Le vendredi 17 avril, lors d’une conférence de presse tenue à l’occasion de la 62ᵉ Assemblée générale de la Conférence nationale des évêques du Brésil, Monseigneur Joel Portella Amado, président de la Commission doctrinale de l’épiscopat brésilien, a pris position sur une question de plus en plus visible dans l’Église contemporaine : le retour de certains jeunes fidèles à des formes traditionnelles de la liturgie. Interrogé par un journaliste sur la résurgence de pratiques telles que la communion reçue à genoux ou le port du voile par les femmes, le prélat a répondu sans ambiguïté en reconnaissant la légitimité de cette orientation. « Ont-ils le droit d’être ainsi ? Oui, parce que le catholicisme est pluriel par nature, surtout dans un monde profondément pluriel », a-t-il déclaré publiquement, affirmant ainsi que la diversité des expressions liturgiques s’inscrit dans la nature même de l’Église.
Loin de réduire ce phénomène à une simple nostalgie du passé, Monseigneur Amado l’a replacé dans un contexte plus large, marqué par une crise profonde de l’appartenance religieuse. S’appuyant sur les données récentes du recensement brésilien, il a souligné que de nombreux jeunes adultes se situent aujourd’hui en dehors des structures ecclésiales, tout en conservant une forme de foi personnelle. « Ce n’est pas qu’ils ne croient pas en Dieu. […] Ils croient en Dieu, au ciel, mais sans médiation sur terre, sans chemin dans l’Église », a-t-il expliqué, décrivant une génération croyante mais désaffiliée. Dans ce contexte de fragilité spirituelle et de recherche de sens, l’intérêt croissant pour la tradition liturgique apparaît, selon lui, comme une réponse possible à une forme de vide intérieur. « À l’heure du vide, nous cherchons, nous cherchons, y compris dans certaines réalités historiques que ces jeunes n’ont pas connues », a-t-il observé. Cette remarque suggère que la redécouverte de formes anciennes, loin d’être un repli, peut traduire une aspiration à la transcendance, à la stabilité et à la continuité de la foi.
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Toutefois, l’évêque a tenu à encadrer cette reconnaissance par un rappel ferme des exigences de la vie ecclésiale. Si la diversité des pratiques est légitime, elle ne saurait devenir un motif de division ou de revendication exclusive. « S’il y a, d’une part, le droit de vivre et d’exprimer sa foi à sa manière […], d’autre part, au nom de l’amour et de la fraternité, on ne peut pas l’imposer aux autres ni penser que l’on est seul à avoir raison », a-t-il insisté, appelant à une coexistence pacifique des sensibilités au sein de l’Église. Par ces propos, tenus publiquement , Monseigneur Amado propose une lecture à la fois lucide et équilibrée de la situation actuelle. En reconnaissant explicitement un droit des jeunes à se tourner vers la tradition, tout en refusant toute forme de sectarisme, il rappelle que l’unité de l’Église ne se construit pas dans l’uniformité, mais dans la communion des différences ordonnées à la charité.


