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[ Vidéo] Militantisme anti-occidental et profanation : ce qui se prépare à l’église Saint-Eustache

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Pourquoi ce grand renoncement face à des projets incompatibles avec la vocation de lieux consacrés à Dieu ?

Chaque année, la Nuit Blanche transforme Paris en vaste terrain d’expérimentation artistique. Mais lorsque ces manifestations investissent des églises encore affectées au culte catholique, une question essentielle se pose : jusqu’où peut-on aller sans dénaturer la vocation même de ces lieux consacrés à Dieu ? L’église Saint-Eustache se retrouve au cœur de cette interrogation. À première vue, l’œuvre qui y sera exposée pourrait apparaître comme une simple création contemporaine réalisée à partir de milliers de touches de claviers d’ordinateurs récupérées dans des décharges. Pourtant, il suffit d’écouter les explications de son auteur pour comprendre que le projet dépasse largement la seule dimension esthétique.

Selon ses propres déclarations, ces anciennes touches de clavier représentent une « vieille administration » et certaines générations désormais révolues. Après avoir détruit les claviers, l’artiste utilise les éléments restants pour construire ce qu’il appelle un « nouveau langage ». Cette formule n’est pas anodine. Car l’enjeu de son travail ne consiste pas seulement à recycler des matériaux usagés.

Il s’agit, selon ses propres termes, de rompre avec certains héritages afin de construire un récit nouveau. L’artiste revendique ainsi une démarche de transformation culturelle qui traverse l’ensemble de son œuvre.

Cette logique apparaît plus clairement encore lorsqu’il évoque la question du colonialisme. À propos d’une précédente exposition, il expliquait percevoir la Galerie nationale du Zimbabwe comme un « espace colonial » qu’il cherchait à réinvestir afin d’y faire entrer « sa propre culture ». Le thème revient constamment dans ses créations. À travers d’anciens disques vinyles, du mobilier issu de l’époque coloniale ou divers objets du quotidien, il affirme vouloir « effacer », « réenregistrer » ou « réécrire par-dessus » certains récits hérités du passé. D’autres œuvres invitent à remplacer des solutions reçues des anciennes structures par des solutions nouvelles élaborées localement.

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Que l’on partage ou non cette vision du monde n’est pas ici la question principale. La véritable question est ailleurs : pourquoi une église catholique devrait-elle devenir le support d’un tel message ? Saint-Eustache n’est ni un centre de recherche sur les études postcoloniales, ni une galerie consacrée à la critique des sociétés occidentales. C’est une église où est célébré chaque jour le Saint Sacrifice de la messe. C’est un lieu de prière, de recueillement et d’adoration. C’est un sanctuaire où le Christ est réellement présent dans le Saint-Sacrement.

Le problème n’est donc pas l’art. L’Église a toujours soutenu les artistes. Elle a inspiré certaines des plus grandes œuvres de l’histoire de l’humanité. Le problème est le détournement d’un lieu sacré. Le droit canonique précise que, dans un lieu sacré, ne doit être admis que ce qui favorise le culte, la piété et la religion. Or ces principes semblent aujourd’hui relégués au second plan.C’est précisément ce qui rend le silence du diocèse de Paris si troublant. Car le diocèse n’est pas impuissant. Les églises concernées demeurent affectées au culte catholique et l’autorité ecclésiastique dispose de moyens réels pour s’opposer à des manifestations qu’elle jugerait incompatibles avec leur destination religieuse. Pourtant, aucune prise de position publique, aucune explication, aucune mise au point. Comme si la transformation progressive des sanctuaires en espaces culturels polyvalents allait désormais de soi.

Imagine-t-on une synagogue accueillir une installation destinée à réécrire les récits fondateurs du judaïsme ? Imagine-t-on une mosquée servir de cadre à une œuvre dénonçant les héritages de la civilisation islamique ? L’indignation serait immédiate. Pourquoi ce qui paraît inconcevable pour d’autres religions devient-il acceptable lorsqu’il s’agit des églises catholiques ? le diocèse de Paris croit-il encore suffisamment au caractère sacré de ses églises pour les défendre lorsqu’elles deviennent le support de messages étrangers à leur vocation cultuelle ? Pour l’heure, son silence nourrit les inquiétudes de ceux qui voient dans ces événements non une simple animation culturelle, mais un symptôme supplémentaire de l’effacement progressif du sacré.

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