La victoire du Paris Saint-Germain en finale de la Ligue des champions a donné lieu à des scènes de joie dans tout le pays. Mais elle s’est aussi accompagnée d’une nuit de violences, de dégradations et de débordements qui ont terni les célébrations. Selon les chiffres communiqués par les autorités, plus de 400 interpellations ont eu lieu en France, dont 283 à Paris. Des commerces ont été pillés, des policiers blessés, des tirs de mortiers ont visé les forces de l’ordre et plusieurs incidents graves ont été recensés dans la capitale.
C’est dans ce contexte déjà marqué par le désordre qu’est survenue une scène particulièrement choquante. Sur une photographie largement relayée sur les réseaux sociaux, un supporter apparaît accroché à la statue équestre de sainte Jeanne d’Arc, place des Pyramides à Paris. D’autres individus sont visibles sur le monument. Le cliché est accompagné d’un message vulgaire et insultant : « Paris est à nous pleure fils de pvte ».
Non, il ne s’agit pas d’une simple manifestation d’enthousiasme. Non, il ne s’agit pas davantage d’une banale incivilité. Ce qui s’est produit constitue une profanation. La statue visée n’est pas un mobilier urbain quelconque. Elle représente sainte Jeanne d’Arc, canonisée par l’Église catholique en 1920, héroïne nationale et patronne secondaire de la France. Depuis plus d’un siècle, ce monument est un lieu de mémoire, de recueillement et d’hommage pour les catholiques français. Chaque année, des cérémonies religieuses et patriotiques s’y déroulent pour honorer celle qui donna sa vie pour Dieu et pour la France.
L’indignation est d’autant plus grande que les faits se sont produits le 30 mai, jour même où l’Église célèbre sa fête liturgique. Alors que des messes étaient célébrées dans tout le pays en mémoire de la Pucelle d’Orléans, sa statue était transformée en support d’escalade et en décor de publication injurieuse.
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Le hasard du calendrier est ici particulièrement frappant. Des milliers de monuments existent dans Paris. Pourtant, c’est précisément la statue de sainte Jeanne d’Arc qui a servi de point d’appui à cette démonstration. Pour de nombreux fidèles, cette coïncidence renforce encore le caractère scandaleux de la scène. Car il faut nommer les choses. Escalader la représentation d’une sainte, s’y exhiber publiquement et diffuser l’image accompagnée d’insultes ne relève pas de la célébration sportive. C’est une marque de mépris envers ce que cette figure représente pour des millions de croyants.
On entend déjà les voix qui minimiseront l’affaire. Elles parleront d’exubérance, de folklore ou d’une simple nuit de fête. Pourtant, chacun comprend qu’un comportement identique visant une figure sacrée d’une autre religion provoquerait immédiatement une vague d’indignation médiatique et politique. Pourquoi ce qui serait considéré comme une offense grave ailleurs devrait-il être relativisé lorsqu’il s’agit d’un symbole chrétien ?
Cette affaire illustre une réalité plus profonde : l’effacement progressif du respect dû au patrimoine chrétien de la France. Trop souvent, les églises profanées, les statues vandalisées, les calvaires dégradés ou les symboles religieux tournés en dérision ne suscitent qu’une émotion passagère. Comme si le christianisme était devenu la seule religion dont les symboles peuvent être humiliés sans conséquence. Mais Jeanne d’Arc n’est pas seulement une figure historique. Elle est une sainte de l’Église. Une martyre. Une femme qui a accepté la mort plutôt que de renier sa mission. Elle appartient au patrimoine spirituel de la France autant qu’à son histoire nationale.
Une victoire sportive, aussi exceptionnelle soit-elle, n’autorise pas tout. Elle n’autorise ni les pillages, ni les violences, ni les attaques contre les forces de l’ordre. Elle n’autorise pas davantage la profanation de symboles religieux. En ce lendemain de la fête de sainte Jeanne d’Arc, il est donc légitime de dénoncer avec force ce qui s’est produit place des Pyramides. Non par esprit de polémique, mais parce qu’une société qui cesse de respecter ses saints, ses symboles et sa mémoire finit par perdre le sens même de ce qui l’a construite.


