Les 25 et 26 avril 2026, dans la cathédrale Saint-Jean-l’Évangéliste au Québec, des centaines de supporters du Canadiens de Montréal ont assisté à un match de Hockey sur grand écran. Cette cathédrale n’est pas un simple est l’église-mère du diocèse de Saint-Jean–Longueuil, siège épiscopal depuis 1933, édifiée entre 1861 et 1866 selon les plans de Victor Bourgeau. Sa façade monumentale, ses colonnes corinthiennes, ses vitraux consacrés à saint Jean l’Évangéliste et sa voûte intérieure témoignent d’un héritage spirituel et architectural profondément enraciné. Ce lieu est consacré, dédié à la prière, aux sacrements et aux grandes célébrations liturgiques. C’est pourtant dans cette nef qu’un écran géant de 35 pieds a été suspendu pour retransmettre un match opposant les Canadiens de Montréal au Lightning de Tampa Bay.
🚨Nouvelle dérive au Canada : une cathédrale transformée en fan zone pour un match de hockey
— Tribune Chrétienne (@tribuchretienne) April 27, 2026
⚡️🔴 Cette double profanation résume à elle seule toute la misère spirituelle du Canada contemporain pic.twitter.com/cJzgyBrLXX
Jusqu’à 650 personnes ont pris place dans les bancs, transformant la cathédrale en véritable fan zone. L’ambiance décrite est celle d’un amphithéâtre, avec des chants, des cris, de la musique amplifiée, une animation par des DJ et des jeux de lumière projetés sur les murs d’un édifice du XIXᵉ siècle. Lorsque Lane Hutson a offert la victoire en prolongation, la clameur a envahi le sanctuaire. Mais au-delà de cette transformation matérielle, c’est le détournement explicite des signes religieux qui apparaît comme le plus grave. Un participant, vêtu en cardinal, a invité les spectateurs à s’agenouiller pour une prière parodique adressée à Maurice Richard, reprenant les formules et les gestes de la tradition chrétienne dans un cadre purement ludique.
Dans le même temps, des lampions aux couleurs de l’équipe ont été proposés, reproduisant le geste des cierges votifs. Le vocabulaire lui-même, « messe », « temple », « religion », a été utilisé pour décrire l’événement, comme si cette assimilation ne posait plus aucune question.
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Les organisateurs assument cette logique en affirmant que le hockey est « quasi une religion », mais cette formule, loin de rester métaphorique, prend ici un sens concret, puisque les codes religieux sont repris, imités et détournés au profit d’un spectacle. Le commentaire médiatique qui accompagne ces images, souvent teinté d’ironie, accentue encore ce sentiment de banalisation. Ce ton, qui souligne le caractère insolite de la situation avec une certaine légèreté, contribue en réalité à désamorcer la gravité de ce qui se joue, comme si la profanation elle-même devenait un objet de divertissement. Or, ces événements prennent place dans un contexte plus large. Quelques semaines auparavant, un projet de loi sur la « lutte contre la haine » avait suscité de vives inquiétudes parmi les chrétiens, certains redoutant de voir restreinte leur liberté d’exprimer des éléments fondamentaux de leur foi. Parallèlement, l’euthanasie, présentée comme « aide médicale à mourir », continue de s’étendre au Canada, avec des milliers de cas chaque année et un cadre légal toujours plus large, traduisant une évolution profonde du rapport au sacré.
Alors que la parole chrétienne semble de plus en plus contestée dans l’espace public et que la valeur même de la vie fait l’objet d’une redéfinition, les symboles religieux, eux, demeurent disponibles, à condition d’être détournés et intégrés dans des formes de divertissement ou d’ironie. Ce qui s’est produit à Saint-Jean-sur-Richelieu est un signe révélateur d’une société en pleine dérive spirituelle.


