L’œuvre d’Alauda Ruiz de Azúa, centrée sur la vocation religieuse d’une adolescente, s’est imposée comme la grande gagnante de la 40ᵉ édition des Premios Goya, remportant cinq prix majeurs. Le 28 février 2026 à Barcelone, le film los domingos distribué en France sous le titre Les Dimanches, a dominé la cérémonie en obtenant les récompenses les plus prestigieuses, meilleur film, meilleure réalisation, meilleur scénario original, meilleure actrice et meilleure actrice dans un second rôle. Ces distinctions correspondent aux catégories artistiques centrales du cinéma, celles qui consacrent à la fois la vision du réalisateur, la qualité de l’écriture et la force de l’interprétation.
La comédienne Patricia López Arnaiz a été récompensée pour son rôle de tante confrontée à la décision radicale de sa nièce, tandis que Nagore Aranburu a reçu le prix du second rôle féminin. Pour Alauda Ruiz de Azúa, déjà distinguée à Saint-Sébastien par la Concha de Oro en septembre 2025, cette consécration nationale confirme l’impact culturel du film.
Les Dimanches retrace le cheminement intérieur d’Ainara, adolescente espagnole qui annonce à sa famille son intention d’entrer dans un monastère de clôture. Ce choix provoque incompréhension et tensions. Le père hésite, la grand-mère s’attriste, la tante Maite s’y oppose frontalement, voyant dans le cloître un enfermement incompréhensible. Inspirée d’un cas réel, la réalisatrice aborde la vocation religieuse comme une expérience intérieure et non comme un simple fait social. Le discernement est montré dans sa complexité, doutes, tentations, pressions extérieures, mais aussi paix intérieure croissante.
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Une scène résume l’enjeu du film lorsque la tante affirme que Dieu n’existe pas et que la jeune fille répond qu’elle priera pour elle. Deux visions du monde s’affrontent, l’une marquée par le scepticisme contemporain, l’autre par la certitude intime d’un appel.
La mise en scène souligne ce contraste en opposant la grisaille urbaine à la lumière du monastère, lieu de silence, de liturgie et de simplicité. Loin d’idéaliser ou de caricaturer, le film propose une réflexion sur la liberté véritable et le don total.Au-delà des récompenses, le film a reçu le Prix SIGNIS ainsi que le Prix Bravo de la Conférence épiscopale espagnole. L’évêque d’Orihuela-Alicante, José Ignacio Munilla, a salué une œuvre qui montre qu’il faut être courageux et libre pour chercher son propre chemin, estimant qu’elle rend un service en présentant la vie contemplative comme une option positive dans un contexte culturel souvent sécularisé.
Le triomphe de Les Dimanches ( sorti en France le 11 février dernier ) aux Goya constitue un signal fort. Un film consacré explicitement à la vocation religieuse peut non seulement rencontrer un large public, mais aussi recevoir les plus hautes distinctions professionnelles. On peut espérer que ce précédent ouvre la voie à d’autres œuvres explorant la dimension spirituelle de l’existence. Si le cinéma continue d’aborder la question religieuse avec exigence artistique et profondeur humaine, il pourrait voir d’autres films, comme le futur projet des époux Gunnell ( La Lumiere du Monde) centré sur le Christ , connaître à leur tour un succès comparable et recevoir les honneurs de la profession.
Le succès de Les Dimanches rappelle ainsi que la vocation demeure une réalité vivante, capable de susciter débat et reconnaissance au cœur du monde culturel contemporain.


