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Nuit Blanche 2026 : Le curé de l’église Saint-Laurent à Paris réfute toute profanation

Abbé Paul Dollié - DR
Abbé Paul Dollié - DR
Nous avons voulu connaître les explications du curé de l’église Saint-Laurent après la polémique provoquée par la Nuit Blanche. Dans un communiqué adressé à Tribune Chrétienne, l’abbé Paul Dollié assume pleinement l’événement et affirme qu’aucune profanation n’a eu lieu, alors même que l’adoration eucharistique se poursuivait dans l’église

Tout sauf le sacré. C’est sans doute le sentiment qui demeure à la lecture du communiqué que l’abbé Paul Dollié a adressé à Tribune Chrétienne en réponse à nos questions concernant la Nuit Blanche organisée à l’église Saint-Laurent de Paris. Alors que de nombreux fidèles ont exprimé leur incompréhension et leur indignation devant ce qui s’est déroulé dans cet édifice consacré, le curé rejette catégoriquement toute accusation de profanation. « J’ai vu que cette œuvre était respectueuse du lieu, qu’il n’y avait pas d’éléments contraires à la foi », écrit-il.

Le prêtre explique avoir accepté la proposition de l’association Art, Culture et Foi, chargée de faire le lien entre les organisateurs de la Nuit Blanche et le diocèse de Paris. Selon lui, l’installation « Sous la peau du ciel » présentait un caractère de spiritualité ou de méditation susceptible d’ouvrir un dialogue avec des visiteurs éloignés de l’Église. Mais ce qui frappe dans sa défense, c’est la conception même du lieu sacré qui semble transparaître derrière ses explications. Car les faits sont désormais connus.

À l’église Saint-Laurent, l’installation « Sous la peau du ciel » constituait l’un des points forts de cette Nuit Blanche. L’édifice avait été plongé dans une semi-obscurité. Des haut-parleurs avaient été disséminés dans les chapelles, autour des autels, du baptistère et jusque dans des confessionnaux. À mesure que l’on avançait dans l’église, les voix se superposaient dans un brouhaha permanent. Certaines paroles diffusées au cœur même d’un lieu consacré relevaient de fantasmes aussi dérisoires qu’incompréhensibles : « J’aimerais rouler à 100 à l’heure », « Je veux avoir une montre connectée avec tous les modes d’emploi ». L’ensemble produisait une atmosphère étrange, parfois franchement inquiétante.Et c’est ici que surgit la question essentielle.

Quel rapport entre ces déclarations et la mission d’une église catholique ? Quel rapport entre le désir de rouler à 100 km/h, celui de posséder une montre connectée et l’annonce de l’Évangile ? Quel rapport avec la prière, l’adoration ou le salut des âmes ?

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Plus surprenant encore, l’abbé Paul Dollié précise dans son communiqué : « J’ai accepté, car l’œuvre artistique dans sa mise en place n’empêchait pas l’adoration du Saint-Sacrement qui est continue dans notre église. » Autrement dit, selon ses propres explications, tandis que les visiteurs déambulaient dans une semi-obscurité au milieu de haut-parleurs diffusant une succession de désirs personnels et de paroles sans véritable cohérence spirituelle, l’adoration eucharistique se poursuivait dans l’église. Cette affirmation ne réduit pas les interrogations, elle les renforce.

Car la question n’est pas seulement de savoir si l’œuvre contenait ou non des propos blasphématoires. Le problème est plus profond. Une église est-elle simplement un lieu culturel où tout devient possible dès lors qu’aucune attaque explicite contre la foi n’est formulée ? Ou demeure-t-elle une maison de Dieu, consacrée au culte divin et mise à part pour la présence réelle du Christ ?

Dans son texte, le curé affirme avoir voulu accueillir « un public différent » et permettre à des personnes éloignées de l’Église de franchir le seuil de Saint-Laurent. L’intention missionnaire est louable. Mais l’évangélisation consiste-t-elle à faire entrer le monde dans l’église sans discernement, ou à conduire les âmes vers le Christ ?

