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[Vidéo] Agression du monastère Saint-Jacques à Jérusalem : Pourquoi certains extrémistes juifs crachent-ils sur les chrétiens ?

Capture écran timesofisrael.com
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Le dimanche 2 août, les auteurs présumés de l'attaque contre le monastère Saint-Jacques auraient affirmé que leur geste constituait une « mitzvah », c'est-à-dire une « bonne action » ou un « commandement religieux ». Une affirmation qui ne relève en rien du judaïsme mais d'une interprétation extrémiste dénoncée par tous les médias israéliens

L’agression survenue dans la nuit du 2 août contre le monastère Saint-Jacques, au cœur du quartier arménien de la Vieille Ville de Jérusalem, a profondément choqué les communautés chrétiennes de Terre Sainte. Plus qu’un simple lieu de culte, ce monastère est le siège du Patriarcat arménien de Jérusalem, résidence du patriarche arménien et centre spirituel de l’une des plus anciennes communautés chrétiennes du monde.

Selon la police israélienne, six juifs religieux – cinq mineurs et un adulte – ont été arrêtés après avoir frappé les portes du monastère, craché sur son entrée et lancé des pierres contre le mur d’enceinte. Lorsqu’une habitante arménienne a commencé à filmer la scène depuis sa fenêtre, les jeunes l’ont insultée. Selon le journaliste arménien Kegham Balian, ils lui ont lancé : « Rentre chez toi, fille de prostituée ! », avant que l’un d’eux ne jette des pierres dans sa direction.

Alertés dans la nuit, les policiers du commissariat David, appuyés par le centre municipal de vidéosurveillance « Mabat 2000 », sont rapidement intervenus et ont interpellé les six suspects. Trois d’entre eux ont été interdits d’accès à la Vieille Ville pendant quinze jours, tandis que les trois autres ont été présentés devant un juge afin que leur détention soit prolongée. Dans un communiqué, la police israélienne a assuré considérer « avec la plus grande sévérité toute manifestation de violence et de racisme » et a promis de poursuivre les auteurs de ces actes.

Si l’enquête n’a, à ce stade, établi aucun mobile officiel, plusieurs médias israéliens replacent cette attaque dans un phénomène plus large. Le Wall Street Journal et le Times of Israel rapportent que certains jeunes issus de milieux nationalistes religieux ou ultra-orthodoxes considèrent encore les chrétiens comme des « idolâtres » et présentent parfois les crachats à leur encontre comme une « mitzvah ».

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En hébreu, une mitzvah désigne un commandement de Dieu ou une bonne action accomplie conformément à la Torah. Il s’agit normalement d’un acte de justice, de charité ou de fidélité religieuse.

Cracher sur un chrétien n’est évidemment en rien une mitzvah reconnue par le judaïsme. Cette prétendue justification relève d’une interprétation extrémiste, rejetée par les autorités religieuses juives comme par de nombreux intellectuels israéliens, mais encore entretenue par une minorité radicalisée.

Des chercheurs israéliens suivent avec inquiétude cette évolution. Yisca Harani, spécialiste des relations entre juifs et chrétiens et fondatrice du Religious Freedom Data Center, constate une nette augmentation des actes antichrétiens à Jérusalem. Son organisme a recensé 107 incidents au premier semestre 2026, soit plus du double qu’à la même période deux ans plus tôt. Les crachats contre des prêtres, des religieux et des pèlerins figurent parmi les agressions les plus fréquentes, auxquelles s’ajoutent des actes de vandalisme contre des églises et des monastères. Face à cette recrudescence, le gouvernement israélien a lui-même reconnu la gravité de la situation. En avril 2026, le ministère des Affaires étrangères a créé un poste inédit d’envoyé spécial auprès du monde chrétien, confié au diplomate George Deek. De son côté, le président Isaac Herzog a récemment assuré que ces attaques étaient traitées « avec détermination » et s’est dit aux côtés des communautés chrétiennes de Terre Sainte. Ces déclarations n’ont toutefois pas dissipé les inquiétudes des responsables des Églises, qui continuent de dénoncer la répétition des agressions.

L’attaque contre le monastère Saint-Jacques rappelle ainsi une réalité préoccupante : si ces violences demeurent le fait d’une minorité, elles visent des communautés chrétiennes présentes à Jérusalem depuis près de deux mille ans et alimentent un sentiment d’insécurité que les Églises ne cessent d’alerter depuis plusieurs années.

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