Il faudra un jour que les responsables politiques et associatifs répondent à une question simple : pourquoi toujours les symboles chrétiens ? À Saint-Quentin, dans les Hauts-de-France, la Marche des fiertés prévue le 6 juin ne se contentera pas de traverser la ville. Son village associatif doit être installé au square Winston-Churchill, plus connu localement sous le nom de « square de la Basilique », au pied même de la basilique de Saint-Quentin, monument emblématique de la cité et principal lieu de culte catholique de la ville. Construite entre le XIIᵉ et le XVIᵉ siècle, elle abrite les reliques de saint Quentin, martyr chrétien qui a donné son nom à la ville.
Selon les informations communiquées par les organisateurs, des associations LGBT+ y tiendront des stands, tandis que le défilé sera accompagné de chars. La présence de drag queens est également annoncée, tout comme un spectacle à l’issue de la marche. Précisons-le immédiatement : rien de tout cela ne doit se dérouler à l’intérieur de la basilique. Mais c’est précisément parce que l’événement est prévu dans son environnement immédiat que la polémique a éclaté. Face à cette décision, une pétition a été lancée afin de demander le déplacement de l’événement vers un lieu considéré comme plus neutre. Ses promoteurs ne contestent pas le droit de manifester. Ils s’interrogent simplement sur le choix du lieu retenu. Une question qui mérite d’être posée.
Car personne ne peut sérieusement soutenir qu’il s’agit d’un emplacement quelconque. Le square de la Basilique n’est pas un parc anonyme choisi au hasard sur une carte. Son nom même rappelle le sanctuaire auquel il est adossé. Il constitue l’écrin immédiat d’un édifice qui domine la ville depuis des siècles et qui demeure, pour de nombreux habitants, un lieu de prière, de recueillement et de mémoire.
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Dès lors, comment ne pas voir dans ce choix une démarche hautement symbolique ?
Les organisateurs connaissent parfaitement la signification du lieu. Ils savent également que plusieurs revendications traditionnellement portées lors des marches des fiertés sont en contradiction directe avec l’enseignement constant de l’Église catholique sur le mariage, la famille et la sexualité.
Le plus étonnant est sans doute la réaction de ceux qui refusent toute interrogation à ce sujet. Qu’un catholique exprime son malaise et le voilà immédiatement soupçonné d’intolérance. Pourtant, la question n’est pas celle des personnes. Elle est celle du respect des lieux. Dans une société qui se montre de plus en plus attentive aux sensibilités communautaires, aux identités et aux symboles, pourquoi les symboles chrétiens devraient-ils être les seuls à ne jamais bénéficier d’une attention particulière ?
Cette affaire dépasse largement le cadre de Saint-Quentin. Elle révèle une tendance devenue familière : les églises, les cathédrales, les basiliques et leurs abords semblent désormais considérés comme de simples éléments du décor urbain, dépourvus de toute signification propre. Comme si le caractère sacré de ces lieux devait s’effacer devant toutes les revendications contemporaines. Les catholiques ne demandent aucun privilège. Ils demandent simplement que soit reconnu ce que représente une basilique pour ceux qui y prient. À Saint-Quentin, la question n’est donc pas de savoir si la Gay Pride a le droit d’exister. Elle est de savoir pourquoi il faut, une fois encore, choisir un lieu aussi intimement lié à l’identité chrétienne de la ville pour mettre en scène un événement dont la dimension militante ne peut être ignorée. Et c’est précisément cette question que beaucoup refusent aujourd’hui d’entendre.