Cette affaire révèle finalement une profonde incompréhension de ce qu’est le sacré. Car ce qui a choqué les fidèles n’est pas seulement la présence d’une œuvre contemporaine dans une église. C’est qu’au pied des autels, dans une église où le Saint-Sacrement était adoré selon les propres mots du curé, aient pu résonner des phrases telles que : « J’aimerais rouler à 100 à l’heure » ou « Je veux avoir une montre connectée avec tous les modes d’emploi ». Et c’est précisément là que réside la grande méprise de cette Nuit Blanche. Non pas dans une volonté affichée de profaner, mais dans l’incapacité à comprendre ce qui distingue une église de n’importe quel autre lieu culturel. Une église n’est pas seulement un espace ouvert au monde. Elle est avant tout une maison de prière, consacrée à Dieu.

Communiqué du père du l’abbé Paul Dollié adressé à Tribune Chrétienne

« La vérité vous rendra libres (Jean 8,32)

Pourquoi ai-je accepté l’œuvre de Marie-Luce Nadal « Sous la peau du Ciel » à l’église saint
Laurent ?
Voici les faits. L’association « Art culture et foi » intermédiaire entre la mission Nuit Blanche
de la ville de Paris et le diocèse, est venu vers moi le 3 février 2026 pour me proposer
d’accueillir une œuvre sonore dans le cadre de la Nuit Blanche. Voici comment la proposition
m’a été faite : « parmi les œuvres retenues par la ville, nous cherchons à sélectionner celles qui
présentent un caractère de spiritualité, ou à défaut au moins de méditation…Nous y voyons

l’occasion de montrer que le monde religieux est ouvert à l’art contemporain, qui est -lui aussi-
une façon de rendre sensible l’invisible ».

J’ai vu que cette œuvre était respectueuse du lieu, qu’il n’y avait pas d’éléments contraires à la
foi. L’autel, l’espace liturgique et les confessionnaux, qui représentent le tiers de l’église n’ont
pas été occupés, et dans les souhaits ou vœux émis tout au long de la soirée sur le « tissu
sonore » Il n’y avait pas de propos blasphématoires (CEC 2148).
J’ai accepté, car l’œuvre artistique dans sa mise en place n’empêchait pas l’adoration du Saint
Sacrement qui est continue dans notre église. Pour information je n’accepte aucun concert sur
les heures d’ouverture de l’église qui sont des heures consacrées à la prière.
J’ai vu dans cette proposition une chance pour notre paroisse d’accueillir un public différent,
une façon d’offrir à des personnes qui visitent rarement les églises d’amorcer un chemin vers
un questionnement sur le sens de leur vie et la Vérité de l’Évangile. Bref pour reprendre le

Canon 1210 du code de Droit Canonique, d’être un lieu de religion, au sens étymologique, re-
ligare, un lieu qui relie à Dieu. J’ai eu durant la Nuit Blanche des rencontres dans ce sens.

Face à ce projet, sans chercher à me rencontrer, des défenseurs de la pureté du Lieu, qui n’ont
aucun lien avec mes paroissiens, en début de soirée, ont empêché l’accès à l’église, en utilisant
le Nom de Dieu à faux (Ex 20,7 ; CEC 2146). Quel dommage ! N’étaient-ils pas ceux qui
pouvaient montrer à ses visiteurs que l’Église n’est pas simplement un édifice de pierres mais
une communauté capable de mettre le pied du visiteur sur la première marche de la foi.
Pour information, je n’ai pas reçu un centime pour avoir ouvert mon église, l’intérêt n’était pas
lucratif mais pastoral : puisque nous sommes si timides pour rencontrer le monde, acceptons
que le monde vienne à nous sans lui fermer la porte.
Je fais un vœu. Que tous ceux qui ont un zèle pour la pureté de nos temples de pierres aient la
même passion pour le temple de chair que sont nos frères en humanité (Mt 25,40 ; 1 Co 12,27).
J’aimerais que nous chrétiens, défenseurs du sacré, nous ayons la même énergie pour prendre
concrètement en charge ceux qui croisent notre route, dans leurs besoins matériels et spirituels !
J’ai malheureusement sur mon territoire paroissial plusieurs visages bien concrets qui
aujourd’hui attendent une main tendue pour sortir de l’humiliation.

Abbé Paul Dollié, curé de l’église saint Laurent à Paris. »

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