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Corse : un couvent des Capucins accueille la femme du maire de New York, Zohran Mamdani, pour une retraite de spiritualité musulmane

Rama Duwaji - photo wikipedia
Rama Duwaji - photo wikipedia
La retraite revêt également une dimension politique assumée. Les textes de présentation établissent un rapprochement entre la Vierge Marie et la situation actuelle au Proche-Orient, évoquant Marie comme « une femme palestinienne donnant naissance sous occupation »

Du 9 au 14 juillet, l’ancien couvent des Capucins de Pozzo, dans le Cap Corse, accueille une retraite privée de spiritualité musulmane exclusivement réservée aux femmes. Organisé par The Women Sanctuary, un collectif proposant des séjours mêlant enseignement religieux islamique, méditation et bien-être, l’événement est consacré cette année à la figure de Marie telle qu’elle est présentée dans le Coran. Parmi les participantes figure Rama Duwaji, illustratrice syro-américaine et épouse de Zohran Mamdani, récemment élu maire de New York. Sa présence a suscité une importante couverture médiatique aux États-Unis en raison de ses prises de position très critiques envers Israël et de son engagement en faveur de la cause palestinienne.

Le séjour, affiché complet depuis plusieurs semaines, est proposé à des tarifs allant d’environ 3 100 à plus de 5 200 dollars selon les hébergements. Les participantes alternent conférences, prières, méditations, repas communautaires et temps de réflexion autour de Marie, décrite comme « la femme la plus honorée du Coran ». Le programme entend mettre en lumière les convergences spirituelles autour de cette figure vénérée à la fois par les chrétiens et les musulmans.

Mais la retraite revêt également une dimension politique assumée. Les textes de présentation établissent un rapprochement entre la Vierge Marie et la situation actuelle au Proche-Orient, évoquant Marie comme « une femme palestinienne donnant naissance sous occupation ».

Les organisateurs annoncent également des temps de prière pour les « sœurs de Palestine », tandis que l’édition précédente avait déjà largement mis en avant les témoignages de bénévoles revenus de Gaza. Cette lecture contemporaine de la figure mariale ne fait pas l’unanimité. Interrogée par la presse américaine, l’historienne Rachel Fulton Brown, spécialiste de la dévotion mariale à l’Université de Chicago, juge historiquement contestable le fait de transposer directement les conflits actuels sur la vie de la Vierge Marie, estimant qu’une telle démarche risque davantage d’alimenter le débat politique que d’éclairer l’histoire ou la foi.

Le choix du lieu interpelle également. Le bâtiment qui accueille aujourd’hui cette retraite est un ancien couvent des Capucins, branche réformée de l’ordre franciscain fondée au XVIᵉ siècle et profondément marquée par la pauvreté évangélique, la prédication et la dévotion à la Vierge Marie. Bien qu’il ne soit plus occupé par une communauté religieuse et qu’il ait été reconverti pour l’accueil de groupes et de retraites, voir un ancien monastère chrétien devenir le cadre d’une retraite de spiritualité musulmane consacrée à Marie ne laisse pas indifférent. À l’heure où de nombreux monastères et couvents ferment faute de vocations, cette initiative illustre aussi le changement de vocation de certains hauts lieux du patrimoine chrétien européen. Pour beaucoup de fidèles, elle pose une question plus large : celle de la transmission et de la préservation de l’identité spirituelle de ces lieux qui ont, pendant des siècles, été consacrés à la prière chrétienne.

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