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Saint Guénolé

« O mes frères bien-aimés, afin de mériter de posséder là-haut dans le ciel la plus paisible tranquillité et la paix la plus tranquille, ne recherchez pas la paix en ce monde. »

Fondateur de l’abbaye de Landévennec (+ 504)

En ce mardi 3 mars 2026, l’Église fait mémoire de saint Guénolé, fondateur de l’abbaye de Landévennec, dans le diocèse de Quimper et Léon. Figure majeure du monachisme breton, il demeure associé à l’enracinement chrétien de la Cornouaille d’Armorique aux premiers siècles du haut Moyen Âge.

Saint Guénolé, appelé aussi Winwalloë ou Win-Walloë dans les sources anciennes, naît à l’époque troublée où de nombreux Bretons quittent la Grande-Bretagne, fuyant les invasions saxonnes, pour gagner l’Armorique. Fils de dame Gwen et d’un notable gallois, il voit le jour près de l’actuelle Saint-Brieuc.Encore jeune, il est confié à saint Budoc, qui dirige une école monastique sur l’île Lavret, dans l’archipel de Bréhat. Cette formation insulaire marque profondément sa vocation. Selon la tradition, à l’âge de 24 ans, saint Patrick d’Irlande lui apparaît et l’exhorte à fonder un nouveau monastère.

Répondant à cet appel, Guénolé part avec onze compagnons. Ils s’établissent d’abord sur l’îlot de Tibidi, au fond de la rade de Brest, avant de traverser l’Aulne pour s’installer à Lantowinnoc, aujourd’hui Landévennec.C’est là qu’il fonde le monastère qui portera son nom. La tradition fixe cette fondation à l’an 485. Après sa mort, vers 504, son culte se répand largement en Cornouaille, tant en Bretagne continentale qu’outre-Manche. De nombreuses paroisses bretonnes sont placées sous son patronage, notamment Batz-sur-Mer.

À l’abbaye de Landévennec, les moines ont longtemps invoqué chaque soir « leur père saint Guénolé », signe d’un attachement filial transmis à travers les siècles.D’un point de vue historique, le nom de saint Guénolé apparaît pour la première fois dans le cartulaire de Landévennec. Vers 860, le moine Gurdisten y rédige une vie du saint, au caractère largement hagiographique. Il l’y désigne sous la forme Win-Walloë.

Toutefois, certains éléments permettent de remonter plus haut. L’étymologie même de Landévennec semble dériver de Lan-towinnoc, issu de lan-to-winwalloë, c’est-à-dire « l’enclos monastique du bienheureux Walloë ». Le terme breton lan désigne en effet un enclos monastique.Un témoignage précieux figure dans une lettre de Louis le Pieux évoquant en 818 sa rencontre avec l’abbé du « monasterio Landeuinnoch ». Ce document atteste qu’au début du IXe siècle, un monastère solidement établi portait déjà le nom lié à celui de saint Guénolé.

La tradition monastique a conservé plusieurs paroles attribuées au saint. Dans sa Vie rédigée par le moine Clément, on lit cette exhortation :

« O mes frères bien-aimés, afin de mériter de posséder là-haut dans le ciel la plus paisible tranquillité et la paix la plus tranquille, ne recherchez pas la paix en ce monde. »

Cette parole, typiquement monastique, rappelle l’orientation radicale vers la paix du Royaume, au-delà des sécurités terrestres. Elle éclaire le sens d’une existence consacrée à la règle, à la prière et à la stabilité, dans une Bretagne encore en formation chrétienne.En ce 3 mars, la figure de saint Guénolé demeure ainsi celle d’un fondateur, d’un abbé et d’un guide spirituel, dont l’empreinte marque toujours le paysage et la mémoire de la Bretagne.

Avec Nominis

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