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Le pape Léon XIV nomme Sœur Alessandra Smerilli à la tête du Dicastère pour le Service du Développement humain intégral

Sœur Alessandra Smerilli  - capture écran
Sœur Alessandra Smerilli - capture écran
Elle plaide pour une économie de l'équilibre (s'inspirant de la théorie du « Donut ») capable de générer du profit sans exploiter l'humain ni détruire la planète

Les nominations, annoncées ce 30 juin par le Bureau de presse du Saint-Siège, entreront en vigueur le 1er septembre 2026. La principale concerne Sœur Alessandra Smerilli, religieuse des Filles de Marie Auxiliatrice, qui est nommée préfète du dicastère après avoir exercé les fonctions de secrétaire depuis 2021. Économiste, professeure d’université et spécialiste des questions de développement, elle avait déjà marqué l’histoire en devenant, sous le pontificat du pape François, la première femme nommée secrétaire d’un dicastère de la Curie romaine.

Si des femmes occupent désormais plusieurs postes de responsabilité au Vatican, la fonction de préfet d’un dicastère demeure traditionnellement exercée par un cardinal ou, plus rarement, par un archevêque. En confiant cette charge à une religieuse, Léon XIV confirme la volonté de poursuivre l’élargissement des responsabilités confiées aux femmes au sein de la Curie, tout en maintenant la distinction entre les fonctions de gouvernement et le ministère ordonné.

Dans une interview accordée à l’organisation Cross Catholic Outreach en août 2024, la sœur Alessandra Smerilli, rappelait que la lutte contre la pauvreté ne pouvait se limiter à sa seule dimension matérielle. Évoquant la mission de l’Église, elle soulignait que le véritable épanouissement humain exige de prendre soin de la personne dans toutes ses dimensions, spirituelle, éducative et sociale , car « toutes les pauvretés sont liées ». elle critiquait les modèles occidentaux actuels axés sur une croissance illimitée, les qualifiant d’« échec de la science économique » responsable du creusement des inégalités. Pour y remédier, elle plaidait pour une économie de l’équilibre (s’inspirant de la théorie du « Donut ») capable de générer du profit sans exploiter l’humain ni détruire la planète. Enfin, elle insistait sur l’importance de la réciprocité, expliquant que l’aide aux plus démunis ne doit pas être à sens unique.

Précisons que cette évolution suscite toutefois des réactions diverses dans les milieux ecclésiaux. Certains y voient une juste reconnaissance des compétences et du service que les femmes peuvent rendre à l’Église universelle. D’autres s’interrogent sur les conséquences ecclésiologiques d’une telle évolution, rappelant que les dicastères exercent une part de l’autorité du Successeur de Pierre. Le débat n’est pas nouveau, mais cette nomination lui donnera sans doute un nouvel écho.

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Enfin, le Saint-Père a également nommé le cardinal Fabio Baggio, missionnaire scalabrinien jusqu’à présent sous-secrétaire du dicastère, comme pro-préfet, avec une responsabilité particulière sur le Centre de Haute Formation Laudato si’. Cette mission confirme l’importance que le Saint-Siège entend continuer d’accorder à la réflexion sur l’écologie intégrale, la sauvegarde de la création et la formation inspirée par l’encyclique Laudato si’.

De son coté, Monseigneur Jozef Barlaš, lui aussi jusqu’alors sous-secrétaire du dicastère, devient secrétaire de l’institution. Cette promotion assure une continuité dans la conduite quotidienne des nombreux dossiers confiés à cet organisme. Créé en 2017 par le pape François, le Dicastère pour le Service du Développement humain intégral rassemble les compétences relatives à la justice, à la paix, aux migrations, à la santé, au monde du travail, à la lutte contre la pauvreté et à la sauvegarde de la création. Il est l‘un des principaux instruments par lesquels le Saint-Siège entend mettre en œuvre la doctrine sociale de l’Église dans le monde contemporain.

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