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République centrafricaine : vive émotion après les funérailles de l’abbé Crépin, prêtre assassiné au service de la paix

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Au lendemain des funérailles de l'abbé Crépin Martial Monga-Hadassi, célébrées le 1er juillet dans la cathédrale Saint-Pierre-Claver de Bangassou, l'émotion demeure immense. Pour son évêque, ce jeune prêtre de 35 ans a été tué parce qu'il œuvrait sans relâche à la réconciliation dans une région déchirée par les violences

Les fidèles ont rendu un dernier hommage à ce jeune prêtre du diocèse de Bangassou, assassiné le 29 juin à Zémio, alors qu’il consacrait son ministère au dialogue, à la réconciliation et à la paix. Les circonstances exactes de son assassinat restent encore à éclaircir. Selon les premiers éléments connus, l’abbé Crépin a été victime d’une véritable embuscade alors qu’il circulait à proximité de sa paroisse. Atteint d’au moins une balle, il est décédé sur le coup. La personne qui l’accompagnait a également été blessée lors de l’attaque.

Pour Monseigneur Aurelio Gazzera, évêque de Bangassou, le mobile de ce meurtre pourrait être directement lié à l’engagement pastoral du jeune prêtre. « Don Crépin était très engagé dans le dialogue. Il est possible qu’il ait été assassiné pour faire échouer le processus de paix en cours à Zémio », a-t-il déclaré à l’Agence Fides. Cette hypothèse met en lumière la situation dramatique que connaît cette région du sud-est de la République centrafricaine, où évoluent plusieurs groupes armés, les Forces armées centrafricaines (FACA) ainsi que les mercenaires russes de la société Wagner. Au milieu de cette instabilité permanente, l’abbé Crépin présidait le comité local pour la paix et multipliait les initiatives destinées à réconcilier les populations.

Quelques jours avant son assassinat, il s’était rendu dans le village de Tabane, situé à une vingtaine de kilomètres de Zémio, afin d’encourager les habitants à ne plus fuir systématiquement dans la brousse lors du passage des patrouilles armées. Son objectif était de restaurer un climat de confiance et d’éviter que la peur ne continue de désorganiser la vie des villages. Cet engagement courageux lui a peut-être coûté la vie. Né le 5 septembre 1990 à Bangassou, l’abbé Crépin avait suivi sa formation sacerdotale entre la République centrafricaine et la République démocratique du Congo. Ordonné prêtre le 8 décembre 2021 au sanctuaire marial de l’Immaculée-Conception de Pande par Monseigneur Juan José Aguirre, alors évêque de Bangassou, il avait été nommé vicaire à Zémio en 2024.

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Son assassinat rappelle une nouvelle fois le prix parfois payé par les prêtres qui choisissent de rester auprès de leurs fidèles dans les régions les plus éprouvées par les conflits. En République centrafricaine, où l’Église demeure souvent l’un des derniers acteurs capables de maintenir un dialogue entre des communautés divisées, la mort de l’abbé Crépin constitue une blessure profonde. Son témoignage rejoint celui de ces nombreux prêtres qui, jusqu’au sacrifice de leur vie, refusent d’abandonner le peuple qui leur est confié et continuent de faire rayonner l’espérance chrétienne au cœur de la violence.

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