Un constat s’impose : « La guerre, c’est l’horreur pour les populations qui la subissent, de part et d’autre« . Sans entrer ici dans les polémiques sur le conflit, ses responsabilités ou ses justifications, une réalité demeure : la Terre Sainte reste le berceau du christianisme, la terre où le Christ est né, a prêché, est mort et, pour les chrétiens, est ressuscité.
🚨[Interview exclusive]
— Tribune Chrétienne (@tribuchretienne) September 23, 2026
🔴"Israël attend les pèlerins catholiques français et le Pape sera invité pour les grandes célébrations de 2030 et 2033"
➡️Michael Izhakov, directeur général du ministère israélien du Tourisme, précise que les voyagistes spécialisés comme Odeia et… pic.twitter.com/cagurSrXIE
Depuis le 7 octobre 2023 et les conflits qui ont suivi, les pèlerinages ont été profondément bouleversés. Mais sur place, les acteurs du tourisme religieux préparent déjà leur retour.
C’est dans ce cadre que Michael Izhakov, directeur général du ministère israélien du Tourisme, expose les ambitions d’Israël pour les prochaines années. Au-delà de la reprise touristique, les autorités travaillent déjà aux grandes échéances chrétiennes de 2030 et 2033, liées au baptême du Christ dans le Jourdain et à sa Résurrection. Michael Izhakov indique même que l’hypothèse d’une invitation du Pape en Israël est envisagée à l’occasion de ces célébrations.
Le sujet est d’autant plus important que la France occupait traditionnellement une place majeure dans les pèlerinages en Terre Sainte. Selon les chiffres communiqués par l’Office national israélien de tourisme (ONIT), 81 500 touristes français se sont rendus en Israël entre janvier et août 2026, faisant de la France le premier marché européen et le deuxième marché mondial derrière les États-Unis.
Pour l’hiver 2026-2027, l’ONIT annonce également plus de 70 vols directs hebdomadaires entre la France et Tel-Aviv, au départ notamment de Paris, Marseille, Lyon et Nice. Le retour progressif des liaisons aériennes constitue évidemment l’une des conditions indispensables à une reprise durable des pèlerinages.
En France, plusieurs organisateurs spécialisés continuent parallèlement de préparer des voyages en Terre Sainte. La situation demeure toutefois particulière. Les recommandations du ministère français des Affaires étrangères doivent être consultées avant tout déplacement et peuvent évoluer rapidement en fonction de la situation sécuritaire. Le Quai d’Orsay rappelle notamment qu’un classement en zone orange signifie que les déplacements sont déconseillés sauf raison impérative, et non qu’ils sont juridiquement interdits.
Un « chemin de Jérusalem » inspiré de Saint-Jacques-de-Compostelle
L’un des projets les plus significatifs présentés par l’ONIT lors du salon IFTM Top Resa, organisé à Paris du 15 au 17 septembre, est « The Way to Jerusalem », un itinéraire pédestre directement inspiré de l’expérience du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Le parcours doit relier le port de Jaffa à la porte de Jaffa, dans la vieille ville de Jérusalem : 111 kilomètres répartis en six étapes, traversant notamment Mateh Yehuda, le « Pays de la Vigne » biblique. Selon l’Office israélien du tourisme, plusieurs tour-opérateurs étudient déjà sa programmation à partir de 2027.
L’ambition est claire : proposer aux pèlerins une expérience qui ne se limite plus à la visite successive des sanctuaires, mais qui permette de rejoindre Jérusalem à pied, dans une démarche spirituelle comparable, dans son principe, à celle vécue par les pèlerins de Compostelle. Cette stratégie s’accompagne d’investissements annoncés dans les infrastructures de Jérusalem, Nazareth, de la vallée du Jourdain, de la mer Morte et de Galilée. Les échéances de 2030 et 2033 occupent une place particulière dans cette préparation.
Michael Izhakov explique que des budgets importants et des comités interministériels sont mobilisés afin de préparer ces anniversaires chrétiens. Il évoque également la possibilité d’inviter le Pape en Terre Sainte à cette occasion.
« Nous considérons les pèlerins français comme une priorité », explique-t-il également, en soulignant les relations entretenues avec les responsables français des pèlerinages diocésains.

La sécurité au cœur de la reprise
Reste évidemment la question centrale : celle de la sécurité. Sur ce point, Michael Izhakov défend avec force la capacité d’Israël à accueillir de nouveau les visiteurs et assure que les sites religieux font l’objet d’une surveillance et de dispositifs de protection importants. Ses affirmations sur le niveau général de sécurité du pays doivent naturellement être replacées dans leur contexte : elles expriment la position du responsable israélien du tourisme. Les recommandations françaises demeurent prudentes et appellent les voyageurs à suivre attentivement l’évolution de la situation régionale. La fiche France Diplomatie consacrée à Israël et aux territoires palestiniens, actualisée en septembre 2026, rappelle notamment la nécessité de vérifier précisément les conditions d’assurance avant tout voyage.
L’entretien aborde également les actes hostiles visant des chrétiens ou des religieux. Michael Izhakov assure que ces faits sont interdits par la loi et affirme que les autorités travaillent avec la police, les responsables religieux et les gestionnaires des lieux saints pour les prévenir et identifier leurs auteurs. Pour les pèlerins catholiques, l’enjeu dépasse cependant largement les statistiques touristiques. Jérusalem, Bethléem, Nazareth, la Galilée ou les rives du Jourdain ne sont pas des destinations comme les autres. Elles constituent la géographie même des Évangiles.
C’est précisément ce qui donne à la reprise des pèlerinages une dimension particulière. Malgré la guerre, malgré les souffrances des populations et malgré une situation régionale qui impose la prudence, la Terre Sainte demeure au cœur de la mémoire et de la foi chrétiennes. Et à l’approche des grandes échéances de 2030 et 2033, Israël entend manifestement préparer dès maintenant le retour des pèlerins.


