Le 25 mars 2026, la Chambre des communes du Canada a adopté le projet de loi C-9 par 186 voix contre 137. Derrière l’intitulé officiel de « Loi de lutte contre la haine », ce texte suscite de vives inquiétudes parmi les chrétiens et les défenseurs de la liberté religieuse. En effet, il pourrait permettre de poursuivre des croyants pour avoir cité des passages de la Sainte Écriture, notamment sur des questions liées à l’homosexualité, à l’identité de genre ou à la famille. Le vote s’est déroulé dans un climat tendu, marqué par une procédure accélérée ayant limité les débats. Fait notable, les députés conservateurs, néo-démocrates et écologistes ont voté contre le texte, formant une opposition rare face à la majorité libérale et au Bloc Québécois.
Pour de nombreux observateurs, cette loi constitue un tournant. David Cooke, responsable de campagne et pasteur chrétien, a mis en garde contre les conséquences de ce texte. Il affirme que « les chrétiens et les défenseurs de la vie feront presque certainement face à un niveau entièrement nouveau d’hostilité, la porte s’ouvrant à une persécution réelle sous couvert de légalité ». Il ajoute que cette loi, présentée comme visant la haine, pourrait en réalité « conduire à des accusations contre des croyants et permettre à des autorités idéologiquement motivées de cibler, pour la première fois, la Parole même de Dieu sur les questions de la vie, de la famille et de la foi ».
Le projet de loi a également été critiqué pour la suppression d’une clause de protection religieuse, ce qui a suscité la réaction des évêques catholiques du Canada. Ceux-ci ont dénoncé une atteinte grave à la liberté de religion et ont appelé à revoir cette disposition.
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Le texte doit désormais être examiné par le Sénat, où la majorité des membres ont été nommés sous le gouvernement de Justin Trudeau. Jack Fonseca, directeur des opérations politiques de Campaign Life Coalition, estime que la bataille est loin d’être terminée, mais reconnaît qu’elle sera difficile. Il appelle les citoyens à se mobiliser, déclarant qu’il faut « inonder les sénateurs d’appels, d’e-mails et de messages » et, pour les chrétiens, accompagner cette mobilisation par la prière et le jeûne.
Au-delà du débat politique, c’est une question fondamentale qui se pose. Peut-on encore proclamer librement l’enseignement biblique dans une société occidentale qui se revendique de la liberté ? Pour de nombreux fidèles, la réponse semble de plus en plus incertaine.Face à cette situation, certains rappellent que l’histoire de l’Église a toujours été marquée par des périodes d’épreuve. L’appel est désormais à la vigilance, mais aussi à la fidélité. Car si la pression du monde s’intensifie, la mission des chrétiens, elle, demeure inchangée : annoncer la vérité, sans compromis.


