Au sixième jour de la guerre au Moyen-Orient, les tensions continuent de s’intensifier. Israël a été placé en alerte après une nouvelle salve de missiles tirés depuis l’Iran, tandis que plusieurs explosions ont été signalées à Téhéran. L’armée israélienne poursuit parallèlement ses frappes contre des positions du Hezbollah à Beyrouth, où le sud de la capitale libanaise a de nouveau été bombardé.
L’Iran affirme également avoir lancé des missiles contre des groupes kurdes en Irak, tandis que les tensions s’étendent au Golfe, où le Qatar a évacué par précaution des habitants vivant près de l’ambassade américaine. Dans ce contexte d’escalade régionale, les évêques de l’Union européenne appellent à un retour urgent à la diplomatie.
Le président de la Commission des conférences épiscopales de l’Union européenne, Monseigneur Mariano Crociata, a exprimé une vive inquiétude face à l’escalade de la violence en Iran et dans l’ensemble du Moyen-Orient.
Dans une déclaration publiée mercredi 4 mars 2026, le responsable des évêques catholiques auprès des institutions européennes appelle l’Union européenne et ses États membres à agir pour favoriser la désescalade et relancer les efforts diplomatiques. Selon Monseigneur Mariano Crociata, la crise actuelle révèle une évolution préoccupante de l’ordre international. Il estime que les événements récents témoignent d’« un affaiblissement de l’ordre international fondé sur des règles et d’un mépris persistant du droit international ». Dans ce climat, observe-t-il, la violence tend à s’imposer une fois de plus comme moyen de règlement des conflits, au détriment des solutions diplomatiques.
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Le président de la COMECE met également en garde contre la logique des représailles. Une dynamique d’escalade pourrait rapidement nourrir « une spirale dangereuse », susceptible de menacer non seulement la stabilité régionale mais aussi l’équilibre international. Face à cette situation, le prélat exhorte l’Union européenne à agir avec unité et détermination. Il rappelle que le projet européen est né précisément pour dépasser les conflits qui ont déchiré le continent au XXe siècle. L’Union européenne est donc invitée à renouveler sa vocation de projet de paix en favorisant la désescalade et en relançant les initiatives diplomatiques. Elle doit également défendre le respect du droit international, « y compris dans le domaine de la non-prolifération nucléaire ».
Cette dimension est particulièrement sensible dans une région où les tensions liées aux programmes nucléaires constituent depuis longtemps un facteur majeur d’instabilité. La déclaration souligne également les responsabilités concrètes des institutions européennes envers leurs citoyens. Le président de la COMECE appelle l’Union et les gouvernements nationaux à veiller à la sécurité et au bien-être des Européens présents au Moyen-Orient. Il souligne aussi la nécessité d’anticiper les conséquences possibles de la crise, notamment en matière d’approvisionnement énergétique. Une escalade militaire dans cette région stratégique pourrait en effet perturber gravement les marchés énergétiques et avoir des répercussions économiques bien au-delà du Moyen-Orient.
À travers cette déclaration, la Commission des conférences épiscopales de l’Union européenne rappelle l’enseignement constant de la doctrine sociale de l’Église : la paix véritable ne peut être construite que sur le respect du droit, le dialogue entre les nations et la responsabilité politique des dirigeants. Dans un monde marqué par le retour des rapports de force et par la multiplication des conflits, l’appel de Mgr Mariano Crociata constitue ainsi un avertissement clair. Face aux crises internationales, la voie de la diplomatie demeure la seule capable de préserver durablement la stabilité et la dignité des peuples.


