Le dimanche 22 février 2026, les Exercices spirituels de Carême ont commencé au Vatican dans un cadre à la fois discret et chargé d’histoire. Contrairement à ce que certains pourraient penser, ils ne se déroulent pas dans la Chapelle Sixtine, mais dans la Chapelle Pauline, située elle aussi au Palais apostolique. Pendant toute la semaine, le Pape Léon XIV , les membres du Collège des cardinaux et les responsables des dicastères de la Curie romaine suspendent leurs activités ordinaires pour entrer dans un temps de silence, de prière et d’écoute.
Aucune agenda gouvernemental parallèle n’est prévu, soulignant le caractère strictement spirituel de cette retraite. Le pape observe traditionnellement un temps de retrait marqué par le silence et la suspension des activités publiques ordinaires. Les audiences, discours et interventions programmées sont interrompus afin de préserver le climat de prière et de recueillement.
Il n’est donc pas prévu de déclarations publiques quotidiennes ( via Il Bollettino ) pendant cette semaine, sauf éventuelle publication exceptionnelle décidée à l’avance par le Saint-Siège.
Les exercices ont été inaugurés par la célébration des secondes vêpres du premier dimanche de Carême, présidée par le cardinal Dominique François Joseph Mamberti, préfet du Tribunal suprême de la Signature apostolique. La liturgie comprenait le trait Qui habitat du Psaume 90, traditionnellement proclamé avant l’Évangile des tentations du Christ au désert. Ce cadre liturgique place d’emblée la semaine sous le signe du combat spirituel et de la fidélité éprouvée.
Les Exercices se tiennent donc dans la Chapelle Pauline, et non dans la Chapelle Sixtine. Moins connue du grand public, cette chapelle du XVIᵉ siècle, construite sous Paul III, conserve les dernières fresques de Michel-Ange, la Conversion de saint Paul et la Crucifixion de saint Pierre. Espace plus recueilli que la Sixtine, elle est utilisée pour des célébrations papales de caractère plus intime. Sous le pontificat de Benoît XVI, une restauration achevée en 2009 a rendu leur luminosité originelle aux fresques et réordonné le presbytère, mettant davantage en valeur l’axe de l’autel.
Depuis les années 1990, l’écrivain irlandais Malachi Martin a affirmé qu’une « messe noire » aurait été célébrée au Vatican dans les années 1960, certains situant cet épisode supposé dans la Chapelle Pauline. Ces déclarations, largement relayées dans certains milieux ecclésiaux, n’ont jamais été étayées par des preuves historiques vérifiables ni confirmées par des sources officielles du Saint-Siège. Elles demeurent controversées et non établies, même si leur persistance a contribué, dans certains cercles, à renforcer la perception symbolique de ce lieu comme un espace associé au combat spirituel.

Un itinéraire structuré autour du Psaume 90
Le prédicateur choisi personnellement par le pape est moine cistercien,Erik Varden, évêque de Trondheim et président de la Conférence épiscopale scandinave. Connu pour sa solide formation patristique et son attention au détail liturgique, il est également reconnu pour la sobriété de ses célébrations. Sa première méditation, intitulée « Entrer en Carême », a insisté sur la nécessité de revenir à l’essentiel. Il a rappelé que le combat spirituel ne peut être réduit à une indignation émotionnelle ni à une instrumentalisation du langage chrétien. Toute confusion, a-t-il souligné, doit être dissipée par un enseignement clair et par un témoignage concret.Citant saint Jean Climaque, il a affirmé que la colère constitue un obstacle à la présence de l’Esprit. La paix chrétienne, a-t-il expliqué, n’est pas la promesse d’une existence facile, mais le fruit d’une société transformée par le don de soi, juste et courageux.
La retraite s’intitule « Illuminés par une gloire cachée, un itinéraire de Carême ». Chaque jour, du lundi au vendredi, deux méditations sont proposées, l’une le matin après l’office intermédiaire, l’autre en fin d’après-midi, suivie de l’adoration eucharistique et des vêpres.L’ensemble s’appuie sur les sermons de Carême de saint Bernard de Clairvaux sur le Psaume 90, développant les thèmes de la liberté, de la vérité et de l’espérance. Au cœur du Vatican, loin des regards et des débats publics, le pape et ses collaborateurs sont ainsi invités à se placer sous les fresques représentant conversion et martyre. Une manière d’ouvrir le Carême non par des déclarations, mais par le silence et la prière sous le souffle de l’Esprit Saint.


