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Yvelines : la justice protège les cloches de l’église Saint-Vincent, un revers pour ceux qui voulaient les faire taire

clocher de église Saint-Vincent du Mesnil-le-Roi - DR
clocher de église Saint-Vincent du Mesnil-le-Roi - DR
Le tribunal administratif de Versailles a rejeté, mardi 30 juin, la demande de riverains qui souhaitaient mettre fin aux sonneries des cloches de l'église Saint-Vincent du Mesnil-le-Roi. Une décision qui rappelle que les cloches ne sont pas seulement un signal sonore, mais un élément vivant du patrimoine et de l'identité des communes françaises

Les cloches de l’église Saint-Vincent du Mesnil-le-Roi continueront de rythmer les journées des habitants. Comme l’ont rapporté nos confrères du Parisien, le tribunal administratif de Versailles a rejeté, mardi 30 juin, le recours engagé par un couple de riverains qui demandait la suppression des sonneries religieuses et civiles de l’édifice. À l’origine de cette affaire, un couple installé à proximité de cette église du XVIᵉ siècle, qui estimait subir les sonneries des cloches, notamment celles marquant les quarts d’heure. Après être restés sans réponse à leur demande adressée à la mairie en juin 2024, les requérants avaient saisi la justice afin d’obtenir l’arrêt de ces sonneries.

Les plaignants invoquaient notamment l’absence d’un arrêté municipal réglementant l’usage des cloches, ainsi que plusieurs interruptions des sonneries intervenues lors de travaux de restauration, en 2008 puis entre 2017 et 2019. Pour eux, ces éléments démontraient que cette pratique pouvait être abandonnée.Le tribunal n’a pas suivi cette analyse. Dans sa décision, il rappelle que si la loi de 1905 et le décret de 1906 prévoient effectivement qu’un arrêté municipal encadre l’usage des cloches, « l’absence d’un tel arrêté (…) n’obligeait toutefois pas le maire à faire cesser immédiatement les sonneries des cloches de l’église », rapportent nos confrères.

Les juges ont également retenu l’existence d’un « usage local, régulier et durable » autorisant les sonneries civiles destinées à marquer les heures. Quant aux interruptions liées aux travaux de restauration, elles ne sauraient être interprétées comme un abandon de cette tradition séculaire.

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La maire du Mesnil-le-Roi, Aline Billet, s’est réjouie de cette décision. Citée par Le Parisien, elle rappelle que « les cloches fonctionnent sur l’année et font partie de la vie de la ville, du patrimoine. Les maisons ont été construites bien après. »

Cette affaire dépasse largement le simple contentieux de voisinage. Les cloches occupent une place particulière dans l’histoire de la France. Bien avant de convoquer les fidèles à la messe, elles ont servi à rythmer la vie quotidienne, annoncer les grandes fêtes, prévenir des incendies ou des dangers, marquer les deuils et les événements majeurs de la communauté. Leur sonnerie constitue un héritage culturel profondément enraciné dans les villages comme dans les villes. Ces dernières années, plusieurs conflits similaires ont opposé nouveaux habitants et traditions rurales ou religieuses. Après les coqs, les cigales ou les clochers, c’est une nouvelle fois la question de la préservation du patrimoine immatériel qui était soumise aux juges.

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