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Léon XIV écrit au cardinal Roche : « Nous devons souligner la nécessité de la fidélité aux textes et aux instructions approuvés »

Léon XIV ( Depositphotos) - Cardinal Roche ( DR)
Léon XIV ( Depositphotos) - Cardinal Roche ( DR)
Dans une lettre adressée au cardinal Arthur Roche, préfet du Dicastère pour le Culte divin, à l’occasion d’une conférence liturgique organisée à l’abbaye de Mount Angel, dans l’Oregon, Léon XIV livre un rappel particulièrement clair : formation liturgique, révérence dans le culte et fidélité aux textes approuvés doivent aller de pair ( intégralité de la lettre)

Léon XIV vient d’adresser un message particulièrement significatif au cardinal Arthur Roche. La lettre, publiée ce vendredi 14 août par la Salle de presse du Saint-Siège, est destinée au prélat britannique en sa qualité de préfet du Dicastère pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, à l’occasion d’une conférence organisée à l’abbaye bénédictine de Mount Angel, dans l’Oregon, autour de la formation liturgique du peuple de Dieu.

Le choix du destinataire s’explique donc naturellement : Arthur Roche dirige le dicastère romain compétent pour les questions liturgiques. Si la lettre lui est personnellement adressée, Léon XIV s’adresse également, à travers lui, à tous ceux qui participent à cette rencontre. Dès ses premiers mots, le Pape salue en effet le cardinal et « tous ceux qui sont réunis à Mount Angel Abbey ». La lettre est datée du 29 juin 2026, solennité des saints Pierre et Paul, mais le Vatican la rend publique à l’occasion de la conférence.

Léon XIV commence par inscrire sa réflexion dans la continuité de Desiderio Desideravi, la lettre apostolique du pape François consacrée à la formation liturgique du peuple de Dieu. Il reprend notamment cette affirmation de son prédécesseur : la formation liturgique « n’est pas une spécialisation réservée à quelques experts, mais plutôt une disposition intérieure de tout le Peuple de Dieu ».

Le nouveau Pape demande donc que soient recherchées « des voies concrètes pour la formation liturgique à tous les niveaux du Corps du Christ ». Mais il insiste sur une responsabilité particulière : celle des ministres ordonnés. Les prêtres sont appelés à devenir des « mystagogues », c’est-à-dire des hommes capables de conduire les fidèles à l’intelligence et à la contemplation des saints mystères.Pour Léon XIV, cette formation ne commence d’ailleurs ni dans les colloques ni dans les facultés de théologie : elle commence chaque dimanche à la messe.

« Les premières occasions concrètes de formation liturgique se présentent lorsque nous nous réunissons habituellement chaque dimanche pour célébrer l’Eucharistie », écrit-il. La liturgie dominicale, inscrite dans le rythme de l’année liturgique et ordonnée autour du mystère pascal, doit elle-même devenir formatrice.

Le Pape revient alors sur une notion essentielle : l’ars celebrandi, l’art de célébrer. Celui-ci ne concerne pas seulement le prêtre à l’autel mais l’ensemble de l’assemblée. Une liturgie dignement célébrée doit progressivement former ceux qui y participent : les catholiques doivent ainsi être formés « pour la liturgie » mais également « par la liturgie ».

C’est alors que Léon XIV formule le passage le plus explicite de sa lettre : « Afin de promouvoir la célébration digne des saints mystères, nous devons souligner la nécessité de la fidélité aux textes et aux instructions approuvés. »

Cette phrase est importante. Le Pape établit un lien direct entre la dignité de la célébration et la fidélité aux normes liturgiques de l’Église. La liturgie ne saurait donc être considérée comme un espace disponible pour les initiatives personnelles du célébrant. Léon XIV renvoie explicitement à ses récentes catéchèses consacrées à Sacrosanctum Concilium. Il rappelle le respect que tous ceux qui préparent les célébrations, « et les prêtres en particulier », doivent manifester envers les rites promulgués par saint Paul VI et saint Jean-Paul II.

Mais cette fidélité ne saurait être réduite à l’application froide d’un règlement. Le Pape lui donne une véritable profondeur spirituelle. Le respect des rites doit, écrit-il, « jaillir d’une attitude intérieure d’ouverture et de confiance en Dieu », manifestant à la fois « l’humilité devant sa grandeur » et « une fidélité sincère à la communion ecclésiale ».

