Au moins dix personnes ont été tuées dimanche 29 mars 2026 lors d’une attaque armée visant des zones habitées par des étudiants à Jos, dans l’État du Plateau, au centre du Nigeria. Selon plusieurs sources locales et un travailleur humanitaire, les victimes sont des chrétiens, frappés en ce jour du Dimanche des Rameaux, qui ouvre la Semaine sainte. Les faits se sont déroulés dans et autour des quartiers d’Angwa Rukuba et d’Eto Baba, ainsi que dans des zones résidentielles proches d’établissements scolaires. Des témoins décrivent une scène de panique lorsque des hommes armés ont ouvert le feu sur les habitants.
Un travailleur humanitaire, Alex Barbir, a affirmé dans une vidéo que « dix chrétiens ont été tués le Dimanche des Rameaux ». Si ce bilan n’a pas encore été confirmé officiellement, plusieurs sources concordent pour évoquer un nombre important de victimes. L’identité des assaillants reste incertaine à ce stade. Un habitant d’Angwa Rukuba a évoqué la piste du groupe Boko Haram, tandis que d’autres témoignages font état de milices peules arrivées à moto, ayant tiré de manière sporadique avant de se replier vers des zones montagneuses.
Des tirs ont également été signalés au carrefour d’Angwa Rukuba, où plusieurs victimes auraient été recensées. Certaines zones étaient en feu au moment des premières informations. Face à la situation, les étudiants et les habitants des quartiers concernés ont été invités à rester confinés, les autorités locales craignant de nouvelles attaques. Aucune déclaration officielle des forces de sécurité n’avait encore été publiée au moment de la rédaction, ni sur le bilan précis, ni sur l’identité des responsables.
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La ville de Jos et l’État du Plateau sont régulièrement le théâtre de violences impliquant des groupes armés. Ces attaques s’inscrivent dans un contexte complexe où se mêlent tensions religieuses, conflits fonciers et rivalités ethniques. Les communautés chrétiennes y sont particulièrement exposées. L’attaque de ce dimanche rappelle tragiquement celle survenue lors du Dimanche des Rameaux de l’année précédente, qui avait fait 54 morts dans la même région.
De son côté, l’archevêque d’Abuja, Ignatius Ayau Kaigama, appelle les États-Unis et Donald Trump à aller plus loin pour mettre fin aux persécutions des chrétiens au Nigeria. Il demande explicitement un soutien en renseignement et en armement afin d’éradiquer les groupes islamistes responsables des violences. Tout en saluant la reconnaissance internationale de ces persécutions, il estime que certaines actions récentes ont aggravé la situation en attisant les attaques.
L’archevêque alerte sur une intensification des massacres, enlèvements et exactions contre les fidèles. Il exhorte enfin les puissances occidentales à ne plus ignorer le drame des chrétiens nigérians.
Le Dimanche des Rameaux, qui commémore l’entrée du Christ à Jérusalem, marque le début de la Semaine sainte, cœur de la foi chrétienne. Que ce jour soit une nouvelle fois marqué par le sang des fidèles soulève une question grave, celle du silence ou de la discrétion de la communauté internationale face à ces violences répétées. Dans un contexte de persécutions persistantes, cette attaque vient rappeler la vulnérabilité des chrétiens dans certaines régions du monde, et l’urgence d’une attention plus soutenue à leur situation.


