bonne nouvelle aux pauvres qui prime, et quoique nous fassions, même dans l’Alliance avec Dieu, nous serons toujours bien petits et incapables d’appréhender toute sa grandeur. 

On peut ne pas s’y retrouver dans la démarche au Secours Catholique localement ou par rapport à sa pédagogie, et heureusement le Secours Catholique ne prétend pas avoir le monopole de la Charité. Il y a d’autres possibilités dans la diaconie de l’Église.

Par ailleurs, je reçois comme tous les bénévoles de notre délégation diocésaine, une proposition de réflexion spirituelle chaque lundi par l’équipe d’animation spirituelle dans un esprit de dialogue interreligieux, mais il n’y a aucune ambigüité, même avec la proposition parfois de textes spirituels issues d’autres traditions philosophiques ou religieuses, cela permet à chacun de s’en inspirer à partir de son cheminement et d’avancer vers Dieu. 

Le Secours Catholique est un espace d’église qui fait lien avec bien des gens qui sont en faible appartenance à l’Église ou en sont loin.

Alors oui, le Secours Catholique est en Église et constitue une chance d’autant plus importante dans la tourment actuelle vécue par l’Église. « Pas seulement des discours mais des actes concrets d’amour fraternel ».

Merci à la personne qui a publié cette tribune car elle m’a interpellé et j’espère que cette interpellation aura aussi été faite dans la bienveillance aux personnes qu’elle estime concernées au Secours catholique de sa région.

En vous remerciant de bien vouloir aussi publier ce témoignage,

Fraternellement en Jésus-Christ

Christian, bénévole au Secours Catholique”

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