Autrement dit, respecter la liturgie est aussi un acte d’humilité. Le prêtre ne célèbre pas quelque chose qui lui appartient. Il reçoit de l’Église une liturgie qui le précède et qui le dépasse. L’ars celebrandi authentique ne consiste donc pas à personnaliser sans cesse la célébration, mais à permettre au mystère célébré d’apparaître dans toute sa force.

Le vocabulaire de Léon XIV mérite également l’attention : il parle de « saints mystères », de culte célébré avec « révérence », d’« humilité » devant la grandeur de Dieu. La formation liturgique qu’il appelle de ses vœux ne se limite donc nullement à une connaissance technique des rubriques. Elle doit former intérieurement le chrétien à reconnaître qu’il entre, dans la liturgie, dans une réalité sacrée.

La lettre adressée au cardinal Roche apparaît ainsi comme un nouveau jalon de l’enseignement liturgique de Léon XIV : former le peuple de Dieu, rendre au dimanche sa place centrale, retrouver une véritable révérence dans la célébration et respecter fidèlement les textes et les rites de l’Église. Le Pape conclut en confiant les travaux de la conférence à la Vierge Marie, « Siège de la Sagesse », avant d’accorder sa bénédiction apostolique au cardinal Roche et à tous les participants.

Lettre originale publiée par la Salle de presse du Saint-Siège

Lettre intégrale de Léon XIV au cardinal Arthur Roche

traduction française Tribune chrétienne

« À Son Éminence
le cardinal Arthur Roche
Préfet du Dicastère pour le Culte divin
et la Discipline des sacrements

J’adresse mes salutations cordiales à Votre Éminence ainsi qu’à tous ceux qui sont réunis à l’abbaye de Mount Angel, dans l’Oregon, pour réfléchir à l’importante question de la formation liturgique du peuple de Dieu.

Dans sa lettre apostolique Desiderio Desideravi, qui décrivait la beauté de la profondeur théologique et spirituelle de la liturgie, le pape François a souligné la nécessité d’une formation attentive et permanente, tant du clergé que des laïcs, afin de revitaliser la vie liturgique de l’Église universelle (cf. n° 38). Il nous a ensuite rappelé que ce type de formation « n’est pas une spécialisation réservée à quelques experts, mais plutôt une disposition intérieure de tout le Peuple de Dieu » (Discours aux participants à l’assemblée plénière du Dicastère pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, 8 février 2024).

Je vous encourage donc à rechercher des voies concrètes pour la formation liturgique à tous les niveaux du Corps du Christ. Dans le même temps, nous ne devons pas « exclure une priorité dans la formation de ceux qui, en vertu du sacrement de l’Ordre, sont appelés à être des mystagogues, c’est-à-dire à prendre les fidèles par la main et à les accompagner dans leur connaissance des saints mystères » (ibid.).

Les premières occasions concrètes de formation liturgique se présentent dans notre pratique habituelle de nous réunir chaque dimanche pour célébrer l’Eucharistie. Ces célébrations s’enracinent dans le rythme annuel de l’année liturgique, avec le mystère pascal en son centre. Pour cette raison, il est essentiel qu’elles soient elles-mêmes profondément formatrices, favorisant une compréhension toujours plus profonde de l’ars celebrandi, exprimé non seulement par le célébrant de la liturgie, mais également par l’ensemble de l’assemblée (cf. Desiderio Desideravi, n° 54). Ainsi, grâce à une formation appropriée et à un culte célébré avec révérence, les catholiques seront formés à la fois pour la liturgie et par la liturgie (cf. ibid., n° 34).

En outre, afin de promouvoir la célébration digne des saints mystères, nous devons souligner la nécessité de la fidélité aux textes et aux instructions approuvés. Dans mes récentes catéchèses sur la Constitution sur la sainte liturgie, Sacrosanctum Concilium, j’ai attiré l’attention sur le respect que tous ceux qui sont appelés à préparer la célébration des mystères divins, et les prêtres en particulier, doivent manifester envers les rites promulgués par le pape saint Paul VI et le pape saint Jean-Paul II.

Il est essentiel que ce respect « jaillisse d’une attitude intérieure d’ouverture et de confiance en Dieu, manifestant l’humilité devant sa grandeur et une fidélité sincère à la communion ecclésiale » (Catéchèse, 27 mai 2026).

Avec ces sentiments, je confie vos délibérations à Marie, Siège de la Sagesse, et je vous accorde volontiers, ainsi qu’à toutes les personnes présentes à cette rencontre, ma bénédiction apostolique, en gage de sagesse et de paix dans le Seigneur.

Du Vatican, le 29 juin 2026

LÉON PP. XIV« 

Source Vatican

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