Dans cette lettre signé du cardinal Parolin , le Saint-Père salue un siècle d’engagement de chefs d’entreprise chrétiens et rappelle la responsabilité particulière qui incombe aux dirigeants dans la promotion du bien commun, de la dignité du travail et de l’avenir des jeunes générations. Le Saint-Père souligne que l’activité économique ne peut être comprise uniquement selon des critères techniques ou financiers, mais qu’elle s’inscrit dans une vision plus large de la société et du service de la personne.
Le pape rappelle ainsi que la mission du dirigeant chrétien dépasse la simple gestion d’une organisation ou la recherche de résultats économiques. « La vocation du dirigeant chrétien se pense comme un service du bien commun et du développement intégral de la personne. » Cette affirmation s’inscrit dans la continuité de la doctrine sociale de l’Église, qui voit dans l’entreprise un lieu où s’exerce une responsabilité morale et sociale. Dans cette perspective, le message souligne que l’économie ne peut être réduite à la seule logique du profit. Le Saint-Père écrit en effet : « L’activité économique, bien qu’inscrite dans les dynamiques légitimes du marché, ne peut se réduire à la seule gestion des ressources ou à la simple recherche du profit, mais trouve son sens le plus profond dans la promotion de la croissance des personnes. » Par ces mots, le pape rappelle que l’entreprise n’est pas seulement une structure productive, mais une réalité humaine dans laquelle des hommes et des femmes travaillent, coopèrent et construisent leur avenir.
Cette vision apparaît encore plus clairement lorsqu’il affirme que « l’entreprise et l’économie, lorsqu’elles sont fidèles à leur vocation la plus authentique, ne peuvent être seulement considérées comme des instruments de production ou d’accumulation, mais impliquent des communautés de personnes appelées à grandir ensemble ». Le pape insiste ici sur la dimension communautaire de l’entreprise, qui doit être un lieu de développement humain et non seulement un instrument économique.
Le message du Saint-Père accorde une place particulière à la responsabilité des dirigeants envers les jeunes générations. Dans un contexte marqué par les incertitudes économiques et les fragilités sociales, il rappelle que les décisions des responsables économiques ont des conséquences directes sur l’avenir des jeunes. Ainsi écrit-il : « Faire confiance aux nouvelles générations et leur offrir des opportunités, en créant des emplois stables et significatifs, n’est pas seulement un choix économique, mais un acte de responsabilité et d’espérance. » Cette affirmation met en lumière une dimension essentielle de la responsabilité sociale des entreprises. Le travail n’est pas seulement un facteur de production, il est aussi un lieu d’intégration sociale, de formation et de dignité. Le pape précise d’ailleurs que les dirigeants chrétiens sont appelés à aller plus loin qu’une simple création d’emplois. « Les dirigeants chrétiens sont ainsi appelés à promouvoir une économie qui sache allier efficacité et humanité, en offrant aux jeunes non seulement du travail, mais aussi des parcours de croissance, de formation et de participation responsable. » À travers ces mots, il invite les chefs d’entreprise à considérer leur mission comme une contribution durable au développement de la société.
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Le message rappelle également l’enracinement de cet engagement dans la tradition de l’enseignement social de l’Église. Le Saint-Père évoque explicitement l’encyclique Rerum novarum, publiée en 1891 par le pape Léon XIII, qui constitue l’un des textes fondateurs de cette doctrine. Le pape souligne que cet enseignement demeure pleinement actuel. « Cet appel reste d’actualité et invite à évaluer le succès d’une entreprise non seulement en termes économiques, mais aussi en fonction de sa capacité à promouvoir ce qui est humain, à unifier la société et à respecter la création. » Cette perspective rappelle que l’économie ne peut être isolée des autres dimensions de la vie sociale, notamment la justice sociale, la paix et la protection de la création.
Le Saint-Père évoque également l’identité particulière du mouvement des Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens, né dans un esprit œcuménique. Il souligne que cette dimension témoigne de la capacité de l’Évangile à être un ferment d’unité et de réconciliation, y compris dans le monde économique. En conclusion de son message, le pape encourage les membres du mouvement à poursuivre leur engagement avec confiance et détermination. Il les invite à cultiver le dialogue entre les générations et à reconnaître la vocation propre de chacun:
« Ouvrez votre cœur et votre regard, cultivez l’écoute et le dialogue entre les générations, valorisez la vocation de chacun et ouvrez-vous à la collaboration », écrit-il encore, avant de rappeler l’image évangélique de la parabole des talents : « Comme l’enseigne la parabole des talents, chaque don reçu est appelé à porter du fruit pour le bien de tous. » Par cet appel, le pape Léon XIV rappelle que l’engagement économique, lorsqu’il est vécu à la lumière de l’Évangile, peut devenir un véritable service du bien commun et un signe d’espérance pour la société.
