Selon le communiqué publié le 25 mars 2026 par le diocèse de Paris, ces 788 catéchumènes adultes sont issus de 94 paroisses sur les 106 que compte la capitale, ainsi que de cinq communautés étrangères. Cette large implantation montre que le phénomène concerne désormais une grande partie du diocèse et ne se limite plus à quelques foyers isolés. Le profil des catéchumènes confirme également certaines tendances. En 2026, 80 % d’entre eux ont moins de quarante ans, et 58 % sont des femmes. Ces données indiquent que les jeunes adultes occupent une place centrale dans ces démarches, souvent engagées en dehors d’un cadre familial chrétien structuré.
Mais c’est surtout l’évolution sur plusieurs années qui retient l’attention. En 2020, le diocèse de Paris comptait 363 catéchumènes adultes. Ils étaient 347 en 2021, 351 en 2022, avant une nette reprise en 2023 avec 418, puis une augmentation plus marquée en 2024 avec 520, et enfin 671 en 2025.
Le chiffre de 788 pour 2026 confirme cette progression. En l’espace de quelques années, le nombre de catéchumènes adultes a plus que doublé, ce qui constitue un phénomène notable pour un diocèse urbain comme Paris.
Le communiqué parle à ce titre d’une « progression significative ». Celle-ci ne relève pas d’un effet ponctuel, mais d’une tendance désormais installée. Le baptême d’adultes correspond à une démarche personnelle, souvent longue et exigeante, qui suppose une recherche spirituelle consciente dans un environnement où la foi catholique n’est plus dominante. Face à cette évolution, l’Église ne se contente pas de constater. Elle cherche à s’y préparer de manière structurée. C’est dans cette perspective qu’un concile provincial a été convoqué par les diocèses d’Île-de-France et le diocèse aux Armées. Il s’ouvrira le 31 mai 2026 à Notre-Dame de Paris, avec pour objectif explicite de comprendre comment l’Église locale est appelée à se transformer face à l’essor des demandes de baptême et des sacrements de l’initiation chrétienne, d’établir des orientations communes et de répondre concrètement et joyeusement aux défis pastoraux que pose cet afflux de nouveaux fidèles.
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L’organisation même de ce concile montre le sérieux de la démarche. Une première phase de consultation a été ouverte le 25 janvier 2026 et se poursuivra jusqu’au 1er juillet 2026. Elle vise à recueillir les observations du terrain et à faire remonter l’expérience des paroisses. La deuxième phase, dite de délibération, ouvrira officiellement le concile le 31 mai 2026, avec trois sessions prévues en octobre 2026, janvier 2027 et mai 2027. Enfin, une troisième phase de réception permettra, après approbation des évêques et validation par le Saint-Siège, la mise en œuvre concrète des orientations dans les diocèses.
Ce concile provincial apparaît ainsi comme une réponse structurée à une situation nouvelle. L’augmentation du nombre de catéchumènes adultes oblige l’Église à repenser en partie ses modes d’accompagnement. Accueillir ne suffit plus, il faut former, intégrer et permettre un enracinement durable dans la vie chrétienne.
Parallèlement à ces baptêmes, les célébrations de la Semaine sainte rythmeront la vie du diocèse. À la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, Monseigneur Laurent Ulrich présidera notamment le Chemin de Croix du Vendredi Saint, le 3 avril à 15h, avec un départ depuis le square Louise Michel. Ce temps fort s’inscrit dans la préparation de Pâques et dans la tradition vivante de l’Église à Paris.Notons qu’à l’approche de Pâques, ces 788 baptêmes apparaissent ainsi comme un signe d’espérance dans la capitale. Ils rappellent que, malgré un environnement parfois peu favorable, des hommes et des femmes continuent de s’engager librement dans la foi catholique. Le concile provincial, en cherchant à accompagner ce mouvement, montre que l’Église entend répondre de manière concrète et organisée à cette réalité.


