Ce dimanche 31 mai, les évêques d’Île-de-France ouvrent officiellement à la Cathédrale Notre-Dame de Paris l’Assemblée ecclésiale provinciale d’Île-de-France. Initialement présentée comme un concile provincial, cette démarche a finalement changé de nom afin d’associer plus largement les catéchumènes, les néophytes et leurs accompagnateurs à une réflexion qui concerne désormais l’ensemble des communautés chrétiennes de la région parisienne.
À l’origine de cette initiative se trouve un constat devenu impossible à ignorer : la progression spectaculaire du nombre d’adultes demandant le baptême. Dans les diocèses franciliens comme dans de nombreuses régions de France, les célébrations pascales voient arriver chaque année davantage de catéchumènes. Ce phénomène, qui suscite l’espérance, invite également l’Église à repenser ses pratiques pastorales et ses modes d’accompagnement. Les évêques d’Île-de-France avaient annoncé ce projet le 11 avril 2025 sous le thème : « Catéchumènes et néophytes, de nouvelles perspectives pour la vie de notre Église dans nos diocèses ». L’objectif est d’examiner les conséquences de cette nouvelle réalité ecclésiale et d’identifier les réponses les plus adaptées pour accueillir et intégrer durablement ces nouveaux fidèles.
La première étape du processus a débuté le 25 janvier dernier, à l’occasion de la fête de la conversion de saint Paul. Elle consistait en une vaste consultation associant catéchumènes, néophytes, accompagnateurs, prêtres et paroissiens. Cette phase, qui se poursuivra jusqu’au 1er juillet, a déjà rencontré un succès significatif. Selon les organisateurs, plus de 30 000 personnes ont participé aux différentes rencontres et contributions proposées. Un chiffre qui témoigne de l’intérêt suscité par les questions soulevées et de la prise de conscience des enjeux pastoraux qui accompagnent l’essor du catéchuménat.
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Trois préoccupations majeures émergent de ces échanges. La première concerne l’accueil des catéchumènes dans toute la diversité de leurs parcours. La deuxième porte sur leur accompagnement après le baptême, afin que l’initiation chrétienne débouche sur une véritable insertion dans la vie de l’Église. La troisième touche à la transformation des communautés elles-mêmes, appelées à se laisser renouveler par l’arrivée de nombreux nouveaux baptisés.L’ouverture officielle de ce dimanche marque le début de la phase de délibération. L’Assemblée ecclésiale provinciale se réunira à trois reprises jusqu’au printemps 2027. À partir des contributions recueillies, les participants élaboreront des propositions qui seront ensuite soumises aux évêques.Dans les prochaines semaines, l’équipe de pilotage devra rédiger un Instrumentum Laboris, document de travail destiné à synthétiser les enseignements de la consultation. Sa publication est attendue pour la fin du mois de juillet.
Cette démarche rassemble les diocèses de Paris, Versailles, Nanterre, Saint-Denis, Créteil, Meaux, Pontoise, Évry-Corbeil-Essonnes ainsi que le diocèse aux Armées françaises. Par son ampleur et par le sujet qu’elle aborde, elle constitue l’une des initiatives pastorales les plus importantes engagées récemment par l’Église en Île-de-France.
Au-delà des chiffres, les évêques voient dans cette croissance du nombre de catéchumènes un signe encourageant pour l’avenir. Dans un contexte souvent présenté comme marqué par la déchristianisation, l’arrivée de milliers d’adultes demandant librement le baptême apparaît comme un phénomène majeur qui interroge autant qu’il stimule la mission de l’Église.Les orientations qui découleront de cette Assemblée ecclésiale devront ensuite être reçues officiellement dans les différents diocèses, après l’obtention de la recognitio romaine. Cette dernière étape pourrait débuter à la Toussaint 2027.
L’ouverture de cette Assemblée ecclésiale provinciale marque ainsi le début d’une réflexion de fond sur l’un des phénomènes les plus marquants que connaît aujourd’hui l’Église en France : l’arrivée massive de nouveaux croyants dont la présence transforme déjà la vie des paroisses et pourrait contribuer à façonner le visage de l’Église de demain.


