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“Nous avons évité un drame” : deux hommes en garde à vue après une tentative d’incendie dans une salle paroissiale dans l’Aisne

Un départ de feu s’est déclaré mercredi 6 mai dans la salle paroissiale « Père Jean-Marie Hamel », attenante à l’église de Tergnier

La peur a gagné la paroisse de Tergnier mercredi après-midi après un départ d’incendie survenu dans une salle de l’église. Le journal local l’Aisne Nouvelle précise que le feu s’est déclaré dans la salle paroissiale « Père Jean-Marie Hamel », utilisée notamment pour les préparatifs des grandes célébrations religieuses. Quelques minutes avant le sinistre, deux hommes étaient assis devant le bâtiment religieux. Une paroissienne leur avait même offert des gâteaux. Puis soudain, un modèle réduit de bateau exposé dans la pièce a pris feu. L’incendie a été rapidement maîtrisé, évitant des conséquences potentiellement dramatiques. Au moment des faits, une trentaine d’enfants participaient à une retraite de profession de foi dans les locaux.

« La salle était remplie d’une trentaine d’enfants qui faisaient leur retraite de profession de foi. Évacués et mis en sécurité par les dix catéchistes qui les préparaient, ils ont été choqués ! », a expliqué le père Frédéric da Silva

Dans une autre salle, une dizaine de personnes préparaient également des funérailles. Le prêtre souligne d’ailleurs la rapidité avec laquelle les événements se sont enchaînés : « Tout s’est passé en quelques minutes, entre le don de gâteau et le début de l’incendie. » Très vite, les soupçons se sont portés sur les deux hommes aperçus devant l’église. Un témoin affirme les avoir vus quitter les lieux en courant juste après le départ de feu.

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Selon l’Aisne Nouvelle, , les suspects, nés en 1988 et 1983, ont été interpellés puis placés en garde à vue afin de déterminer leur implication exacte dans cette affaire. Choqué, le père da Silva dénonce une attaque qui aurait pu coûter des vies : « Je déplore que l’on puisse s’attaquer ainsi à l’église, mais encore plus qu’on mette en péril la vie des enfants, des bénévoles de la paroisse et d’une famille endeuillée. » Avant de conclure avec gravité : « Le patrimoine ternois a son importance, mais plus encore la vie des Ternois. Nous avons évité un drame ! » Cet épisode rappelle une réalité devenue insupportable pour de nombreux catholiques : les églises et les lieux paroissiaux sont aujourd’hui de plus en plus exposés aux dégradations, aux profanations et aux violences, souvent dans une indifférence générale. Partout en France, des incendies, des actes de vandalisme, des vols ou des intrusions se multiplient contre des bâtiments qui ne sont pas seulement des monuments historiques, mais des lieux vivants de foi, de transmission et de recueillement.

Que même une retraite de profession de foi d’enfants ne soit plus totalement à l’abri montre l’ampleur du malaise. Beaucoup de fidèles ont le sentiment qu’on exige des catholiques une charité sans limite, tout en refusant de garantir la sécurité minimale de leurs églises et le respect dû à leur patrimoine spirituel.

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