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Après les injonctions de Donald Trump, les évêques Cubains réaffirment leur communion avec le pape Léon XIV

Monseigneur Arturo González Amador
Évêque de Santa Clara et la Cathédrale de la Havane (Depositphotos)
Monseigneur Arturo González Amador Évêque de Santa Clara et la Cathédrale de la Havane (Depositphotos)
C’est tout le courage des évêques de Cuba qui s’exprime avec sobriété et clarté. Dans une lettre adressée au pape Léon XIV, ils manifestent leur communion ecclésiale et leur soutien au Saint Père

Dans une lettre datée du 13 avril 2026, les évêques catholiques de Cuba ont exprimé leur « communion la plus profonde » et leur « affection filiale » au pape Léon XIV, dans un contexte marqué par des critiques visant le Souverain Pontife et par des tensions internationales ravivées, notamment après les injonctions de Donald Trump concernant l’île. Signée par Monseigneur Arturo González Amador, évêque de Santa Clara et président de la Conférence des évêques catholiques de Cuba, cette lettre apparaît comme un acte de fidélité à l’Église universelle, mais aussi comme une parole pastorale dans un moment de grande fragilité pour le peuple cubain.

Les évêques replacent l’enseignement du pape dans une perspective universelle. Ils écrivent ainsi que, « dans un monde blessé par les conflits et les guerres », son appel constant à la paix « devient une voix prophétique et une flamme lumineuse au milieu de tant de ténèbres ». Cette expression met en lumière la cohérence du pontificat de Léon XIV.

église de Nuestra Señora del Carmen à Santa Clara – DR

Le texte évoque également les attaques dont le pape fait l’objet. Les évêques soulignent que, lorsqu’il « est attaqué ou dénigré pour sa fidélité à l’Évangile et sa défense des pauvres et des exclus », il rend présent « de manière tangible le Seigneur Jésus ». Une lecture spirituelle fidèle à la tradition de l’Église, qui rappelle que la mission du successeur de Pierre s’inscrit dans la continuité du Christ.

Dans le contexte cubain, cette déclaration prend un relief particulier. L’île traverse une crise économique et sociale majeure, aggravée ces dernières années. Les pénuries de nourriture, de médicaments et de carburant, ainsi que les coupures d’électricité prolongées, affectent profondément la population. Les tensions ont été accentuées par des décisions extérieures récentes, notamment les injonctions formulées par Donald Trump, contribuant à durcir le climat économique et politique. Mais c’est surtout sur le terrain que la situation révèle toute son intensité. Face à l’effondrement progressif de certains services publics, notamment de santé, les Églises assument un rôle social de plus en plus central. À La Havane, devant l’église Santa Cruz de Jérusalem, des dizaines puis désormais des centaines de personnes patientent chaque semaine pour recevoir gratuitement des médicaments devenus introuvables dans les circuits officiels. Certaines personnes âgées, vivant avec des retraites très faibles, n’ont d’autre recours que ces distributions organisées par les paroisses.

Ce phénomène s’est amplifié ces derniers mois. Là où une poignée de bénéficiaires se présentait encore récemment, ce sont aujourd’hui jusqu’à 300 personnes qui dépendent de cette aide. Des prêtres et des laïcs témoignent d’une aggravation rapide de la situation, évoquant un nombre croissant de Cubains « privés du minimum pour vivre ». Cette réalité ne concerne pas uniquement l’Église catholique. Dans plusieurs quartiers de la capitale, des communautés protestantes organisent également des distributions de repas, des consultations médicales et des temps d’accueil. Dans certains cas, plusieurs centaines de personnes s’y rendent chaque semaine, en particulier des personnes âgées isolées ou en situation de grande précarité.

Historiquement marginalisées après la révolution de 1959, les Églises ont vu leur rôle évoluer, notamment depuis la fin de l’athéisme d’État dans les années 1990. Aujourd’hui, face à une crise prolongée et à des difficultés structurelles, elles apparaissent pour beaucoup comme un soutien concret et immédiat. Dans ce contexte, la lettre des évêques au pape Léon XIV prend une signification particulière. Elle ne se limite pas à une déclaration de principe. Elle s’inscrit dans une réalité pastorale quotidienne, où l’Église accompagne un peuple éprouvé, tout en affirmant son unité avec le successeur de Pierre.

Les évêques concluent en assurant le pape de leurs prières et en confiant son ministère à « l’intercession maternelle de Notre-Dame de la Charité du Cobre », profondément enracinée dans la foi du peuple cubain.

Texte intégral de la lettre des évêques de Cuba (traduction française TC )

« Santa Clara, 13 avril 2026

Saint-Père Léon XIV
Cher Saint-Père,

Les évêques catholiques de Cuba souhaitent exprimer à Votre Sainteté notre communion la plus profonde et notre affection filiale.

Dans un monde blessé par les conflits et les guerres, votre invitation courageuse et incessante à travailler pour la paix devient une voix prophétique et une flamme lumineuse au milieu de tant de ténèbres.

Lorsque vous êtes attaqué ou dénigré pour votre fidélité à l’Évangile et votre défense des pauvres et des exclus du monde, vous rendez présent de manière tangible le Seigneur Jésus, qui marche avec et en faveur de nous, les hommes et les femmes de tous les peuples.

L’Église catholique à Cuba, pasteurs et fidèles, rend grâce à Dieu pour vous, pour votre ministère au Siège de Pierre et pour votre témoignage cohérent et limpide.

Nous vous assurons de nos prières et de notre affection. Nous invoquons l’intercession maternelle de Notre-Dame de la Charité du Cobre sur votre personne et sur la très haute responsabilité que le Pasteur des pasteurs a placée sur vos épaules.

Avec affection filiale,

  • Arturo González Amador
    Évêque de Santa Clara
    Président de la Conférence des évêques catholiques de Cuba »

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