À Lourdes, ce mardi 24 mars 2026, au lendemain des élections municipales, le cardinal Jean-Marc Aveline a ouvert l’assemblée plénière des évêques de France par un constat grave sur l’état du débat politique. Dénonçant une violence devenue omniprésente : « En relisant cette séquence des élections municipales […] je relève, pour ma part, la violence croissante dans laquelle semble irrésistiblement devoir sombrer, année après année, le débat public. Violence verbale d’abord, dans les hémicycles, sur les ondes ou les plateaux de télévision, et plus encore sur les réseaux sociaux. »
La formule est forte et donne le ton de toute son intervention. Le débat public, loin de s’élever, semble s’enfoncer dans une logique de confrontation permanente. Le cardinal insiste sur l’enjeu à venir :« Créer les conditions d’un vrai débat sera sans doute l’un des enjeux importants, dans les mois qui viennent, en vue de l’élection présidentielle. »
Ainsi, la question de la violence politique n’est pas périphérique, elle touche au cœur même de la démocratie. Le président des évêques de France ne s’en tient pas à une analyse abstraite. Il évoque un drame récent : « Violence verbale donc, mais violence physique aussi, notamment avec la mort de Quentin Deranque, il y a quelques semaines, en marge d’une conférence politique à Lyon. » Cette mention marque un tournant. La violence n’est plus seulement rhétorique, elle devient physique, tragique. Le cardinal élargit alors son propos :
« Notre société, c’est évident, a un grand besoin d’apaisement. […] Car la violence est partout, faisant chavirer, pour un rien, les barques de bien des vies. »
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Cette phrase révèle une inquiétude profonde, la violence déborde largement le cadre politique et s’insinue dans toute la société. Face à cela, il propose une réponse enracinée dans l’Evangile : « Fais comme les disciples sur le lac […] “Réveille le Christ qui dort”. Car c’est lui, et lui seul, qui est notre paix et qui t’aidera à surmonter la violence qui couve en toi ! » Pour répondre à cette montée de la violence, le cardinal Jean-Marc Aveline met également en avant le témoignage des moines de Tibhirine. Il rappelle leur enracinement dans l’Eucharistie :
« Tous les dix-neuf [martyrs] avaient en commun un même trait : un grand amour pour l’Eucharistie. […] Ce n’est pas un Christ théorique qu’ils vivaient. C’est le Christ qui se donne dans son Corps eucharistique. » Mais surtout, il souligne leur attitude : « Offrir d’être là […] solliciter l’amitié et y être fidèle, envers et contre tout. » Et cette exhortation décisive : « À ne pas fuir le destin de ce peuple, à rester là, à se tenir avec, cum-stare, dans la constance et la confiance. » Ce « se tenir avec » apparaît comme une réponse chrétienne à la violence, refuser la logique de rupture, choisir la présence, la fidélité et la paix. Le cardinal conclut en citant Christian de Chergé, donnant à son propos une profondeur spirituelle : « La véritable croix n’est pas le bois du supplice qui donne la mort, mais cet arbre de vie […] dont la tête touche le ciel. »
Enfin le cardinal Aveline a également évoqué les travaux de l’assemblée, la lutte contre les abus dans l’Église, l’éducation, les tensions liturgiques, ainsi que les conflits internationaux. Mais l’essentiel de son propos demeure cet avertissement, la violence, désormais omniprésente, menace le débat public et exige une réponse profonde.À Lourdes, en ce 24 mars 2026, le président des évêques de France lance une alerte claire. Le débat public « semble sombrer dans la violence », et sans un véritable effort d’apaisement, cette dérive pourrait durablement fragiliser la vie démocratique du pays.
intégralité du texte de Son Eminence Jean-Marc Aveline


