Lundi de Pentecôte. Alors que les chrétiens célèbrent le don de l’Esprit Saint et la naissance de l’Église, un autre spectacle attendait les habitants de Mérens, sur la commune de Pont-du-Casse, dans le Lot-et-Garonne. L’église Saint-Pierre-ès-Liens a été retrouvée saccagée. Des bancs renversés, des objets religieux jetés au sol, des statues dégradées, des pots de fleurs renversés et une baie vitrée endommagée témoignent du passage du ou des auteurs.
Une fois encore, ce n’est pas un simple bâtiment qui a été attaqué. Une église n’est ni une salle municipale, ni un local administratif. Elle est la maison de Dieu, un lieu consacré à la prière, au recueillement et à la célébration des sacrements. Lorsque des statues sont jetées à terre, lorsque des représentations religieuses sont volontairement dégradées, il ne s’agit pas seulement d’un dommage matériel. C’est une atteinte symbolique à ce que des générations de fidèles ont aimé, entretenu et transmis, c’est une véritable profanation !
Le plus inquiétant est peut-être l’accoutumance qui semble s’être installée. Chaque semaine ou presque, des églises sont visées quelque part en France. Ici une statue de la Vierge décapitée, là un tabernacle forcé, ailleurs un incendie criminel ou un crucifix détruit. Les faits se succèdent avec une régularité alarmante, mais suscitent rarement l’émotion nationale que provoqueraient des actes comparables commis contre d’autres lieux de culte. Cette banalisation est dangereuse. Car derrière chaque acte de vandalisme se dessine une réalité plus profonde : l’effacement progressif du caractère sacré dans une société qui ne reconnaît plus la valeur spirituelle de son propre héritage. On prétend souvent que les églises ne sont plus que des monuments patrimoniaux. Pourtant, même réduites à cette dimension culturelle, elles devraient bénéficier d’un respect élémentaire. Or ce respect disparaît lui aussi.
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L’église Saint-Pierre-ès-Liens appartient à cette France rurale dont les clochers continuent de marquer le paysage et la mémoire collective. Depuis des siècles, ces édifices accompagnent les grandes étapes de la vie des habitants : baptêmes, mariages, funérailles, fêtes patronales et célébrations liturgiques. Les profaner revient à blesser bien davantage qu’une communauté paroissiale. C’est porter atteinte à une part de l’âme française.Face à ces agressions répétées, les condamnations de principe ne suffisent plus. Les auteurs doivent être recherchés avec détermination et sanctionnés à la hauteur des faits commis. La protection des lieux de culte ne peut demeurer une préoccupation secondaire alors que tant d’édifices demeurent ouverts quotidiennement pour accueillir les fidèles et les visiteurs.
Au-delà de l’enquête qui devra établir les circonstances précises de cette affaire, demeure une question que beaucoup de catholiques se posent aujourd’hui : combien d’églises devront encore être profanées avant que la nation prenne pleinement conscience de la gravité de ces actes ? Car lorsqu’une statue du Christ ou de la Vierge est brisée, lorsqu’un lieu consacré est volontairement saccagé, ce n’est pas seulement de la pierre, du bois ou du verre que l’on attaque. C’est une mémoire, une foi et une civilisation que certains semblent vouloir piétiner.
(Source Sud Ouest )


