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Un pilleur d’églises condamné à deux ans de prison ferme

Photo de la Gendarmerie Nationale de Quimperlé
Photo de la Gendarmerie Nationale de Quimperlé
La décision du tribunal vise à dissuader de futurs actes de vandalisme et à rappeler l'importance de la protection des biens culturels et spirituels.

Le tribunal judiciaire de Quimper a condamné, le 25 novembre 2024, un homme de 43 ans à deux ans de prison ferme pour avoir volé des objets religieux dans plusieurs églises du Grand Ouest de la France. Le prévenu a été jugé pour avoir dérobé près de 170 objets liturgiques au cours d’une trentaine de vols, principalement dans des églises situées en Bretagne et dans d’autres régions de l’Ouest.

Lors de l’audience, l’homme a expliqué qu’il n’avait « pas le sentiment de voler quelqu’un » en raison de la nature des lieux où il commettait ses larcins. « Je me demande encore aujourd’hui comment j’ai pu entrer dans une spirale comme ça », a-t-il déclaré, tout en reconnaissant que ses actions avaient des conséquences sur le patrimoine religieux et culturel du pays.

La vice-procureure Marie-Noëlle Collobert a dénoncé ces vols comme un « pillage de biens nationaux » et un acte portant atteinte à la liberté de culte. Elle a souligné que les sommes obtenues grâce à ces larcins étaient utilisées pour financer des achats de drogue et des jeux au casino.

Au cours de ces vols, l’homme a emporté des objets religieux tels que des calices, ciboires, chandeliers et autres pièces liturgiques. Parmi les 169 objets dérobés, 33 ont été retrouvés dans sa voiture, et 136 ont été revendus à des antiquaires, souvent sous prétexte qu’ils provenaient de chapelles privées, ce qui évitait la méfiance des acheteurs.

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Une enquête complexe menée par les gendarmes

France3 régions indique que l’enquête, qui a duré plusieurs années, a été lancée après une série de vols commis dans les églises de Pont-Aven, Nizon et Melgven, dans le Finistère, au mois de février 2019. Parallèlement, des objets volés ont été découverts chez des antiquaires du Mans, ce qui a permis aux enquêteurs de relier les deux affaires. L’enquête conjointe des gendarmes de Quimperlé et de Pontoise a permis de remonter jusqu’au suspect, un homme de 37 ans à l’époque, domicilié près du Mans.

Après plusieurs mois de filature, l’homme a été interpellé en avril 2019 dans l’Aisne, suite à un délit routier. Lors de son arrestation, les gendarmes ont découvert dans son véhicule pas moins de 40 objets de culte. L’homme a été incarcéré à Laon avant d’être transféré à la prison de Ploemeur en attendant son procès.

Ce vol d’objets liturgiques dans des églises bretonnes et du Grand Ouest met en lumière la vulnérabilité des églises, souvent laissés sans surveillance. Les autorités ont souligné que ce genre de vol contribue non seulement à la dégradation du patrimoine culturel mais aussi à l’atteinte à la liberté de culte, un principe fondamental dans la société française.

Cette affaire a également relancé le débat sur la sécurité des églises et la nécessité de renforcer la protection des objets religieux. De nombreuses églises, en particulier dans les zones rurales, restent ouvertes au public sans surveillance, ce qui les rend vulnérables aux vols comme celui-ci.La décision du tribunal vise à dissuader de futurs actes de vandalisme et à rappeler l’importance de la protection des biens culturels et spirituels.

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