Depuis 2000 ans

[ Procès FMND ] « Deux évêques ne font pas l’Église de France » : la Famille Missionnaire de Notre-Dame évoque une « quasi-relaxe »

DR
DR
Au lendemain du jugement rendu par le tribunal judiciaire de Privas, la Famille Missionnaire de Notre-Dame conteste fermement les accusations retenues et souligne le rejet massif des griefs initiaux

Entre dénonciation d’atteintes aux droits de la défense et affirmation d’une vie religieuse librement choisie, la communauté entend poursuivre le combat judiciaire et défendre sa mission au service de l’Église. Le 24 mars 2026 marque donc une étape importante dans l’affaire visant la Famille Missionnaire de Notre-Dame. À l’issue du jugement rendu par le tribunal judiciaire de Privas, la communauté religieuse affirme avec force que la vérité des faits a commencé à émerger, malgré une décision encore partiellement contestée.

Dès les premières lignes de son communiqué, la FMND dénonce des conditions de défense profondément déséquilibrées : « ils ont dû se défendre dans des conditions contraires aux droits élémentaires de la défense ». Une affirmation grave, qui soulève une question essentielle dans un État de droit, celle du respect du contradictoire et de l’équité des procédures, surtout lorsqu’il s’agit d’une communauté religieuse. L’un des points centraux mis en avant par la FMND est le rejet massif des accusations initiales. Le communiqué souligne en effet que « le tribunal a écarté 90 % des accusations initiales et refusé de prononcer les condamnations stupéfiantes qui étaient réclamées ». Dans un contexte médiatique souvent marqué par des présentations à charge, ce chiffre mérite d’être relevé. Sur les cinq plaignants initiaux, seuls deux ont été retenus comme victimes, « ce qui reste évidemment contesté ». La communauté insiste également sur un élément peu relayé : « le Père Bernard n’a été condamné à aucune indemnisation envers quiconque ». Ces éléments, loin d’être secondaires, tendent à conforter l’idée d’un dossier largement fragilisé au fil de l’instruction et du procès.

La FMND ne cache pas son incompréhension face au maintien de certaines accusations : « il n’a été tenu aucun compte des contradictions, incohérences et même contre-vérités qui ont été démontrées par la défense ». Dans sa déclaration, la communauté va plus loin en détaillant les arguments retenus par le tribunal, qu’elle juge contestables. Elle relève notamment que certaines critiques portent sur des pratiques ordinaires de la vie religieuse : « que la FMND était hiérarchisée, ce qui est le propre de toute communauté religieuse », ou encore « que l’on pouvait y parler de péché d’orgueil, ce qui relève de la liberté de religion ». Ces éléments interrogent sur la frontière entre appréciation judiciaire et intrusion dans la vie interne d’une communauté ecclésiale. La FMND y voit une « immixtion dans la vie religieuse et la liberté de religion protégées par la Cour européenne des droits de l’homme ».

Face à cette situation, la réaction de la communauté a été immédiate : « un appel a été immédiatement interjeté ». Elle précise que cet appel « anéantit le jugement » et rappelle que « tant la FMND que le Père Bernard restent présumés innocents ». Dans cette perspective, la décision du tribunal apparaît moins comme un aboutissement que comme une étape dans un processus judiciaire encore ouvert.

Lire aussi

Au-delà des aspects juridiques, la FMND met en avant la réalité concrète de sa vie communautaire. Elle rappelle que « ce sont 160 religieux qui témoignent de leur engagement libre ainsi que 360 membres de leurs familles qui en sont les premiers témoins ». Cette insistance sur la liberté des engagements contraste avec les accusations d’emprise évoquées au cours de la procédure et invite à considérer la parole des membres eux-mêmes, souvent absente du débat public. La phrase « Deux évêques ne font pas l’Église de France ; deux parties civiles ne font pas un système d’emprise et d’abus de faiblesse » résonne comme un point d’orgue. Au-delà de la formule, c’est une vision ecclésiale qui est ici affirmée : l’Église ne se réduit pas à quelques voix critiques, mais s’enracine aussi dans la vie concrète de communautés engagées au service de la mission.

Cette affaire, au-delà du cas particulier, pose des questions plus larges sur le regard porté aux communautés religieuses dans la société contemporaine et sur la capacité des institutions à appréhender des réalités spirituelles sans les réduire à des catégories purement administratives. En remerciant « ses nombreux soutiens et amis pour leurs marques de confiance », la Famille Missionnaire de Notre-Dame affirme vouloir poursuivre « plus que jamais son engagement au service de la mission de l’Église », avec une détermination qui témoigne d’une fidélité revendiquée à sa vocation malgré l’épreuve.

Recevez chaque jour notre newsletter !