À l’approche des élections municipales à Paris, nous avons contacté le diocèse parisien afin de comprendre son approche vis-à-vis des candidats en lice. L’Église catholique, acteur majeur de la vie sociale et patrimoniale de la capitale, a en effet pris l’initiative de rencontrer plusieurs équipes de campagne affirmant que « le souhait du diocèse était de comprendre les programmes des candidats, d’échanger en détail sur leurs propositions et d’exprimer les attentes fortes de l’archevêque de Paris sur la défense des plus démunis et des plus fragiles, le respect du caractère propre de l’enseignement catholique, la protection et la sauvegarde du patrimoine religieux ».
Cette déclaration éclaire la démarche, Il ne s’agit donc pas d’un positionnement partisan, mais d’un travail d’écoute et de clarification. Rappelons qu’à Paris, où les décisions municipales influent directement sur l’entretien des églises, sur le fonctionnement des établissements scolaires sous contrat et sur les politiques sociales, le diocèse entend précisément faire valoir des préoccupations concrètes. Nous avons également appris que « tous les candidats ont été invités à venir présenter leur programme », en particulier sur « les questions de jeunesse et d’éducation, de solidarité et de protection du patrimoine religieux et que cinq équipes ont répondu à cette invitation » : celle de Rachida Dati, d’Emmanuel Grégoire, de Pierre-Yves Bournazel, de Thierry Mariani et de Sarah Knafo.
Lire aussi
Selon la tradition le diocèse de Paris a été fondé au IIIe siècle, et élevé au rang d’archidiocèse en 1622, il est aujourd’hui le principal archidiocèse métropolitain de France. Placé sous le patronage de saint Denis et de sainte Geneviève, il couvre depuis 1968 le territoire de la commune-département de Paris.Depuis le 26 avril 2022, il est conduit par Monseigneur Laurent Ulrich, assisté de deux évêques auxiliaires. L’archidiocèse compte plus de cent paroisses, près de 500 prêtres, plus d’une centaine de diacres permanents, ainsi que plusieurs milliers de religieux et religieuses. Selon les estimations, environ 70 % de la population parisienne est baptisée. L’archidiocèse comprend également plusieurs basiliques majeures, parmi lesquelles la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, la Basilique Notre-Dame-des-Victoires ou encore la Basilique Sainte-Clotilde.

Au-delà de son rôle liturgique, le diocèse assume une responsabilité patrimoniale considérable. Les églises parisiennes, pour la plupart propriétés de la Ville depuis la loi de 1905, nécessitent un entretien constant. La question budgétaire est donc indissociable du débat municipal. En choisissant le dialogue avec l’ensemble des candidats, l’archidiocèse de Paris rappelle que la vie municipale n’est pas étrangère à la vie de l’Église. À l’heure du choix électoral, les questions de solidarité, de liberté éducative et de préservation du patrimoine religieux s’imposent comme des critères que les catholiques parisiens ne peuvent ignorer.


