Selon les documents diffusés par le groupe, celui-ci aurait été fondé le 16 juillet 2020 et portait auparavant le nom d’Ordre Romain de Marie Rédemptrice. Il se présente comme une communauté vivant de la prière, du travail agricole et de l’entraide fraternelle, avec pour mission affichée de soutenir l’Église, la France et les nations chrétiennes. Toutefois, l’univers développé par le mouvement ne se limite pas à la vie communautaire. Ses publications accordent une place importante à des révélations privées attribuées à un certain « Henri », présenté comme un mystique. Elles évoquent également plusieurs thèmes issus du courant providentialiste français, notamment la restauration chrétienne de la France, la figure du « Grand Monarque » et celle de « Pierre le Romain », personnage associé à certaines interprétations prophétiques de l’histoire de l’Église.
C’est dans ce contexte que plusieurs autorités ecclésiastiques ont exprimé leurs réserves. Le 8 avril dernier, le diocèse de Valence publiait un communiqué officiel signé par Monseigneur François Durand. Après examen du mouvement, l’évêque indiquait que celui-ci n’avait « aucun lien canonique avec l’Église catholique » et présentait des « critères de possibles dérives ». Le communiqué soulignait également que le groupe agissait « prioritairement via les réseaux sociaux, afin de recruter de nouveaux membres, en particulier auprès de jeunes adultes ». Le diocèse recommandait alors explicitement « de ne pas s’engager dans ce groupe, ni de participer à ses activités ».
Le texte mentionnait également la possibilité de signaler toute situation préoccupante à la MIVILUDES, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires.
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Quelques semaines plus tard, le diocèse de Poitiers a exprimé à son tour les mêmes réserves. « Même s’il en a toutes les apparences, ce groupe n’est pas reconnu par l’Église catholique », rappelle-t-il. Une mise au point importante car, dans l’Église, la reconnaissance canonique constitue l’un des principaux critères permettant d’identifier une œuvre agissant effectivement en communion avec l’autorité ecclésiale. Les évêques publient rarement ce type d’avertissement. Lorsque de telles mises en garde sont rendues publiques, elles visent avant tout à aider les fidèles à exercer un discernement prudent. À l’heure où les réseaux sociaux permettent à de nombreux mouvements religieux de gagner rapidement en visibilité, les signes extérieurs du catholicisme ne suffisent pas toujours à garantir une véritable appartenance à l’Église.
Les prises de position successives des diocèses de Valence et de Poitiers rappellent ainsi l’importance, pour tout catholique désireux de rejoindre une communauté, de vérifier sa reconnaissance et son insertion réelle dans la vie de l’Église.


