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Religieuses de Goldenstein : des bienfaiteurs financent leur voyage à Rome pour plaider leur cause

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Arriveront-elles à émouvoir et convaincre le pape Léon XIV ? C’est toute la question qui entoure l’affaire des religieuses de Goldenstein, dont le destin se joue désormais à Rome

L’affaire connaît en effet un nouveau développement, à la fois inattendu et révélateur. Alors que le Vatican n’a toujours pas rendu de décision définitive sur leur situation, des bienfaiteurs ont décidé de financer un voyage à Rome afin de leur permettre de défendre personnellement leur cause auprès du pape.Les trois religieuses, revenues dans le monastère de Goldenstein à Salzbourg contre la volonté de leur supérieur nommé commissaire apostolique, se trouvent depuis plusieurs mois dans une situation canonique incertaine. Le dossier est désormais entre les mains d’un dicastère de la Curie romaine, qui n’a pas encore tranché sur leur droit de demeurer durablement dans les lieux.

Mais pour comprendre la portée de cette démarche, il faut rappeler le contexte de leur retour, qui avait profondément marqué les esprits. Les sœurs Bernadette, Regina et Rita, âgées de plus de 80 ans, avaient été placées en maison de retraite après des problèmes de santé, alors même qu’un droit d’habitation dans leur monastère leur avait été garanti tant que leur état le permettait. Leur communauté ayant été dissoute, leur couvent était passé sous administration ecclésiale. Refusant cet arrachement à leur vie religieuse, elles avaient pris une décision aussi radicale que symbolique : revenir dans leur cloître. Aidées par des proches et d’anciennes élèves, elles étaient retournées sur place, allant jusqu’à faire appel à un serrurier pour rouvrir les portes de leur monastère. Leur geste, largement relayé par la presse internationale, avait suscité une vive émotion.

Leurs paroles avaient frappé les consciences. L’une d’elles confiait préférer « entrer dans l’éternité dans un pré » plutôt que de finir ses jours dans une structure médicalisée. Une autre résumait leur démarche avec simplicité : « J’ai été obéissante toute ma vie, mais là, c’était trop. » Ces témoignages ont mis en lumière une tension profonde entre logique institutionnelle et fidélité à une vocation vécue durant toute une vie.À leur retour, les conditions de vie étaient pourtant précaires : absence d’eau, d’électricité, installations rudimentaires. Peu à peu, grâce au soutien de fidèles, une organisation minimale a été rétablie. Un suivi médical a été mis en place et leur quotidien s’est structuré autour de cette présence fragile mais déterminée dans leur ancien monastère.

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C’est dans ce contexte que s’inscrit aujourd’hui leur projet de voyage à Rome. Selon leur entourage, des donateurs privés ont réuni les fonds nécessaires pour financer ce déplacement. Les démarches sont en cours afin d’obtenir une audience avec le pape Léon XIV, envisagée entre la fin avril et le début du mois de mai.Les religieuses souhaitent exposer directement leur situation au Saint-Père et lui demander l’autorisation de rester dans leur monastère. Ce recours personnel au pape souligne à la fois la gravité de leur situation et la confiance qu’elles placent dans l’arbitrage du Siège de Pierre.

La porte-parole des religieuses a indiqué que ce voyage représente pour elles un moment unique. Aucune des trois sœurs ne s’est encore rendue à Rome, et cette perspective suscite une grande joie, malgré les incertitudes.

Le projet inclut notamment leur participation à une audience générale du mercredi. L’espoir exprimé par leurs soutiens est qu’elles puissent rencontrer personnellement le pape. Certains évoquent même la possibilité d’un échange direct, qui pourrait donner à cette affaire une dimension décisive.Depuis plusieurs mois, le cas des religieuses de Goldenstein dépasse largement le cadre local. Il soulève des questions profondes sur la place des personnes âgées dans la vie religieuse, sur l’autorité dans l’Église, et sur la manière d’accompagner des vocations jusqu’à leur terme.La décision finale appartient désormais au Vatican.

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