Texte intégral de la lettre
« À l’occasion du centenaire du mouvement des Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens (EDC), le Saint-Père souhaite adresser ses salutations cordiales et sa proximité spirituelle à tous ceux qui, réunis à Lyon pour célébrer cet anniversaire important, rendent grâce pour le chemin parcouru et renouvellent leur engagement au service du bien commun.
Un siècle d’histoire montre comment la foi chrétienne, vécue dans le monde de l’économie et de l’entreprise, peut engendrer responsabilité, créativité et respect de la dignité humaine. À une époque marquée par de profonds changements et une fragilité sociale généralisée, ce témoignage apparaît aujourd’hui plus nécessaire que jamais. Les défis du travail, de la paix, de la justice sociale et de la sauvegarde de la création sont intimement liés et exigent un regard capable d’en saisir l’unité, afin d’orienter et de faire des choix authentiquement humains.
Dans cette perspective, la vocation du dirigeant chrétien se pense comme un service du bien commun et du développement intégral de la personne. L’activité économique, bien qu’inscrite dans les dynamiques légitimes du marché, ne peut se réduire à la seule gestion des ressources ou à la simple recherche du profit, mais trouve son sens le plus profond dans la promotion de la croissance des personnes. L’entreprise et l’économie, lorsqu’elles sont fidèles à leur vocation la plus authentique, ne peuvent être seulement considérées comme des instruments de production ou d’accumulation, mais impliquent des communautés de personnes appelées à grandir ensemble.
Dans ce cheminement, votre Mouvement, né et développé dans un esprit œcuménique, témoigne de la manière dont l’Évangile peut être un ferment d’unité et de réconciliation, même dans le monde économique. C’est dans cette optique que s’inscrit l’enseignement de l’encyclique Rerum novarum, qui appelle les entrepreneurs à respecter la dignité de chaque travailleur et à protéger les plus faibles. Cet appel reste d’actualité et invite à évaluer le succès d’une entreprise non seulement en termes économiques, mais aussi en fonction de sa capacité à promouvoir ce qui est humain, à unifier la société et à respecter la création.
Ainsi, la responsabilité sociale de l’entreprise ne se mesure pas seulement à l’une des résultats immédiats, mais aussi à sa capacité à se tourner vers l’avenir et à créer des opportunités durables. Faire confiance aux nouvelles générations et leur offrir des opportunités, en créant des emplois stables et significatifs, n’est pas seulement un choix économique, mais un acte de responsabilité et d’espérance, capable de prévenir l’exclusion et la marginalisation. Les dirigeants chrétiens sont ainsi appelés à promouvoir une économie qui sache allier efficacité et humanité, en offrant aux jeunes non seulement du travail, mais aussi des parcours de croissance, de formation et de participation responsable, capables de générer un développement authentiquement humain.
Tout en renouvelant son appréciation pour le travail accompli par les EDC au service de l’Église et de la société, le Saint-Père vous encourage à poursuivre votre chemin avec courage et détermination, en vous sentant partie intégrante de la communauté ecclésiale et engagés dans la construction quotidienne du Royaume de Dieu. Ouvrez votre cœur et votre regard, cultivez l’écoute et le dialogue entre les générations, valorisez la vocation de chacun et ouvrez-vous à la collaboration. Comme l’enseigne la parabole des talents, chaque don reçu est appelé à porter du fruit pour le bien de tous. Avancez donc avec confiance, conscients que votre engagement suscite l’espérance et porte des fruits durables pour la société.
Confiant ce centenaire à l’intercession de Saint Joseph et de la Vierge Marie, Sa Sainteté assure tous les participants de ses pensées dans la prière et leur envoie sa Bénédiction apostolique.
Cardinal Pietro Parolin
Secrétaire d’État de Sa Sainteté
Du Vatican, le 11 mars 2026. »
Source Vatican


