L’Église catholique du Mozambique est sous le choc.Si les circonstances exactes demeurent inconnues, ce drame provoque une vive émotion dans toute l’Église du Mozambique et soulève de nombreuses interrogations. Monseigneur Osório Citora Afonso, évêque de Quelimane depuis juillet 2025, a été tué par balle dans la nuit du 5 au 6 juin 2026 à sa résidence épiscopale. Il avait 54 ans.
Selon les premières informations communiquées par le Service national d’enquête criminelle de la province de Zambézie, plusieurs individus seraient parvenus à pénétrer dans la résidence de l’évêque avant d’ouvrir le feu. Atteint à la poitrine, Mgr Afonso n’a pas survécu à ses blessures. Les autorités ont annoncé l’ouverture immédiate d’une enquête afin d’identifier les auteurs de l’attaque et d’en déterminer les motivations. Pour l’heure, aucune piste officielle n’a été privilégiée. Le président de la Conférence épiscopale du Mozambique, Inácio Saúre, a évoqué la mort de l’évêque dans des « circonstances inhabituelles qui restent à clarifier » et de rajouter « En ce moment particulièrement douloureux, j’appelle à la sérénité dans la foi et à la solidarité fraternelle », invitant les fidèles à la prière dans l’attente d’informations plus précises.
Une première messe de suffrage a été célébrée dès samedi à la cathédrale Notre-Dame de la Délivrance de Quelimane, tandis que les préparatifs des funérailles sont en cours. La disparition de Mgr Afonso prive l’Église mozambicaine d’une figure pastorale en pleine ascension. Né en 1971, il avait été ordonné prêtre en novembre 2002 après des études théologiques au grand séminaire Saint-Eugène-de-Mazenod de Kinshasa, en République démocratique du Congo.
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Son parcours l’avait conduit à exercer diverses responsabilités pastorales et administratives, notamment au sein de l’archidiocèse de Kinshasa. En 2017, il avait rejoint le Vatican comme responsable au sein du Dicastère pour l’Évangélisation, dans la section chargée de la première évangélisation et des jeunes Églises particulières. Nommé évêque auxiliaire de Maputo en septembre 2023, il avait reçu la consécration épiscopale des mains du cardinal Luis Antonio Tagle le 28 janvier 2024. Un an plus tard, le pape Léon XIV le confirmait à la tête du diocèse de Quelimane.
Depuis le 10 avril dernier, il exerçait également la charge d’administrateur apostolique de l’archidiocèse de Beira.
Ces dernières semaines, sa voix s’était fait entendre avec force sur la situation dramatique de la province de Cabo Delgado, dans le nord du pays. Cette région est en proie depuis plusieurs années à une insurrection djihadiste qui a causé des milliers de morts et déplacé des centaines de milliers de personnes. Le 12 mai dernier, s’exprimant auprès de l’agence Fides, Mgr Afonso dénonçait une situation devenue selon lui « hors de contrôle ». Il décrivait une population terrorisée par la multiplication des attaques. Quelques jours plus tard, lors d’une visite pastorale, il lançait un appel particulièrement poignant : « Il est nécessaire d’arrêter la violence afin que nos frères ne continuent pas à mourir comme des poulets. Nous ne voulons pas cela. »
À ce stade, aucun élément ne permet d’établir un lien entre ces prises de position et son assassinat. Toutefois, la coïncidence ne manque pas d’interpeller dans un pays où les violences armées, les réseaux criminels et les groupes islamistes continuent de déstabiliser certaines régions. Le président du Mozambique, Daniel Chapo, a salué la mémoire d’un homme qui s’était distingué par « son humilité, son dévouement pastoral et sa prédication des valeurs de paix et de réconciliation ».
Alors que l’enquête débute à peine, les catholiques du Mozambique pleurent aujourd’hui un pasteur qui avait fait de la défense des plus vulnérables et de l’appel à la paix le cœur de son ministère. Son assassinat constitue l’un des événements les plus graves ayant frappé l’Église mozambicaine ces dernières années.


