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[Vidéo] ÉVÉNEMENT : « On voulait porter un signe fort de la présence de l’Église catholique » : une nouvelle église et de nouvelles cloches à deux pas de Disneyland Paris

images @tribunechretienne
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"Une architecture italienne au service d'un lieu d'éducation chrétienne" : vendredi 18 septembre, ses trois cloches ont été bénies puis hissées à 36 mètres de hauteur

Ce vendredi, il y avait foule à Serris, tous venus voir le chantier de la future église Saint-Colomban à Val d’Europe. Il est 11 h 00 quand Monseigneur Jean-Yves Nahmias, évêque de Meaux, accompagné de son auxiliaire Monseigneur Guillaume de Lisle et du père Gérard Pelletier, curé du pôle missionnaire du Val d’Europe, ouvre la cérémonie de bénédiction et d’élévation des trois cloches. Autour d’eux, les architectes italiens Pier Carlo Bontempi et Giuseppe Grecci, concepteurs de l’édifice, ainsi que les autorités locales, maire et sénateur, témoignent de l’ampleur symbolique de cette matinée.

Un événement en trois temps forts

L’événement commence par une célébration, où les cloches sont dévoilées sous les acclamations avant que l’évêque n’interroge les parrains et marraines de celles-ci pour annoncer officiellement, devant l’assemblée, les noms choisis. Les trois cloches ont été fondues par la maison Paccard, près d’Annecy, une fonderie créée en 1796 et dont les cloches résonnent aujourd’hui dans de nombreux pays. Leur installation est confiée au campaniste Mamias, établi à Chelles depuis 1927. La plus imposante, Geneviève-Étienne, pèse 275 kg. Son nom associe deux figures locales : sainte Geneviève, « parce que ces villages étaient des dépendances de l’abbaye Sainte-Geneviève », nous précise le curé, et saint Étienne, « le saint patron de la cathédrale de Meaux ».

La deuxième cloche, qui pèse 190 kg, porte plusieurs prénoms, « Jean, Henri, François, Charles, Gérard », en référence aux curés qui se sont succédé ces dernières années « en portant ce projet de construction d’église qu’on a depuis plus de 20 ans », précise Mgr de Lisle, l’évêque auxiliaire de Meaux, au micro de Tribune Chrétienne.

Quant à la troisième, la plus petite, baptisée Espérance et pesant 155 kg, elle porte le vœu d’un donateur qui a souhaité, par son offrande, qu’« en sonnant elle donne de l’espérance à tous dans ce Val d’Europe », nous rapporte Mgr de Lisle.

Suivent la prière pour les grands projets diocésains, le moment très solennel de l’encensement des cloches, puis la révélation de leur tintement : tour à tour, l’évêque puis chaque parrain ou marraine fait sonner trois fois une cloche avec un marteau, avant le chant de l’Angélus et l’envoi.

Le moment le plus spectaculaire survient ensuite : décrochées de leur support au sol, les trois cloches sont hissées par une grue d’une cinquantaine de mètres, la flèche décrivant un impressionnant demi-tour avant de les déposer directement dans le clocher élevé à 36 m de haut, où elles sont aussitôt fixées. Un apéritif insolite se tient alors au cœur même de l’église en chantier, exceptionnellement ouverte à la visite.

Une église à la mesure d’un territoire en pleine croissance

Derrière ce geste liturgique se dessine un constat démographique impressionnant. « Ici, Val d’Europe, c’est une agglomération qui s’est développée autour de Disneyland Paris et qui est passée de moins de 5 000 habitants en 20 ans à plus de 50 000 habitants aujourd’hui », nous rappelle Monseigneur de Lisle.

Face à cette explosion urbaine, le curé, le père Pelletier, explique que les onze églises de village existantes, dont les capacités ne dépassent pas 150 à 400 places, ne pouvaient plus soutenir la vie pastorale d’une ville nouvelle. Le curé en donne un exemple bien concret : « Imaginons que l’année dernière, pour la vigile pascale, j’avais une centaine de personnes qui étaient dehors, à Villeneuve-le-Comte, qui est pourtant notre plus grande église, de 400 places. Il nous fallait donc plus grand, ce que nous offrira cette nouvelle église qui peut accueillir 800 ou 900 places ».

