Le ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raji, a officiellement sollicité l’intervention diplomatique du pape Léon XIV afin de contribuer à protéger les communautés chrétiennes du sud du Liban, confrontées aux conséquences de l’escalade militaire dans la région. Selon les informations rendues publiques le 11 mars, le chef de la diplomatie libanaise s’est entretenu avec le secrétaire pour les relations avec les États du Vatican, l’archevêque Paul Richard Gallagher, afin d’évoquer la situation sécuritaire dans les zones frontalières du pays.
Au cours de cet échange, Youssef Raji a demandé au Saint-Siège d’user de ses canaux diplomatiques afin de contribuer à préserver la présence chrétienne dans plusieurs villages du sud du Liban, une région directement exposée aux tensions militaires entre Israël et le Hezbollah. Le ministre libanais a notamment exprimé sa préoccupation face aux frappes et aux déplacements de population qui touchent certaines localités proches de la frontière. Plusieurs de ces villages abritent des communautés chrétiennes anciennes, notamment maronites et grecques-catholiques, dont la présence remonte à plusieurs siècles.
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Selon les informations communiquées, Youssef Raji a demandé au Vatican d’intervenir auprès d’Israël afin d’éviter que les opérations militaires en cours ne conduisent à l’abandon de ces localités et à un affaiblissement durable de la présence chrétienne dans cette partie du pays.
Le sud du Liban connaît depuis plusieurs mois une intensification des tensions liées aux affrontements indirects entre l’armée israélienne et le Hezbollah. Les échanges de tirs, les frappes et les évacuations de population ont affecté plusieurs zones situées à proximité de la frontière. Dans ce contexte, les responsables libanais redoutent que la poursuite des combats ne provoque un déplacement durable de la population civile, y compris dans des villages où les chrétiens sont implantés depuis des générations.
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L’appel adressé au Vatican intervient alors que, dans le contexte plus large des tensions régionales, certains responsables religieux du Moyen-Orient se tournent également vers le pape pour tenter de freiner l’escalade. Ces derniers jours, l’ayatollah iranien Seyed Mostafa Mohaghegh Damad Ahmadabadi a adressé une lettre publique au pape Léon XIV. Dans ce message, le dignitaire chiite demande au pontife d’user de son autorité morale pour appeler à la retenue et rappeler les exigences morales du message chrétien afin d’éviter une nouvelle effusion de sang. Cette démarche illustre le rôle singulier que continue d’occuper le Saint-Siège sur la scène internationale. Par sa diplomatie et par l’autorité morale attachée à la fonction pontificale, le Vatican demeure pour de nombreux responsables religieux et politiques un interlocuteur capable d’intervenir en faveur de la paix ou de la protection des communautés vulnérables.
Le Liban occupe à cet égard une place particulière. Le pays abrite l’une des plus anciennes communautés chrétiennes du monde et demeure le seul État du Moyen-Orient où les chrétiens participent institutionnellement à l’équilibre politique national. Dans ce contexte, la protection des villages chrétiens du sud du Liban revêt une importance particulière pour de nombreux responsables politiques et religieux, soucieux de préserver la présence historique du christianisme dans cette région du Moyen-Orient.


