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[Vidéo] Marseille : Notre-Dame de la Garde, sanctuaire de la « Bonne Mère », officiellement inscrite aux Monuments historiques

intérieur de Notre Dame de la Garde @tribunechretienne
intérieur de Notre Dame de la Garde @tribunechretienne
Notre-Dame de la Garde bénéficie désormais d’une protection au titre des Monuments historiques. Une reconnaissance patrimoniale qui ne change rien à sa vocation première de sanctuaire et de lieu de prière

Depuis des siècles, les Marseillais montent vers Notre-Dame de la Garde pour prier la Vierge et se placer sous sa protection. Le sanctuaire de la « Bonne Mère » vient d’être officiellement inscrit au titre des Monuments historiques.

Notre-Dame de la Garde n’est pas seulement la silhouette familière qui domine Marseille. Elle est d’abord un sanctuaire, un lieu de prière où des générations de fidèles sont venues se confier à la Vierge Marie, demander sa protection ou lui rendre grâce. Cette histoire profondément chrétienne bénéficie désormais d’une reconnaissance patrimoniale officielle : la basilique de la « Bonne Mère » est inscrite au titre des Monuments historiques.

Mardi 6 octobre, le sanctuaire a rendu publique la décision prise par arrêté du préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur mardi 29 septembre. La reconnaissance peut paraître tardive tant Notre-Dame de la Garde est inséparable de Marseille. Depuis son sommet, à près de 150 mètres au-dessus de la mer, la Vierge à l’Enfant veille symboliquement sur la ville, son port et les marins. Pourtant, la basilique elle-même ne bénéficiait jusqu’ici d’aucune protection au titre des Monuments historiques. Seule la colline était protégée comme site depuis 1917.

Tout le sanctuaire désormais protégé

L’inscription ne concerne pas seulement la basilique. Elle englobe l’ancien fort et ses bastions, la grande terrasse supérieure, le grand escalier et son pont-levis, ainsi que les deux grands candélabres du parvis inférieur. Il s’agit d’une reconnaissance importante pour la conservation de cet ensemble exceptionnel. L’inscription au titre des Monuments historiques entraîne en effet une protection particulière de l’édifice et un contrôle des travaux susceptibles de le modifier. Mais réduire Notre-Dame de la Garde à son architecture serait passer à côté de l’essentiel. Si ces pierres ont traversé les générations, c’est parce qu’elles abritent une présence chrétienne vivante. Avant d’être admirée par les touristes, la basilique est fréquentée par des pèlerins. Avant d’être un emblème de Marseille, elle est une église.

« Un sanctuaire vivant »

Le père Didier Rocca, nouveau recteur de Notre-Dame de la Garde, a justement rappelé cette hiérarchie essentielle après l’annonce de la décision. « Cette inscription est une marque de respect pour l’histoire de Notre-Dame de la Garde et pour tous ceux qui en prennent soin au quotidien », explique-t-il. Mais il ajoute immédiatement : « Elle ne change rien à sa vocation première, qui reste un sanctuaire vivant, une demeure de prière et un refuge paisible au-delà des agitations du monde. »

Tout est là. Notre-Dame de la Garde n’est pas le vestige d’un christianisme appartenant au passé. Chaque jour encore, des fidèles viennent y déposer leurs intentions devant la Vierge, assister à la messe, prier pour leurs familles, leurs malades ou leurs défunts. Les innombrables ex-voto qui couvrent les murs racontent à leur manière cette fidélité populaire : actions de grâce, naufrages évités, guérisons espérées ou obtenues, vies confiées à Marie.

Une présence mariale vieille de huit siècles

Jeudi 16 janvier 2025, lors d’un déplacement à Marseille, la ministre de la Culture Rachida Dati avait évoqué publiquement la protection du sanctuaire. « Notre-Dame de la Garde, c’est l’âme de Marseille », avait-elle déclaré, remerciant notamment le cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, pour les échanges engagés autour du dossier.L’histoire de cette « âme » est d’abord celle de la foi. Bien avant la basilique actuelle, une première chapelle consacrée à la Vierge Marie fut élevée sur la colline au XIIIe siècle. Pendant des siècles, marins et habitants de Marseille sont montés y invoquer Notre-Dame de la Garde.

Au XIXe siècle, l’affluence des fidèles rendit nécessaire l’édification d’un sanctuaire plus vaste. La basilique actuelle, conçue par Henri-Jacques Espérandieu, devint progressivement l’un des grands signes visibles de la présence catholique dans la cité phocéenne.

L’État protège désormais officiellement ses pierres. Mais celles-ci n’ont de sens qu’à la lumière de ce pour quoi elles furent élevées. Depuis huit siècles, au-dessus de Marseille et face à la Méditerranée, les générations passent ; la « Bonne Mère », elle, continue de veiller.

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