Et pour cause, les habitants rongent leur frein : « Je peux témoigner du fait que quand je me promène dans le quartier, on m’arrête souvent et on me pose la question : alors c’est pour quand ? Donc nous sommes réellement attendus », explique le prêtre.

« La mairie, ajoute-t-il, espère elle aussi que l’église contribuera, comme les commerces alentour, à créer une véritable vie de quartier. »

L’importance du chantier donne la mesure de cette ambition. Le projet du centre ecclésial Saint-Colomban représente un investissement annoncé de 13,8 millions d’euros. Les Chantiers du Cardinal y participent à hauteur d’un million d’euros. Les premières pierres avaient été posées le 30 novembre 2025 devant près de 400 personnes. Elles provenaient de l’abbaye de Luxeuil, fondée par saint Colomban, établissant ainsi un lien symbolique entre l’histoire du grand moine missionnaire et cette nouvelle implantation catholique. La fin du chantier est annoncée pour 2027.

Monseigneur de Lisle a par ailleurs insisté sur la portée missionnaire du projet, rappelant que l’agglomération voit passer près de 40 millions de personnes chaque année, entre touristes, salariés et résidents :

« On voulait porter un signe fort de la présence de l’Église catholique […] avec un clocher que tout le monde peut identifier et des cloches qui vont ainsi rythmer la vie ordinaire des gens, rappelant ainsi la présence de Dieu au cœur de notre vie », souligne-t-il.

Le choix de saint Colomban prend ici un relief particulier. Né en Irlande au VIe siècle, ce moine missionnaire parcourut une partie de l’Europe et fonda plusieurs monastères, notamment celui de Luxeuil, avant de poursuivre sa route jusqu’à Bobbio, en Italie. Dans ce territoire du Val d’Europe marqué par les échanges, les déplacements et une forte présence internationale, son patronage fait écho à une vocation missionnaire qui dépasse les frontières locales.

Le curé a complété cette vision en évoquant un objectif pastoral bâti « sur le roc qui est le Christ », espérant voir grandir le nombre d’enfants au catéchisme et de jeunes à l’aumônerie, tout en veillant à ce que les clochers de village continuent, eux aussi, à célébrer baptêmes, mariages et funérailles.

Une architecture italienne au service d’un lieu d’éducation chrétienne

L’ensemble ne se limite pas à l’église : Monseigneur de Lisle a précisé qu’il comprend aussi un centre paroissial pour les activités courantes et un centre culturel destiné à la rencontre avec la culture locale, dans l’esprit du Parvis des Gentils voulu par Benoît XVI. L’ensemble s’inscrit dans un projet de quelque 4 000 m².

Pour concevoir ce projet, les architectes ont puisé dans les matériaux et les formes de la tradition romane. « La chose qui nous a inspirés pour cette église, c’est un peu le style roman, en l’occurrence une belle cathédrale dans notre ville de Parme en Italie », a expliqué Pier Carlo Bontempi, précisant que la façade et les clochers seront entièrement en pierre, tandis que le centre paroissial sera réalisé en brique.

Précisons enfin qu’à cette dimension architecturale et paroissiale s’ajoute celle de l’éducation. L’école catholique Saint-Colomban, contiguë à l’église, fait pleinement partie de cet ensemble conçu comme un véritable pôle chrétien au cœur du Val d’Europe. L’évêque auxiliaire explique ce choix : « On a pensé que c’était important pour annoncer l’Évangile d’éduquer de manière catholique les jeunes dans notre société d’aujourd’hui. » Église, pôle paroissial, centre culturel et école forment ainsi un même geste : offrir au Val d’Europe, ville née des loisirs et du tourisme, un lieu où nourrir et faire fructifier la foi catholique, appelé à durer bien au-delà de la cérémonie de ce vendredi matin.

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